Tout le monde en parle, même si Nick Suzuki, lui, ne semble pas particulièrement intéressé à alimenter la discussion.
Pire encore, il est mal à l’aise lorsqu’on lui parle du fameux contrat de 20 millions de dollars par saison qui l’attend en 2030.
Le capitaine ne veut pas vraiment s’attarder à cette possibilité. Il faut le comprendre : Suzuki vient à peine de voir son contrat de 63 millions de dollars sur huit ans devenir l’une des plus belles aubaines de toute la LNH et il sait très bien que le marché aura complètement changé lorsqu’il sera temps de négocier la prochaine entente.
Il l’a d’ailleurs reconnu lui-même : les salaires continuent de grimper, le plafond salarial augmente et ce qui paraît énorme aujourd’hui pourrait devenir parfaitement normal dans quatre ans.
Voilà pourquoi le dossier du prochain contrat de Suzuki mérite déjà notre attention. Nick Suzuki a été le grand coup de Marc Bergevin lors de son passage à Montréal, autant pour l’avoir acquis des Golden Knights de Vegas que pour l’avoir ensuite convaincu de signer une entente de huit ans à seulement 7,875 millions de dollars par saison.
À l’époque, certains trouvaient déjà que le Canadien prenait un risque en accordant autant d’années à un jeune centre qui n’avait pas encore atteint son plein potentiel. Aujourd’hui, la situation est complètement inversée : c’est Montréal qui a remporté le pari haut la main.
Suzuki est devenu le capitaine, un centre de premier plan, un joueur capable de jouer dans toutes les situations et, surtout, l’un des éléments centraux de la culture que Kent Hughes tente de bâtir.
Son contrat est tellement avantageux pour le Canadien qu’il fait maintenant partie des références lorsqu’on parle de joueurs vedettes sous-payés par rapport à leur production et à leur importance.
Arpon Basu, de BPM Sports, n’écarte donc absolument pas la possibilité de voir Suzuki décrocher un jour un contrat de 20 millions de dollars par saison.
@bpmsportsradio Selon Arpon Basu, le prochain contrat de Nick Suzuki en 2030 pourrait être en haut de 20M$ !
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Si le plafond salarial atteint réellement les 150 millions de dollars comme certains l’anticipent, le maximum théorique qu’un joueur pourrait toucher en vertu de la limite actuelle de 20 % du plafond serait de 30 millions de dollars par année.
Dans cette réalité, un salaire de 20 millions pour un centre numéro un, capitaine, joueur de première unité en avantage numérique et désigné comme l’un des visages de sa franchise ne serait plus du tout aussi extravagant qu’il peut le paraître aujourd’hui. Ce serait même potentiellement le nouveau standard pour certains joueurs de très haut niveau.
Suzuki, de son côté, ne donne absolument pas l’impression d’être obsédé par cette course aux millions. Au contraire, il a rappelé que les joueurs du Canadien savent très bien qu’ils ont accepté de laisser de l’argent sur la table pour construire quelque chose ensemble.
C’est probablement l’un des éléments les plus importants de toute cette histoire, parce que la structure salariale mise en place par Kent Hughes repose précisément sur cette philosophie.
Le Canadien possède plusieurs joueurs importants avec des contrats qui paraissent aujourd’hui ridiculement avantageux : Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky, Lane Hutson et maintenant Ivan Demidov. Montréal a réussi à conserver une marge de manœuvre qui permet à Hughes de continuer à ajouter des morceaux sans exploser complètement la masse salariale.
Mais le CH est mieux de profiter de cette fenêtre pour gagner la Coupe Stanley.
L’agent d’Ivan Demidov, encore amer de ne pas avoir fait sauter la banque avec Ivan Demidov parce que son client lui a dit qu’il voulait signer un contrat de 8 ans à rabais, affirme qu’il visera 45 millions de dollars par année pour son client dans 8 ans.
On réalise alors que le fameux 20 millions de Suzuki devient une blague. Lorsqu’il a signé son contrat actuel, son salaire représentait environ 9,55 % du plafond salarial. Si le plafond atteint 150 millions de dollars en 2030 et que Suzuki signe pour 20 millions, il représenterait 13,33 % de la masse salariale.
Oui, le chiffre absolu ferait tourner les têtes. Mais en proportion du plafond, la différence est beaucoup moins spectaculaire. On parlerait d’une augmentation d’un peu moins de quatre points de pourcentage pour un joueur qui, d’ici là, pourrait avoir ajouté plusieurs saisons de très haut niveau à son curriculum vitae.
Et si Suzuki remporte un autre trophée Selke, accumule encore des saisons de 90 ou 100 points et mène le Canadien vers une Coupe Stanley, il sera extrêmement difficile de lui expliquer qu’il doit continuer à être le joueur qui fait systématiquement des sacrifices financiers pour permettre aux autres de s’enrichir.
C’est ici que Kent Hughes devra être extrêmement intelligent. Si le directeur général veut réellement faire de Suzuki le premier joueur du Canadien à toucher 20 millions de dollars par saison, il devra oublier le rêve Connor McDavid.
Si Montréal veut pouvoir l’attirer, le discours devra être cohérent : soit le Canadien accepte que les vedettes de calibre exceptionnel soient payées à leur juste valeur lorsque le moment vient, soit il tente de maintenir coûte que coûte une structure salariale qui va devenir incompatible avec le marché.
Nick Suzuki a affirmé cet été qu’il signerait demain matin si son DG vient lui dire qu’une superstar s’en vient à Montréal pour un salaire annuel record. Le capitaine envoie le message à Kent Hughes qu’il veut absolument qu’on obtienne McDavid et qu’on lui offre la lune comme prolongation de contrat.
Suzuki n’en a rien à cirer de devenir le premier joueur du CH à battre la barrière des 20 millions de dollars par année. Il veut que Hughes donne 30 M$ à McDavid demain matin et ne veut surtout pas bloquer le rêve montréalais de voir le meilleur joueur de la planète devenir un Habs.
Le capitaine veut que McDavid devienne tricolore avant la fin de son contrat en 2030. Clairement, Suzuki veut que les Oilers "chokent" leur vie cette année et que McDavid exige une transaction cet été.
Non seulement le CH sera favori pour l'obtenir avec tous les choix, espoirs et jeunes de premier plan qu'on peut proposer aux Oilers, mais Montréal sera aussi la ville la mieux placée pour faire "fiter" le salaire de son nouveau contrat sur la masse salariale "sous-payée" du CH.
Suzuki veut gagner la Coupe Stanley... avant 2030.
Quatre ans, c’est long dans la LNH, mais tellement court en même temps. Et si Montréal n’a toujours pas gagné la Coupe Stanley en 2030, la question deviendra inévitable : est-ce que Suzuki voudra encore être celui qui laisse de l’argent sur la table pour aider le Canadien à bâtir son équipe, ou considérera-t-il qu’après avoir consacré une grande partie de sa carrière à cette organisation, il est enfin temps d’aller chercher chaque dollar qu’il mérite?
On a quatre ans pour gagner la Coupe Stanley.
