Blessure d'Ivan Demidov: Martin St-Louis avoue, mais Chantal Machabée lui ferme le clapet
Chantal Machabée et Ivan Demidov. Photos: Le Journal de Montréal

Blessure d'Ivan Demidov: Martin St-Louis avoue, mais Chantal Machabée lui ferme le clapet

David Garel
Le 2026-09-24

Nous avons assisté à un malaise sans précédent en conférence de presse à Brossard, jeudi matin, et tout est parti d’une simple question sur Ivan Demidov.

Le Russe brillait encore une fois par son absence. Deuxième journée consécutive sans prendre part à l’entraînement, alors que le Canadien répétait depuis la veille qu’il était simplement absent pour recevoir des traitements.

Sauf qu’un journaliste a posé la question qui devait être posée.

Qu’est-ce qui se passe réellement avec Demidov?

Et Martin St-Louis a répondu.

« Il est day-to-day. »

Hein?

Day-to-day?

Donc, soudainement, on ne parle plus simplement d’une journée de traitements. On parle d’un joueur blessé.

Et c’est là que le malaise a commencé.

Chantal Machabée a immédiatement tenté de couper court à la réponse du coach. « Non, non, non, non. »

St-Louis s’est tourné vers elle.

Machabée lui a fait comprendre que ce n’était pas exactement la réponse que l’organisation voulait donner.

Gros silence.

Gros malaise.

Voici la séquence vidéo en entier:

Martin St-Louis venait essentiellement de dire publiquement ce que le Canadien essayait soigneusement de ne pas dire depuis deux jours : Ivan Demidov est blessé.

Ce n'est pas nécessairement grave ou quelque chose qui devrait inquiéter les partisans. Demidov a reçu une rondelle sur le pied droit lundi à Trois-Rivières contre Ottawa, il a terminé la rencontre, n’a raté aucune présence et a même participé à la prolongation 3-contre-3.

Mais il est blessé.

Et St-Louis venait de vendre la mèche.

Machabée a donc repris le contrôle de la situation en précisant essentiellement que l’organisation s’attendait à voir Demidov patiner vendredi.

« On s'attend à ce qu'il patine demain. »

Voilà.

Donc on passe de « journée de traitements » à « day-to-day », puis immédiatement à « il devrait patiner demain ».

C’est quoi, finalement?

Une journée thérapeutique?

Une blessure?

Une blessure suffisamment sérieuse pour être day-to-day?

La dernière réponse est la bonne. Car au final, Martin St-Louis est tellement transparent qu'il nous a donné la réponse tout cuit dans le bec.

Martin St-Louis répond souvent avec ce qui lui passe par la tête. Il ne semble pas avoir ce réflexe de communication corporative où chaque mot est calculé avant de sortir de sa bouche. Il a simplement répondu à la question comme il la comprenait : Demidov est day-to-day parce qu’il est blessé. Point.

Chantal Machabée, elle, a immédiatement compris où cette réponse allait mener. « Blessé », « day-to-day », la rondelle reçue sur le pied droit : en deux secondes, elle voyait déjà les manchettes, les spéculations et les partisans qui allaient commencer à s’inquiéter pour le pied de Demidov.

C’est littéralement son travail de vice-présidente des communications de protéger le message de l’organisation, et il faut lui lever notre chapeau pour avoir réagi aussi rapidement.

Mais faut quand même pas nous prendre pour des caves.

Quand tu dis depuis deux jours qu’un joueur est absent pour des traitements et que ton entraîneur finit par dire spontanément qu’il est day-to-day, on comprend très bien qu’il y a une blessure derrière tout ça. Machabée peut contrôler le message, mais elle ne peut pas effacer ce que St-Louis vient de révéler.

Le malaise, lui, était bien réel.

Et ce qui est tellement drôle, c’est de voir St-Louis pris dans cette situation de mensonge blanc ("white lie") avec Chantal Machabée juste à côté.

Le coach répond spontanément à la question.

Machabée intervient.

St-Louis la regarde.

Elle lui fait comprendre de ne pas aller plus loin.

Bang.

Merci, Martin.

La mèche est vendue.

Le plus important maintenant sera de voir Demidov sur la glace vendredi. Le Canadien termine son calendrier préparatoire samedi avec deux matchs contre Ottawa, un à Montréal et un dans la capitale nationale.

S’il patine normalement vendredi, tout le monde va respirer.

Mais cette scène de conférence de presse restera.

On se souviendra à vie que derrière les beaux communiqués du CH, la vérité se cache toujours.