Coeur brisé: le Canada s’effondre à la toute fin

Coeur brisé: le Canada s’effondre à la toute fin

Par David Garel le 2026-02-19
canadiens

Le scénario est brutal. Cruel. Injuste.

Après avoir tenu tête aux puissantes Équipe féminine de hockey des États-Unis pendant presque toute la soirée, le Canada s’est finalement incliné 2 à 1 en prolongation, laissant filer la médaille d’or au bout des doigts dans une finale olympique qui restera longtemps gravée comme une occasion manquée.

Le Canada a tout donné. Absolument tout. Mais au bout d’une prolongation cruelle, c’est Megan Keller qui a mis fin au rêve canadien, offrant une victoire de 2-1 aux Américaines dans ce match pour l’or qui laissera des cicatrices.

Le but est venu à trois contre trois, après que les États-Unis eurent arraché l’égalité en toute fin de troisième période grâce à une déviation de Hilary Knight. Deux minutes plus tôt, le Canada touchait encore à la médaille d’or.

Tout avait pourtant commencé parfaitement pour les Canadiennes. Kristin O’Neill avait ouvert la marque en désavantage numérique en deuxième période, un but de guerrière qui symbolisait exactement l’état d’esprit du groupe.

Ensuite, pendant près de 40 minutes, le Canada a résisté. Les arrêts s’enchaînaient. Les batailles étaient gagnées. Les Américaines frappaient, mais Ann-Renée Desbiens fermait la porte. Jusqu’à ce fameux but tardif à six contre cinq, celui qui a arraché le cœur de tout un pays.

Pendant plus de 58 minutes, les Canadiennes ont joué le match parfait. Structurées, disciplinées, engagées physiquement. À deux minutes de la fin… puis tout s’est effondré.

Et comme souvent dans ces grands rendez-vous, quand tu laisses une porte entrouverte aux États-Unis, ils s’y engouffrent.

La prolongation n’aura duré que quelques minutes avant que le rêve canadien ne s’évapore complètement.

L’or traverse la frontière. Le Canada repart avec l’argent.

Une défaite qui fait mal jusque dans les tripes.

Ce qui rend cette finale encore plus difficile à avaler, c’est le contexte. Les Américaines arrivaient gonflées à bloc, après avoir inscrit au moins cinq buts dans chacun de leurs matchs préliminaires. Elles avaient humilié le Canada 5 à 0 plus tôt dans le tournoi. Elles étaient favorites. Elles avaient même laissé entendre qu’elles allaient « écraser » leurs rivales.

Et pourtant, sur la grande scène, le Canada leur a offert un combat d’une intensité remarquable.

Ann-Renée Desbiens a été magistrale devant son filet. Marie-Philip Poulin a encore été le cœur battant de l’équipe. Les chances de marquer se sont succédé : Sarah Fillier, Brianne Jenner, Daryl Watts, Emma Maltais… les occasions étaient là. Mais chaque fois, Aerin Frankel répondait présente.

Le Canada a eu ses moments. Plusieurs.

Mais dans un match pour l’or, ça prend un brin de magie… et cette fois, elle était du côté américain.

Déjà, du côté des partisans américains, ça jubile — tout en cherchant paradoxalement des excuses. Certains parlent d’un Canada qui « ferme le jeu », qui « ralentit le rythme », qui « tue le spectacle ».

Bienvenue en finale olympique.

Ce n’est pas un concours artistique. C’est une guerre de tranchées.

Le Canada n’a pas perdu parce qu’il a mal joué. Il a perdu parce qu’à ce niveau-là, un seul but tardif peut faire basculer toute une nation.

Puis est venue la scène la plus dure de la soirée.

À la sirène finale, Marie-Philip Poulin est restée figée quelques secondes avant de laisser tomber son bâton. Les larmes ont suivi presque immédiatement.

On l’a vue se pencher, respirer difficilement, puis éclater en sanglots. Une image brutale. La capitaine venait encore une fois de tout donner, comme elle l’a fait toute sa carrière, et cette fois, ce n’était pas assez.

Poulin a frappé son bâton contre la bande, puis l’a laissé tomber. Par frustration. Par épuisement émotionnel. Parce que quand tu es la joueuse la plus clutch de l’histoire du hockey féminin, quand tu portes ce programme sur tes épaules depuis plus d’une décennie, quand tu reviens d’une blessure pour essayer de sauver une finale olympique… ce genre de défaite te traverse de part en part.

On peut parler de systèmes, de chances ratées, de rebonds, de prolongation. Mais ce moment-là disait tout. La Beauceronne venait encore de livrer un match immense. Elle avait multiplié les présences lourdes, créé de l’espace, attiré la couverture, ouvert des lignes de tir. Et malgré tout, elle quittait la glace sans médaille d’or.

C’est ça, la cruauté du sport.

Le Canada a offert sa meilleure performance du tournoi au moment le plus important. Mais face à une équipe américaine qui restait sur sept victoires consécutives contre lui depuis 2025, ça n’a pas suffi.

C’est une occasion envolée.

C’est une capitaine en larmes.

Et c’est un rappel brutal que même les légendes ne sont pas à l’abri du pire scénario.

On retiendra surtout ce moment terrible : deux minutes à jouer, une avance d’un but, l’or à portée de main… puis le silence.

Un silence qui fait mal.

Une médaille d’argent qui goûte l’amertume.

Et une génération de joueuses qui venait de livrer un match immense, mais qui repart avec le sentiment d’avoir laissé filer quelque chose de beaucoup plus grand.