Le ciel tombe sur la tête d'Alexandre Texier

Le ciel tombe sur la tête d'Alexandre Texier

Par David Garel le 2026-01-21

Il y a à peine quelques semaines, Alexandre Texier était l’une des plus belles histoires du Canadien de Montréal. Un joueur en feu, propulsé sur le premier trio, parfaitement complémentaire à Nick Suzuki et Cole Caufield, capable d’amener de la vitesse, de l’intelligence, du soutien offensif et surtout une constance que peu avaient vue venir. Puis, une blessure. Et au retour… le vide.

Ce matin à Brossard, le ciel est littéralement tombé sur la tête de Texier.

Pas de premier trio. Pas de deuxième trio. Pas même un rôle clair. Alexandre Texier est de retour à l’entraînement avec un chandail régulier, mais il n’existe plus dans la structure offensive du Canadien.

Kirby Dach est resté bien confortablement installé avec Suzuki et Caufield. Slafkovsky, Kapanen et Demidov sont figés sur le deuxième trio.

Gallagher, Danault et Anderson sont solidifiés comme bloc vétéran. Et en bas de l’échelle, Bolduc, Evans et Veleno ferment la marche.

Texier? Nulle part. Sur le trio des indésirables avec Samuel Blais et Patrik Laine.

Pire encore : même en avantage numérique sur la 2e unité, là où il avait pourtant démontré qu’il pouvait apporter quelque chose, Texier a été complètement tassé.

La première vague appartient à Caufield, Suzuki et Slafkovsky avec Hutson et Demidov. La deuxième vague? Gallagher, Kapanen, Bolduc, Dach et Dobson. Le message est brutal : Alexandre Texier ne fait pas partie du plan, même quand il est en santé.

Qu'on privilégie Dach...ok...

Mais Gallagher???

C’est difficile à justifier. C’est encore plus difficile à expliquer.

On parle d’un joueur qui, avant sa blessure, produisait, aidait à contrôler le jeu, gagnait ses batailles et s’intégrait naturellement au tempo du premier trio.

On parle d’un joueur qui avait gagné ses minutes, qui ne trichait pas, qui ne ralentissait personne. Et pourtant, à son retour, Martin St-Louis n’a montré aucune forme de patience, aucune forme de continuité, aucune reconnaissance de ce que Texier avait apporté.

La congestion à l’attaque est réelle, oui. Mais la gestion du dossier Texier est froide. Sans pitié.

À Brossard, ce matin, la surprise était évidente. Voir Dach rester sur le premier trio après seulement quelques matchs de retour, pendant que Texier disparaît complètement du portrait, ça soulève des questions. Beaucoup de questions.

Parce que si la logique est de récompenser le jeu actuel et non le statut, Texier avait tout pour conserver un rôle significatif. Or, c’est l’inverse qui se produit.

Ce qui est le plus troublant, ce n’est pas seulement qu’il soit rétrogradé. C’est qu’il soit effacé. Pas en alternance sur une vague d’avantage numérique. Pas comme joker capable de monter dans l’alignement en cours de match. Effacé.

Au point de ne pas avoir de trio à lui.

Dans un vestiaire, ce genre de décision ne passe pas inaperçu. Les joueurs comprennent très vite ce que ça signifie : ta place n’est pas garantie, peu importe ce que tu as fait avant. Et pour Texier, qui avait enfin trouvé une stabilité, cette chute soudaine ressemble à un coup de massue.

Le Canadien traverse une période où chaque décision de Martin St-Louis est scrutée à la loupe. Et celle-ci alimente un malaise bien réel.

Comment expliquer que Texier, productif et utile avant sa blessure, soit aujourd’hui derrière tout le monde, pendant que d’autres bénéficient d’un traitement de faveur évident?

À Montréal, les histoires peuvent changer vite. Très vite. Et en l’espace de quelques entraînements, Alexandre Texier est passé de solution évidente à l'agneau sacrifié.

À Brossard, ce matin, ce n’était pas seulement un entraînement « relax » au lendemain d'une victoire. C’était un signal.

Et pour Alexandre Texier, il n’a rien de rassurant.

Ce qui rend cette décision encore plus troublante, c’est le contexte humain précis d’Alexandre Texier, que tout le monde dans l’organisation connaît.

On parle d’un joueur qui a publiquement traversé des épisodes difficiles sur le plan de la santé mentale, qui a dû se reconstruire lentement, retrouver du plaisir, de la confiance et un sentiment d’appartenance après avoir touché le fond ailleurs.

À Montréal, il avait justement retrouvé cet équilibre : un rôle clair, une confiance assumée, un environnement sécurisant. Le voir revenir de blessure et être immédiatement effacé, sans transition, sans filet, sans reconnaissance de ce qu’il avait apporté avant, soulève un malaise réel.

Plusieurs à Brossard ont été sincèrement étonnés, presque mal à l’aise. On sait à quel point ce type de message cinglant peut fragiliser un joueur qui avait enfin trouvé sa stabilité.

Et c’est précisément pour ça que cette gestion a surpris autant : elle semble ignorer une réalité humaine que le Canadien, justement, disait vouloir mieux comprendre et mieux protéger.

Triste scène.