Depuis le début de la série contre le Lightning de Tampa Bay, une critique revient constamment autour des Canadiens de Montréal : Kent Hughes aurait dû bouger à la date limite des transactions.
Certains parlent même de bourde monumentale de la part du DG du CH.
Plus les difficultés offensives s’accumulent à cinq contre cinq, plus les détracteurs reviennent avec la même phrase : “Il nous manque un vrai deuxième centre.”
Et honnêtement, en voyant la façon dont Tampa Bay neutralise complètement le Canadien en se concentrant seulement sur le 1er trio Slafkovsky-Suzuki-Caufield, ça commence à faire peur à beaucoup de monde.
Selon une analyse rapportée par TVA Sports et basée sur le travail du journaliste Nicolas Cloutier, la série actuelle expose brutalement le plus gros trou dans l’alignement montréalais : l’absence d’un deuxième centre offensif capable d’enlever de la pression au trio de Nick Suzuki.
Que doit-on penser de l'inertie du #CH à la date limite après 4 matchs de séries ?
— Nicolas Cloutier (@NCloutierTVA) April 29, 2026
Jusqu'ici, elle est assez justifiée. @TVASports https://t.co/LXQ7B5Y5Lw
Et le problème devient presque humiliant stratégiquement pour le Canadien.
À domicile, Jon Cooper peut pratiquement concentrer toute sa stratégie défensive sur Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky.
Il n’a essentiellement qu’un seul trio à étouffer à cinq contre cinq. Pendant ce temps, Ivan Demidov se retrouve sans véritable centre offensif naturel pour l’aider à créer de l’espace, tandis que Oliver Kapanen semble complètement dépassé par l’intensité de la série.
Mais malgré toutes ces critiques, il y a quand même une réalité importante que plusieurs oublient : le marché n’offrait pas énormément de solutions parfaites.
Voilà la réplique cinglante de Kent Hughes, qui doit perdre patience à force de se faire casser les oreilles sur le fait qu'il n'a pas bougé à la date limite.
Oui, Nazem Kadri était disponible. Oui, le Canadien a démontré de l’intérêt. Mais Montréal exigeait une retenue salariale massive de 50 %, ce que les Flames de Calgary ont refusé catégoriquement avant de finalement l’envoyer ailleurs avec une retenue beaucoup plus faible.
Oui, Brayden Schenn a changé d’adresse. Mais le prix payé était énorme : un choix de première ronde complet. Et quand on regarde les Islanders de New York aujourd’hui, cette transaction ressemble loin d’être à une victoire, eux qui ont été éliminés de façon honteuse après le congédiement de Patrick Roy.
Même chose pour Nicolas Roy. Il connaît de bonnes séries au Colorado (2 buts, 1 passe en 4 matchs en première ronde), mais plusieurs à Montréal ne le voyaient pas comme un vrai deuxième centre offensif capable de transformer complètement l’attaque du Canadien.
On a assez de Jake Evans et Phil Danault? Reste que Roy les mange offensivement.
Le débat devient donc extrêmement complexe pour Kent Hughes et Jeff Gorton.
D’un côté, la série actuelle semble confirmer que le Canadien manque cruellement d’un deuxième centre top-6 pour entourer Demidov et enlever de la pression au premier trio.
De l’autre, les prix demandés sur le marché étaient gigantesques, et plusieurs équipes qui ont payé très cher à la date limite regardent maintenant les séries à la télévision.
Et il ne faut pas oublier un autre élément important : défensivement, Hughes et Gorton semblent avoir eu raison de ne pas paniquer.
Même sans Noah Dobson, la brigade défensive montréalaise tient relativement bien le coup contre une machine offensive comme Tampa Bay.
La troisième paire composée de Jayden Struble et Arber Xhekaj surprend énormément de gens, et plusieurs défenseurs acquis à gros prix ailleurs dans la ligue connaissent des séries très ordinaires.
Tout le monde au Québec était en furie que le CH ne sacrifie pas un choix de 2e ronde pour Connor Murphy, qui est finalement allé à Edmonton.
Mais le vrai problème reste donc au centre.
Et cette série est peut-être en train de confirmer quelque chose de très important pour l’avenir du Canadien : le développement de Michael Hage pourrait devenir absolument capital pour cette organisation.
Plusieurs commencent même à dire qu’un joueur comme lui aurait peut-être changé complètement le portrait offensif de cette confrontation contre Tampa Bay.
À moins qu'on décide d'envoyer Hage à St-Louis... dans un "package deal" pour Robert Thomas.
Dans tous les cas, le Canadien n’est probablement pas aussi loin qu’on le croit. Mais cette série montre clairement qu’entre être compétitif et être capable de battre une équipe comme Tampa Bay quatre fois, il reste encore un morceau extrêmement important à aller chercher.
