Le dossier d’Arber Xhekaj commence sérieusement à prendre une direction inquiétante pour le Canadien de Montréal.
Alors que Zachary Bolduc semble se rapprocher d’une entente, le Shérif demeure sans contrat à l’approche du camp d’entraînement, et les explications entourant cette situation deviennent de plus en plus nombreuses. Cette fois, Nicolas Cloutier, de TVA Sports, soulève une question qui mérite toute notre attention : pourquoi Xhekaj n’a-t-il pas demandé l’arbitrage salarial le 5 juillet dernier?
Avec le recul, cette décision est capitale.
S’il avait choisi l’arbitrage, son dossier aurait été réglé depuis longtemps. Les audiences ont lieu à la fin juillet et au début août. À l’heure actuelle, Xhekaj aurait normalement un contrat en poche et il saurait exactement où il s’en va.
Au lieu de cela, nous nous retrouvons à deux semaines du camp d’entraînement avec un défenseur important qui demeure sans contrat.
La question n’est plus financière.
La vraie question est de savoir si Arber Xhekaj est encore convaincu que son avenir passe par Montréal.
Selon l’analyse de Cloutier, Xhekaj et ses agents, Brian et Steve Bartlett, ont toutes les raisons du monde de se demander quel rôle attend réellement le défenseur chez le Canadien.
Le clan Xhekaj sait compter. La saison dernière, incluant les séries éliminatoires, le Canadien a disputé 101 matchs et le Shérif a été laissé de côté à 23 reprises.
Pratiquement un match sur quatre.
Et lorsqu’il était en uniforme, son utilisation ne lui donnait pas toujours beaucoup plus de raisons de sourire. Au cours des 78 matchs qu’il a disputés, Xhekaj a joué moins de dix minutes à 30 reprises.
Un joueur peut accepter un salaire inférieur à ses attentes. Un joueur peut accepter un contrat de transition. Mais signer une entente alors qu’il ne sait même pas s’il sera régulièrement dans la formation, c’est une autre histoire.
Surtout lorsque la congestion à la ligne bleue devient de plus en plus absurde.
Lane Hutson, Kaiden Guhle, Mike Matheson, Noah Dobson et Alexandre Carrier ont leurs postes coulés dans le béton.
Derrière eux, Xhekaj doit maintenant se battre avec Jayden Struble, Adam Engström et David Reinbacher.
Et Reinbacher représente un problème particulièrement important pour le Shérif.
L’Autrichien était encore en développement la saison dernière. Cette année, il arrivera au camp avec une conviction beaucoup plus grande qu’il appartient à la LNH. Le Canadien a investi un cinquième choix au total dans son développement. Montréal veut voir ce projet fonctionner.
Engström pousse également.
La profondeur continue d’augmenter.
Et Kent Hughes a encore ajouté des options à l’organisation.
Le message est donc inquiétant pour Xhekaj : où sont les minutes?
C’est pour cette raison que l’idée d’un départ vers une équipe de l’Ouest commence à circuler avec autant d’insistance.
Et lorsqu’on cherche une équipe qui pourrait avoir intérêt à Arber Xhekaj, un nom revient naturellement : Seattle.
Le Kraken possède des attaquants intéressants et pourrait écouter les offres pour Jared McCann.
Pierre McGuire a d’ailleurs remis son nom sur la table lors d’une discussion avec Tony Marinaro et Maxim Lapierre au Sick Podcast.
McCann représente précisément le type d’attaquant que le Canadien cherche depuis longtemps : un joueur capable d’évoluer dans un top-6, de patiner, de produire et d’apporter de la vitesse à une attaque qui en manque encore.
Maxim Lapierre l’a d’ailleurs résumé clairement : Montréal a besoin d’attaquants expérimentés et rapides capables de jouer beaucoup de minutes.
Et Pierre McGuire a immédiatement pensé à Jared McCann.
Montréal possède une profondeur considérable à la ligne bleue.
Seattle cherche davantage de robustesse à sa ligne bleue.
Et Xhekaj possède exactement le genre de profil qui peut attirer une organisation de l’Ouest. Un défenseur de six pieds quatre pouces, 240 livres, capable de changer l’atmosphère d’un match, de protéger ses coéquipiers et d’imposer une présence physique que très peu de joueurs peuvent reproduire.
Le Kraken connaît Xhekaj.
Ses recruteurs connaissent également Jayden Struble.
Mais entre les deux, il est difficile d’ignorer la valeur particulière du Shérif.
Xhekaj possède quelque chose que Struble n’a pas : une personnalité de hockey immédiatement identifiable. Son arrivée dans une nouvelle ville créerait de l’attention. Son chandail se vendrait. Son style de jeu ferait parler.
Et surtout, son rôle serait clair.
À Montréal, sa relation avec Martin St-Louis est devenue de plus en plus difficile à comprendre. Xhekaj semble constamment devoir chercher le juste équilibre entre son identité naturelle et les demandes de son entraîneur. Doit-il frapper? Doit-il reculer? Doit-il s’imposer? Doit-il éviter les pénalités?
Le résultat fait pitié.
Le Shérif a l’impression de devoir demander la permission avant d’être le Shérif.
Dans l’Ouest, son identité pourrait être beaucoup plus facile à définir.
Une équipe pourrait simplement lui dire : joue ton jeu, défends tes coéquipiers, impose-toi physiquement et fais comprendre aux adversaires qu’ils vont payer le prix lorsqu’ils traversent certaines zones de la patinoire.
Xhekaj n’a jamais été destiné à devenir Lane Hutson.
Pourquoi tenter de le transformer en quelqu’un qu’il n’est pas?
Mais il reste une énorme question : que faudrait-il ajouter à Arber Xhekaj pour convaincre le Kraken de céder Jared McCann?
McCann possède un contrat extrêmement intéressant, avec un salaire annuel de 5 M$ jusqu’en 2027. Il ne serait donc pas échangé à rabais. Seattle pourrait demander un choix de première ronde protégé et un jeune défenseur capable de jouer immédiatement.
Xhekaj et un choix de première ronde?
TVA Sports ouvre la porte à une transaction.
