Par moments, un vestiaire parle sans qu’un mot ne soit prononcé. Et hier, au Minnesota, Mike Matheson a parlé pour tout le monde.
La séquence a duré à peine quelques secondes, mais elle a fait le tour des réseaux, des plateaux télé et des lignes ouvertes.
En zone défensive, Zachary Bolduc rate sa lecture. Il prend le mauvais homme. Mike Matheson, déjà engagé ailleurs, se retourne, ouvre les bras, lui parle sèchement, visiblement exaspéré. On ne parle pas d'un regard complice ou d'un geste pédagogique, mai bien d'un langage corporel brutal, public, sans filtre : qu’est-ce que tu fais là?
Tout le monde l’a vu. Les partisans. Les médias. Les coéquipiers. Et surtout, Martin St-Louis.
Ce moment-là brise la réputation de Bolduc. Ce n’est pas juste un vétéran frustré par une couverture ratée. C’est l’illustration parfaite de ce que plusieurs analystes répètent depuis des semaines : Bolduc n’inspire pas confiance défensivement, et quand un défenseur numéro un commence à le signaler ouvertement sur la glace, le message est déjà rendu beaucoup trop loin pour être ignoré.
Sur les ondes, la discussion entre Tony Marinaro et Pierre McGuire a mis des mots précis sur ce malaise.
McGuire n’a pas tourné autour du pot : ces lectures défensives ne viennent pas naturellement à Bolduc. Il y a de l’hésitation. De l’incertitude. Et à ce niveau-là, l’incertitude est fatale. Un entraîneur peut vivre avec des erreurs, mais il ne peut pas vivre sans fiabilité. Surtout quand le joueur n’est plus dans le top-6.
Zach Bolduc is having a hard time building trust with his coach...
— The Sick Podcast with Tony Marinaro (@thesickpodcasts) February 3, 2026
Pierre McGuire: "You don't know what you're getting from shift to shift from the player"#GoHabsGo #thesickpodcast @TonyMarinaro pic.twitter.com/wLWuu3TSk9
McGuire a été cinglant : quand tu es rétrogradé dans l’alignement, tu dois devenir prévisible pour ton coach. Tu dois être un gars qu’on peut envoyer sur la glace sans se demander ce qui va arriver.
Bolduc ne sait toujours pa où se placer. Il ne sait pas qui couvrir. Il se fait battre au filet. Bolduc offre trop souvent une version différente de lui-même d’un shift à l’autre.
Martin McGuire, lui aussi, a noté le malaise. La gestuelle de Matheson n’était pas celle d’un mentor. C’était celle d’un joueur qui n’en peut plus de compenser.
Et quand un défenseur doit déjà gérer ses propres lectures, ses propres batailles, puis en plus réparer celles d’un attaquant, la patience disparaît rapidement.
Contre le Wild, Zachary Bolduc a été l’attaquant le moins utilisé par Martin St-Louis. À peine 11 minutes. Et encore. Dans les 13 ou 14 derniers matchs, ce n’est pas une exception. Quand il n’est pas le moins utilisé, il est à quelques secondes de l’être. Ce n’est plus un accident. C’est une tendance.
Et cette tendance arrive au pire moment possible.
Lundi soir à St. Paul, Bolduc a disputé le 160e match de sa carrière dans la LNH, séries incluses. Ce chiffre-là change tout.
À partir de maintenant, le Canadien ne peut plus l’envoyer à Laval librement. Toute tentative de rétrogradation passe obligatoirement par le ballottage.
Et dans le contexte actuel de la ligue, un jeune attaquant de 22 ans, ancien choix de premier tour, avec 10 buts et 22 points en 56 matchs, ne passerait pas inaperçu.
C’est là que le dossier devient explosif.
Le CH est déjà à 23 joueurs, la limite permise. Voilà pourquoi Samuel Blais a été envoyé au ballottage aujourd'hui.
Patrik Laine n’a pas encore été retiré officiellement de la liste des blessés, mais ce n'est qu'une question de temps.
Dans une ligue où plusieurs équipes cherchent du talent jeune, contrôlable et encore "coachable", le nom de Bolduc circule.
À Vancouver, on aime toujours son profil. À St. Louis, malgré la transaction impliquant Logan Mailloux, on ne l’a jamais totalement effacé des mémoires.
Dans des discussions plus larges avec les Blues et les Canucks, son nom apparaît comme pièce secondaire, comme ajout, comme throw-in intéressant.
Ce n’est pas parce que le Canadien a abandonné Zachary Bolduc. Mais parce que, présentement, le vestiaire commence à le lâcher.
Et quand un joueur se fait exposer publiquement par un leader comme Mike Matheson, quand un coach réduit ses minutes match après match, quand les analystes expliquent calmement, sans passion, pourquoi il n’est pas fiable… le verdict est déjà en train de s’écrire.
Zachary Bolduc n’est pas un mauvais joueur. Il est perdu dans un rôle qui exige exactement ce qu’il n’offre pas encore : de la constance défensive, des lectures automatiques, une confiance absolue. Et à Montréal, quand la confiance disparaît, le chronomètre se met à tourner.
Hier, Matheson n’a pas crié. Il n’a pas insulté. Il a simplement levé les bras. Et ce geste-là a peut-être fait plus de dégâts que n’importe quelle déclaration publique.
Parce que tout le monde a compris. Bolduc n'a pas la confiance du coach... ni celle du vestiaire...
