Le cauchemar est sans précédent pour Elizabeth Rancourt.
Comment TVA Sports réussira-t-elle à rentabiliser un investissement d’une telle ampleur?
En utilisant la pauvre Elizabeth... comme le clown promotionnel de la station.
Le pire... est annoncé... pour l'avenir de l'animatrice...
En 2013, Québecor avait accepté de débourser plus de 700 millions de dollars (720) pour obtenir les droits nationaux francophones de la LNH. À l’époque, plusieurs considéraient déjà que le pari était gigantesque, surtout qu'ils ont dû payer les 22 matchs du CH le samedi en extra.
Treize ans plus tard, le contexte n’a plus rien à voir.
Rogers a signé un nouveau contrat de 11 milliards de dollars avec la LNH. Les droits valent aujourd’hui beaucoup plus cher qu’auparavant. TVA Sports diffusera désormais 32 matchs du Canadien au lieu de 22, tout en conservant l’exclusivité des séries éliminatoires en français.
Sans connaître les modalités financières de la nouvelle sous-licence, une chose paraît évidente : diffuser le Canadien coûte de plus en plus cher.
Clairement, on parle de plus d'un milliard de dollars.
1,5 milliard? 2 milliards?
Cet argent devra bien être récupéré quelque part.
C’est là que plusieurs amateurs commencent déjà à s’inquiéter.
Depuis quelques années, les téléspectateurs ont vu les placements publicitaires prendre de plus en plus de place à l’écran.
On ne parle plus seulement d’un commanditaire qui présente une émission.
On parle de segments intégrés directement au contenu.
On parle d’animateurs qui doivent faire la promotion de produits en plein milieu d’une émission de hockey.
Les séquences impliquant Tim Hortons ont créé une honte nationale sans précédent au Québec.
Les pizzas Salvatore. Un peu plus et Elizabeth se déguisait en pointe au pepperoni-fromage.

Les intégrations commerciales qui ont abondamment circulé sur les réseaux sociaux tellement elles ont créé un malaise chez plusieurs téléspectateurs.
Les moqueries étaient sans pitié.
Elizabeth va en manger du chocolat Reese's. Misère.

Ces moments sont devenus aussi commentés que les matchs eux-mêmes.
Et ce qui est dommage, c’est que les critiques ne visent pas vraiment la pauvre Elizabeth, même si c'est elle qui s'en prend plein la figure.
Elles visent le modèle.
Personne ne croit qu’Élizabeth Rancourt rêve d’interrompre une discussion de hockey pour parler d’un café, d’un beigne ou d’une pizza.
Personne ne pense que Maxim Lapierre ou Antoine Roussel souhaitent transformer un plateau d’analyse en vitrine commerciale.
Les téléspectateurs comprennent généralement que ces décisions dépassent les animateurs.
Mais cela n’empêche pas le malaise d’être réel.
Avec le coût des droits qui explose, plusieurs se demanderont inévitablement si la pression commerciale suivra la même courbe.
Faudra-t-il intégrer encore davantage de commandites?
Faudra-t-il multiplier les segments commandités?
Faudra-t-il trouver toujours plus de façons de rentabiliser chaque minute d’antenne?
Voilà le véritable défi.
Parce qu’au bout du compte, les amateurs acceptent très bien qu’une émission soit commanditée.
Ce qu’ils acceptent beaucoup moins, c’est lorsque la frontière entre le contenu éditorial et le message commercial devient difficile à distinguer.
TVA Sports vient de réussir un immense coup en conservant une place importante dans la diffusion du Canadien.
La prochaine bataille sera peut-être encore plus difficile.
Réussir à financer ce contrat tout en conservant la crédibilité du produit télévisuel.
Car les droits de diffusion peuvent s’acheter.
La confiance des téléspectateurs, elle, se gagne… et elle peut aussi se perdre beaucoup plus rapidement.
On espère qu'Elizabeth Rancourt est prête à sentir l'odeur de la pizza et des beignes. Au moins, elle fait attention à sa diète.
Elle place les produits... mais ne les mange pas. Heureusement pour sa ligne...
