Cauchemar.
Il n’y a pas d’autre mot pour décrire ce que vit Arber Xhekaj en ce moment. Pendant que les Canadiens de Montréalsignaient une victoire marquante contre les Bruins de Boston, pendant que le Centre Bell vibrait pour le 40e but de Cole Caufield et que Brendan Gallagher était célébré comme un guerrier, une autre réalité s’installait en silence.
Une réalité beaucoup plus dure pour Xhekaj.
Parce que pendant que les projecteurs étaient ailleurs, Jayden Struble a livré un match solide, simple, efficace. Rien d’extravagant. Mais exactement ce que Martin St-Louis demande à ses défenseurs. Pas d’erreurs coûteuses. Des décisions rapides. Du jeu fiable.
Un gros match de Jayden Struble hier contre Boston pic.twitter.com/QEW2GW2Onx
— BPM Sports (@BPMSportsRadio) March 18, 2026
Et dans le contexte actuel, ça change tout.
Parce qu’on ne parle plus d’une rotation ou d’un débat. On parle d’un rôle qui est en train de se définir. De plus en plus de gens à l’interne et autour de l’équipe voient la même chose : Struble est en train de s’installer comme sixième défenseur.
Pendant ce temps, Xhekaj regarde.
Et c’est ça le vrai problème.
L’équipe gagne sans lui. Elle ne se fait pas intimider. Elle tient le coup physiquement. Elle joue le type de hockey que l’entraîneur veut voir. Ça enlève directement l’argument principal qui justifiait sa place.
Quand ton rôle devient optionnel, tu deviens remplaçable.
Et ce qui rend la situation encore plus claire, c’est la tendance. Depuis plusieurs semaines, les décisions de St-Louis parlent d’elles-mêmes. Moins de minutes. Des matchs dans les gradins. Une confiance qui semble disparaître.
Ce n’est pas une punition.
C’est un signal.
Le problème n’a jamais été l’intensité de Xhekaj. Ni son style. Le problème, c’est la constance et la lecture du jeu. Et quand un entraîneur perd confiance en un défenseur dans ces aspects-là, c’est extrêmement difficile de revenir en arrière.
Alors la question devient inévitable.
Arber Xhekaj a-t-il joué son dernier match à Montréal?
Rien n’est officiel.
Mais tout pointe dans cette direction.
Parce qu’une équipe en course aux séries ne prend pas de décisions émotionnelles. Elle prend les joueurs qui lui donnent les meilleures chances de gagner.
Et en ce moment, ce joueur-là… ce n’est plus Xhekaj.
Il ne l'a jamais été. Sa relation avec Martin St-Louis, au final, l'aura brisé professionnellement.
Parce que ce n’est plus un simple enjeu de performance.
C’est devenu une question de confiance. Et dans la Ligue nationale, quand cette confiance-là est brisée entre un entraîneur et un défenseur, surtout un défenseur, c’est presque impossible de revenir en arrière.
Depuis deux ans, les signes s’accumulent. Les minutes coupées. Les matchs dans les gradins. Les sorties publiques de St-Louis qui parlent des "erreurs niaiseuses" de son défenseur.
Les décisions qui, match après match, envoient toujours le même message : Xhekaj est méprisé par le coach.
St-Louis parle souvent de détails, de lectures, de prises de décision à la ligne bleue, de gestion de la rondelle, de jeu sans la rondelle. Et chaque fois qu’il insiste là-dessus, difficile de ne pas faire le lien avec Xhekaj. Parce que ce sont précisément ces aspects de son jeu qui ont été remis en question à l’interne.
Les erreurs qui arrivent au mauvais moment. Les mauvaises lectures. Les décisions risquées dans des zones critiques. Et dans une équipe qui tente de se qualifier pour les séries, ce genre de jeu devient intolérable pour un entraîneur qui veut resserrer la structure.
Et c’est là que tout bascule.
Il fut un temps où Arber Xhekaj n’était pas seulement un joueur de hockey à Montréal, mais une véritable marque. Le « Shérif », c’était plus qu’un surnom : c’était une identité, un personnage, un produit parfait pour une ville qui adore ses guerriers.
Les campagnes marketing se sont rapidement emparées du phénomène. Chandails personnalisés, slogans, visuels agressifs, présence dans les promotions… et même ce fameux burger à son nom, devenu un symbole de sa popularité instantanée. Xhekaj représentait quelque chose de simple, de puissant, de viscéral : la protection, la robustesse, l’émotion brute. Montréal s’était reconnu en lui.
Pendant que l’image du « Shérif » continuait d’être exploitée, la réalité sur la glace, elle, s’effritait. Le marketing vendait un joueur dominant, intimidant, essentiel… alors que le staff technique, lui, le voyait de moins en moins comme une pièce clé.
Et c’est souvent là que le malaise devient impossible à cacher : quand l’image dépasse la réalité. Ce qui était autrefois un atout, cette aura, cette popularité, devient presque un poids, une attente impossible à soutenir quand les minutes diminuent et que le rôle disparaît tranquillement.
Et au final, c’est ça qui fait la différence.
Pas le potentiel.
Pas la popularité.
La confiance.
La relation hockey entre Martin St-Louis et Arber Xhekaj est toxique.
Et quand ça arrive, la suite est presque toujours la même.
On attend.
On étire.
Puis, éventuellement… on tourne la page.
