Ça chauffe entre Martin St-Louis et Martin McGuire: la guerre est ouverte

Ça chauffe entre Martin St-Louis et Martin McGuire: la guerre est ouverte

Par David Garel le 2026-01-27

Dans le petit théâtre quotidien du Canadien, il y a parfois des moments où tout explose : la pression, la fébrilité, les blessures d’ego, la nervosité autour de la situation des gardiens… et le besoin viscéral de Martin St-Louis de protéger son vestiaire.

Lundi, devant les caméras, on a assisté à l’un de ces moments. Martin McGuire, l'ennemi public numéro un du coach, a brusquement décidé de tester l’entraîneur sur le sujet le plus inflammable de la semaine : la stabilité catastrophique devant le filet.

Et McGuire n’a pas posé sa question comme un journaliste neutre. Il l’a posée comme un homme qui cherche volontairement la brèche. Un piège. Un crochet. Une provocation subtile.

« Avec un peu plus de stabilité dans le jeu des gardiens, Martin… est-ce que les ajustements que vous cherchez seraient plus faciles à atteindre pour l’équipe ? »

Traduction transparente : vos gardiens ne sont pas bons, et tout votre système s’écroule à cause d’eux.

St-Louis n’a pas aimé. Pas du tout. Il a froncé les sourcils, a figé une seconde, puis a lâché la phrase qui en disait long, très long : « Répète-moi ça. »

C’était la première gifle diplomatique. La manière polie de dire : tu viens d’essayer de m’envoyer sous l’autobus avec mes joueurs, je t’ai vu venir, recommence si t’oses.

McGuire a répété. Et St-Louis, d’un ton sec, a servi une réponse qui restera dans les annales :

« Oui, si ces choses arrivaient, ce serait des bandages. Des band-aids. Ça cacherait des choses. »

Autrement dit : si mes gardiens faisaient les arrêts, tu regarderais ailleurs, mais moi, je ne vais pas les sacrifier pour sauver ta question.

La tension était palpable. St-Louis, crispé, tapait presque du pied. McGuire, lui, avait les yeux rivés sur le coach, convaincu d’avoir enfin trouvé l’angle pour le forcer à reconnaître que Montembeault et Dobeš coulent l’équipe.

Mais c’est tout le contraire qui s’est produit. S-Louis s’est braqué, s’est fermé, et surtout… il a envoyé sa plus grande flèche à McGuire :

« Si tu es trop focussé sur le résultat, tu manques ce qui se passe avant. Les gros arrêts… ça cache des choses. Nous, on regarde le processus. On coach le processus. Rien ne changerait. »

Et boum. La bombe.

St-Louis venait de renvoyer McGuire à ses classiques : son obsession pour le résultat, son regard superficiel, sa volonté de réduire une crise profonde à un simple pourcentage d’efficacité. Devant tout le monde, il l’a replacé. Séchement. Publiquement.

Et la salle l’a ressenti : c’est la première fois que St-Louis trace une ligne aussi nette entre lui et McGuire.

Parce que la vérité, c’est que St-Louis sait très bien que ses gardiens sont en pleine débâcle. Il sait que Montembeault est dans la pire séquence de sa carrière. Il sait que Dobeš survit plus qu’il ne joue. Il sait que le désordre est total. Il sait que l’organisation entière se demande qui doit garder le filet demain.

Mais ce qu’il refuse, c’est de livrer ses gars au public. De les jeter sous les roues d’un autobus médiatique qui n’attend que ça. Et McGuire, en posant cette question-là, a tenté exactement ça : transformer le point de presse en procès.

St-Louis a refusé d’être procureur.

Il a préféré être bouclier.

Cette joute verbale est révélatrice d’un climat tendu au sein du club. Les défaites s’accumulent. Le désavantage numérique est un chantier. Le vestiaire marche sur des oeufs. Et autour du filet, c’est le chaos total.

Mais surtout : les journalistes ont flairé l’odeur du sang.

Et McGuire, qui a senti l'odeur du sang, a été le premier à attaquer.

Le résultat ?

Une réaction froide, sèche, presque agressive de St-Louis.

Une rupture.

Un message très clair : on ne touchera pas à mes gardiens devant moi.

Dans un moment où tout s'effondre, les caméras ont capté exactement ce que St-Louis vit : un coach au bord de l’explosion, sous pression constante, qui refuse de livrer le moindre joueur en pâture… quitte à se mettre publiquement à dos l’un des journalistes les plus influents du pays.

Et dans ce duel-là, McGuire vient peut-être de gagner un ennemi.

Mais St-Louis, lui, vient de gagner son vestiaire.