Le dossier de Patrik Laine est rendu exactement là où tout le monde savait qu’il finirait par arriver : mystérieux, lourd, inconfortable… et de plus en plus urgent pour le Canadiens de Montréal.
Au Québec, plus personne ne se fait d’illusions. Entre les blessures à répétition, l’absence de constance à cinq contre cinq, le malaise évident avec Martin St-Louis et une intégration jamais vraiment complétée dans la culture du club, Laine est devenu un dossier qu’on veut fermer. Pas demain. Maintenant.
Idéalement, Kent Hughes aimerait régler ça rapidement après la levée du gel des transactions, dès le 23 février, et avant le prochain match du Canadien, prévu le 26. Parce que plus ça traîne, plus ça devient toxique, pour le joueur, pour le vestiaire et pour l’organisation.
Et voilà qu’un nouveau joueur entre officiellement dans la danse.
Tout le monde parlait des Kings de Los Angeles depuis la blessure de Kevin Fiala aux Olympiques.
Et bien en Finlande, le dossier est désormais public. Le commentateur NHL Antti Mäkinen (Viaplay) affirme clairement que Patrik Laine et le Canadiens de Montréal travaillent activement à lui trouver une nouvelle destination avant la date limite des transactions, et il ajoute que plusieurs équipes ont déjà appelé, dont les Kings de Los Angeles.
« Ne soyez pas surpris si Laine est échangé avant la date limite. C’est le désir des deux côtés. Plusieurs formations se sont renseignées, maintenant on attend de voir quel type d’échange peut réellement se concrétiser », a-t-il expliqué, en précisant que la blessure de Kevin Fiala à Los Angeles vient accélérer sérieusement les discussions et rendre les Kings beaucoup plus agressifs dans ce dossier.
Selon Mäkinen, les deux camps souhaitent une transaction rapidement : on espérait même régler le tout avant la pause olympique, sans succès.
Pour situer la crédibilité de la source : Antti Mäkinen n’est pas un blogueur de passage. C’est un analyste et commentateur NHL très respecté en Finlande pour Viaplay, branché directement sur l’entourage des joueurs finlandais et sur plusieurs organisations de la ligue.
Quand Mäkinen parle d’un dossier impliquant un joueur finlandaisi, ce n’est jamais lancé au hasard : il travaille avec des agents, des recruteurs européens et des sources nord-américaines depuis des années.
Viaplay est une plateforme de diffusion sportive dans toute la Scandinavie. C’est un service de streaming payant qui détient les droits sur la LNH.
Quand une information sort de Viaplay, surtout via un analyste principal comme Mäkinen, ça pèse dans le paysage médiatique finlandais.
Ce qu’il avance sur Patrik Laine vient du réseau interne du hockey finlandais, celui qui sait souvent des choses bien avant que ça sorte officiellement en Amérique du Nord.
Pourquoi les Kings?
Parce que leur attaque est en panne sèche.
On parle d’un club qui figure presque au fond de la ligue pour les buts marqués et dont l’avantage numérique tourne autour de 16 %. Ce sont des chiffres d’équipe en survie, pas d’aspirant sérieux.
Et comme si ce n’était pas assez, Los Angeles vient de perdre un morceau majeur avec la blessure de Kevin Fiala, dont la saison est terminée après son accident survenu au tournoi olympique.
Ça change tout.
Oui, les Kings ont déjà mis la main sur Artemi Panarin, mais Panarin devait jouer avec Fiala, pas le remplacer à lui seul.
Et malgré tout son talent, Panarin ne peut pas porter une attaque complète sur ses épaules, surtout dans un alignement où on retrouve encore Corey Perry, Trevor Moore et même Joel Armia dans le top-6 à certains moments.
Il manque clairement du punch offensif à Los Angeles
C’est là que Laine devient soudainement intéressant.
À Montréal, son profil ne cadre plus. Le Canadien cherche de la structure, de l’engagement défensif, de la constance sur 200 pieds. Laine, lui, reste un marqueur pur, un spécialiste offensif, un joueur qu’il faut protéger dans l’utilisation.
Mais chez les Kings, les besoins sont inversés.
Ils n’ont pas besoin d’un plombier défensif. Ils ont besoin de quelqu’un capable de faire trembler les cordages. De redonner vie à un power play moribond. De créer une menace réelle sur réception. Et dans ce contexte précis, Laine devient un pari logique, surtout qu’il ne coûterait pas cher en actifs.
On ne parle plus d’un joueur vedette acquis à prix d’or.
On parle d’un gamble contrôlé.
Un contrat lourd, oui, mais une acquisition possible à rabais. Un ailier capable, dans le bon contexte, de marquer encore 25 ou 30 buts. Pour une équipe qui se bat pour une place en séries, ça vaut la peine d’essayer.
Ajoute à ça un détail qui n’est pas passé inaperçu à Montréal : le couple Laine a récemment passé du temps en Californie durant la pause olympique. Officiellement, c’était un simple voyage. Jordan Laine a même pris soin de calmer le jeu publiquement en disant qu’ils étaient seulement en visite.
Mais dans ce marché, rien n’est jamais anodin.
Surtout quand on sait que Patrik Laine est déjà mentalement ailleurs.
Sur la glace à Brossard, il est isolé. Dans sa bulle. Peu d’échanges avec le personnel. Peu d’interactions visibles avec Martin St-Louis. Tout indique un joueur qui sait que son chapitre montréalais est terminé, mais qui attend simplement que la paperasse suive.
Selon Mäkinen, le souhait est clair des deux côtés : trouver une solution avant la date limite. On espérait régler ça avant la pause olympique. Ça n’a pas fonctionné. Maintenant, tout le monde regarde le calendrier.
Parce que ce dossier-là ne peut plus s’étirer.
Pour Montréal, garder Laine n’a plus de sens sportif.
Pour Laine, rester ici devient émotionnellement intenable.
Et pour Los Angeles, c’est peut-être l’occasion parfaite d’ajouter du talent offensif sans hypothéquer l’avenir.
Personne ne prétend que c’est un coup de génie garanti.
Mais parfois, dans la LNH, tu ne cherches pas la perfection. Tu cherches une étincelle.
Et en ce moment, Patrik Laine ressemble exactement à ça : une étincelle disponible.
