16,8 millions de dollars: Arber Xhekaj va toucher le gros lot

16,8 millions de dollars: Arber Xhekaj va toucher le gros lot

David Garel
Le 2026-07-01

Arber Xhekaj se pince en ce moment.

Sa vie vient de changer du tout au tout.

Les Capitals de Washington viennent d’accorder quatre ans et 16,8 millions de dollars à Vincent Desharnais.

Le défenseur québécois empochera un salaire annuel moyen de 4,2 millions de dollars.

Wow.

On parle d’un défenseur de 30 ans qui totalise seulement 218 matchs dans la LNH, avec deux buts et 26 points en carrière.

Son véritable atout?

Son gabarit de 6 pieds 7 pouces, son jeu physique, sa capacité à défendre ses coéquipiers et son leadership.

Ça vous rappelle quelqu’un?

C’est exactement le profil d’Arber Xhekaj.

Le Shérif n’a que 25 ans. Il est plus jeune, possède davantage de marge de progression et est déjà devenu l’un des joueurs les plus populaires à Montréal.

Depuis des semaines, son clan réclamait environ 2,5 millions de dollars par saison dans les négociations avec le Canadien, lui qui a reçu une offre qualificative bien en-dessous de ses désirs.

Mais après le contrat de Desharnais…

Est-ce que cette demande vient soudainement d’augmenter?

Impossible de ne pas se poser la question.

Si un défenseur plombier et unidimensionnel de 30 ans obtient 4,2 millions par année principalement pour son jeu robuste et sa présence physique, pourquoi Xhekaj accepterait-il un contrat largement inférieur?

D'accord, il est agent libre avec restriction et non joueur autonome sans compensation, mais l'agent de Xhekaj va lui faire comprendre qu'il peut empocher assurément entre 2,5 et 3 M$ par année.

Le marché vient de changer.

Et ce n’est pas seulement une victoire pour son portefeuille.

C’est une victoire pour sa carrière.

Depuis deux saisons, Arber Xhekaj doit constamment entendre qu’il est evenu un défenseur de trop à Montréal. Méprisé par son coach qui n'apprécie pas sa robustesse, toujours accusé de faire des "erreurs niaiseuses" (propos exacts de Martin St-Louis), il doit avoir envie de tout casser quand il réchauffe le banc des gradins.

Il voit Martin St-Louis privilégier des défenseurs plus mobiles. Il entend les rumeurs de transaction revenir sans cesse. Il entend son coach le détruire publiquement soir après soir.

Or, la LNH vient de lui envoyer un message complètement différent.

Le marché lui dit qu’il a une immense valeur

Et ce changement dépasse même les simples négociations salariales.

Le contrat de Vincent Desharnais confirme une chose : partout dans la LNH, les organisations recherchent encore des défenseurs intimidants capables de protéger leurs coéquipiers.

Le hockey des séries n’a pas changé.

Quand les matchs deviennent plus physiques, les équipes veulent des joueurs capables de répondre présents. Elles veulent des défenseurs qui frappent, qui font peur, qui imposent le respect et qui empêchent les adversaires de s’en prendre aux vedettes.

Depuis 2022, Martin St-Louis a voulu rabaisser Xhekaj de toutes les manières possibles.

Lorsque Xhekaj était devenu l’image de la chaîne de restaurants La Chambre avec son fameux « Burger du Shérif », Martin St-Louis avait publiquement humilié son défenseur volontairement.

« Personne ne l’appelle le Shérif », avait lancé l’entraîneur du Canadien.

« Quand vous avez commencé à l'appeler ainsi, personne ne le faisait dans l'organisation. Et on ne le fait pas plus maintenant. »

Une phrase qui avait été très mal reçue par les partisans, qui avaient eu l’impression que leur entraîneur cherchait inutilement à diminuer la popularité d’un de ses propres joueurs.

Surtout que Cole Caufield avait publiquement rejeté son coach en prenant la défense de Xhekaj:

"Nous l'appelons le Shérif. Il est comme il est en dehors de la glace et sur la glace. Il est un peu l'homme qui pense qu'il est l'homme ("kinda the man or thinks he’s the man"). Il n'y a pas de facteur de peur pour lui, que pouvez-vous dire à un gars qui peut vous faire mal ? C'est un bon gars, il aime l'équipe, vraiment un bon gars."

Pendant ce temps, plusieurs autres joueurs du Canadien participaient eux aussi à différentes campagnes publicitaires sans que cela ne soulève la colère du coach.

Plusieurs se demandaient même si le numéro 72 faisait encore partie des plans à long terme de l’organisation.

Or, la LNH vient d’envoyer promener St-Louis de manière cinglante.

Les shérifs valent de l’or... et non le mépris du coach.

Si Martin St-Louis ne croit pas en lui, il y a manifestement plusieurs directeurs généraux et plusieurs entraîneurs ailleurs dans la LNH qui, eux, qui vont croire en Arber les yeux fermés.

Le marché vient littéralement de lui confirmer qu’il aura une longue carrière dans cette ligue.

Qu’elle se poursuive à Montréal… ou ailleurs.

C’est probablement l’aspect le plus important de toute cette histoire.

Quand un joueur commence à douter de sa place dans une organisation, il finit parfois par douter de lui-même.

Le contrat de Desharnais efface tous ces doutes et rappelle à Xhekaj que ce n’est peut-être pas lui le problème.

Si Kent Hughes de jouer dur dans cette négociation ou de laisser traîner le dossier, il risque surtout d’augmenter la frustration de son joueur

Voilà pourquoi la signature de Vincent Desharnais change complètement la dynamique des négociations.

Elle ne fait pas seulement monter la valeur d’Arber Xhekaj.

Elle lui rappelle qu’il est loin d’être le seul à croire qu’il mérite une place importante dans la LNH.

Cette signature représente la nouvelle d'une vie pour Arber Xhekaj… mais elle complique aussi la tâche de Kent Hughes.

Le Canadien devra bientôt s’entendre avec son défenseur autonome avec compensation.

Et plus les contrats de ce genre se multiplient partout dans la LNH, plus le prix du Shérif risque de grimper.

Au final, Vincent Desharnais n’a peut-être pas seulement signé un contrat majeur aujourd’hui.

Il vient de faire gagner plusieurs millions de dollars à Arber Xhekaj.