350 000 dollars: Martin St-Louis exposé par Guillaume Lemay-Thivierge

350 000 dollars: Martin St-Louis exposé par Guillaume Lemay-Thivierge

Par Nicolas Pérusse le 2026-04-07

Il y a des comparaisons qui parlent d’elles-mêmes. Et celle entre ce que gagnait Guillaume Lemay-Thivierge comme porte-parole de Hyundai Canada et ce qu’a touché Martin St-Louis pour une seule publicité d’Hydro-Québec donne des frissons dans le dos.

Quand Guillaume Lemay-Thivierge est passé au balado Les deux mains su’l volant, animé par Antoine Joubert et Jonathan Carrière, il n’a pas tourné autour du pot.

Il a expliqué sans filtre comment fonctionne la rémunération dans le monde des porte-parole.

“D’abord, il faut être associé à une marque connue qui a du cash. Parce qu’il y a une grosse différence entre une marque connue qui n’a pas de sous et une marque connue qui a des sous”, a-t-il lancé d’entrée de jeu.

Puis il a donné des chiffres concrets.

“Un constructeur automobile, ça a des sous, alors le montant peut varier entre 50 000 $ et 100 000 $ par année. Et ça peut augmenter. Moi, à la fin, j’étais rendu à 350 000 $.”


Et il faut bien comprendre une chose : ce montant de 350 000 $, c’était annuel, dans le cadre d’un contrat qui durait depuis près de 13 ans. Une relation à long terme, renouvelée année après année, avec une présence constante dans les campagnes publicitaires.

Maintenant, mettons ça en perspective avec Martin St-Louis.

Dans le cas d’Hydro-Québec en 2023-2024, on parle d’un cachet estimé entre 250 000 $ et 300 000 $… pour une seule campagne.

Une seule. Pas un contrat de 10 ans. Pas une entente renouvelée chaque année. Une campagne ponctuelle, dans un contexte précis, avec un message précis.

Même si Hydro-Québec avant tenté de cacher tout le cash versé au coach du CH:

Autrement dit, Martin St-Louis a gagné en une publicité ce que plusieurs porte-parole mettent plusieurs années à atteindre.

Et ça, ça dit tout.

Parce que dans ce marché-là, les chiffres ne sortent pas de nulle part. Ils reflètent une chose : la valeur perçue. La crédibilité. L’impact. La capacité à rejoindre le public. Et visiblement, pour Hydro-Québec, Martin St-Louis valait ce prix-là.

On peut débattre du contexte, du timing, de la sensibilité sociale, mais on ne peut pas nier la logique derrière le montant. Ce n’est pas un hasard si Hydro-Québec n’a pas payé 75 000 $, ni 100 000 $, ni même 150 000 $.

Ils sont allés directement dans la fourchette du quart de million. Pourquoi? Parce qu’ils voulaient un visage fort. Un symbole. Quelqu’un capable de faire passer un message complexe, la transition énergétique, à monsieur et madame Tout-le-monde.

Et Martin St-Louis, à ce moment-là, cochait toutes les cases.

Ancien joueur étoile. Entraîneur des Canadiens de Montréal. Image de discipline, d’intégrité, de travail. Une figure respectée autant dans le vestiaire que dans le grand public. Ce n’est pas juste un porte-parole. C’est une marque en soi.

La comparaison avec Guillaume Lemay-Thivierge devient alors encore plus frappante.

Parce que Lemay-Thivierge lui-même l’explique : les montants dépendent des moyens de la compagnie et de la valeur du porte-parole.

Hyundai Canada est une multinationale automobile avec des budgets colossaux. Et pourtant, même à son apogée, après plus d’une décennie, il touchait 350 000 $ par année.

Martin St-Louis, lui, a atteint presque ce montant… instantanément.

Ce que ça démontre, au fond, c’est que le débat public s’est complètement trompé de cible.

On a voulu faire de Martin St-Louis un symbole d’excès. Comme si c’était lui le problème. Comme si c’était lui qui avait imposé son prix. Comme si c’était lui qui avait vidé les coffres d’Hydro-Québec. Alors qu’en réalité, il n’a fait que recevoir une offre alignée avec sa valeur sur le marché.

Dans n’importe quelle industrie (publicité, sport, divertissement), un talent est payé en fonction de ce qu’il rapporte, pas en fonction de ce qu’il possède déjà.

Le fait qu’il ait gagné 60 millions dans sa carrière de joueur n’a rien à voir avec le contrat en question. Ce qui compte, c’est l’impact qu’il peut générer aujourd’hui.

Et Hydro-Québec l’a compris.

Ce qui dérange, en vérité, ce n’est pas le montant. C’est le contexte. C’est le fait que cette dépense arrivait au moment où les Québécois entendaient parler de hausses de tarifs, de factures qui explosent, de milliards en investissements. C’est ça qui choque. Pas le cachet en soi.

Mais encore une fois, cette colère a été mal dirigée.

Parce que si on prend du recul, si on regarde froidement les chiffres, la conclusion est simple : Martin St-Louis n’a pas été surpayé. Il a été payé au prix du marché… pour un porte-parole d’élite.

Et la sortie de Guillaume Lemay-Thivierge vient confirmer exactement ça.

Elle met en lumière une réalité que plusieurs semblent avoir oubliée : atteindre 300 000 $ dans ce milieu-là, ce n’est pas banal. Ça prend des années. De la constance. De la crédibilité. Une image solide. Et même là, ce n’est pas garanti.

Martin St-Louis, lui, est arrivé à ce niveau immédiatement.

Ça ne fait pas de lui un problème.

Ça fait de lui une valeur sûre.

Et au final, la vraie question n’est pas “Pourquoi Martin St-Louis a-t-il été payé autant?”

La vraie question, c’est : Pourquoi Hydro-Québec a-t-elle été incapable d’assumer ce choix… une fois que la tempête a commencé?