La décision des Canadiens de Montréal de rappeler Jacob Fowler (et de le faire jouer contre les Sénateurs d'ottawa ce soir) a peut-être réglé un problème sportif immédiat… mais elle a ouvert une véritable plaie humaine autour de Samuel Montembeault.
Avec Fowler qui a le départ ce soir, quelle est la suite pour Samuel Montembeault? 🥅 pic.twitter.com/ix8yOY8KPR
— BPM Sports (@BPMSportsRadio) March 11, 2026
Parce que la manière dont la situation s’est déroulée a été ressentie comme une humiliation publique.
D’abord, l’organisation a tenu à préciser noir sur blanc que personne n’était blessé. Dans un communiqué habituellement très neutre, le message était limpide : si Fowler montait à Montréal, ce n’était pas à cause d’un problème de santé.
C’était à cause des difficultés de Montembeault.
Autrement dit, le club a exposé son gardien numéro un devant tout le monde.
Et à partir de ce moment-là, la machine médiatique et les réseaux sociaux se sont emballés.
Les débats ont explosé. Les sondages ont circulé. Les commentaires ont déferlé.
Certains partisans réclament ouvertement que Montembeault soit soumis au ballottage.
Dans un marché aussi intense que Montréal, ce genre de dynamique devient rapidement impitoyable.
Et derrière le joueur, il y a une famille qui vit tout cela en direct.
Sa mère, Manon Royer, n’a jamais caché à quel point la situation est difficile à regarder.
Dans une entrevue qui a marqué les esprits, elle a expliqué qu’elle voyait parfois les commentaires visant son fils sur les réseaux sociaux… et que ça lui brisait le cœur.
Elle racontait qu’il lui arrivait de cliquer sur les profils de ceux qui critiquaient Samuel, simplement pour se demander ce qu’ils diraient si quelqu’un parlait de leur propre enfant de cette façon.
« Ça vient me chercher », avait-elle admis.
« Mais Samuel n’a peur de rien (en parlant de ses détracteurs). Il ne stresse jamais. Il est fait fort, mon fils. »
Et il faut avouer qu'il est un très bon jack... même s'il est un gardien médiocre.
Vous allez lire plein de choses sur Samuel Montembeault aujourd’hui.
— Anthony Martineau (@Antho_Martineau) March 11, 2026
N’oublions pas qu’il y a un humain derrière chaque athlète.
Ici, Montembeault, au camp d’entraînement de septembre, qui s’arrête et prend un long moment pour discuter et encourager Fowler, alors que les deux… pic.twitter.com/bkYQL76ALo
Disons que ses performances contredisent les propos de sa maman.
Et selon plusieurs proches du clan Montembeault, la situation actuelle est encore plus difficile à vivre.
« C’est difficile parfois d’avoir ça à gérer. Ça m’arrive que je vais voir les profils de ceux qui écrivent des méchancetés et j’aurais tellement envie de leur demander ce qu’ils penseraient si je disais la même chose de leur enfant. Ça vient me chercher. »
« Mon chum regarde souvent les commentaires, mais, comme Sam, j’essaye de me tenir loin de ça le plus possible. Des fois, je ne peux m’empêcher d’aller jeter un œil.
Mais cette fois, ce ne sont plus seulement les partisans.
Ce sont les médias.
Ce sont les analystes.
Et maintenant, c’est même l’organisation elle-même qui semble avoir tourné la page.
Quand le rappel de Fowler a été annoncé, plusieurs ont immédiatement compris le message.
Le jeune gardien américain allait obtenir le départ contre les Sénateurs d’Ottawa.
Pendant ce temps, Montembeault patinait seul sur la glace après l’entraînement matinal, pendant que Fowler quittait la patinoire pour se préparer à jouer.
Une image lourde de sens.
Pour plusieurs observateurs, cette scène résume parfaitement la brutalité du hockey professionnel.
Un jour, tu es le gardien numéro un.
Le lendemain, tout le monde parle déjà de ton remplaçant.
Et pour la famille Montembeault, cette transition semble avoir été vécue comme une mise à l’écart sans compassion.
Parce qu’au-delà des statistiques et des performances, il y a une réalité simple : Samuel Montembeault a porté cette équipe pendant des années difficiles.
Il a accepté un contrat modeste.
Il a gardé le filet pendant la reconstruction.
Et aujourd’hui, alors que la pression des séries monte à Montréal, il devient soudainement l’homme à sacrifier.
Sa mère ne l'acceptera jamais.
« Il était le numéro un, ça peut expliquer les critiques. Quand Jakub Dobeš est arrivé, tout le monde désirait envoyer Montembeault comme deuxième. (et là avec Jacob Fowler, il devient 3e). C’est toujours le débat des gardiens. Lorsqu’un match va mal, on dirait que les gardiens sont souvent pris pour cible. Il n’y a pas juste eux. »
« Sam a souvent dû convaincre les gens. Il était bantam BB plus jeune. Je pense que c’est quelque chose qui l’a aidé, ce besoin de toujours avoir à prouver sa valeur. Ceux qui sont passés devant lui facilement ne jouent plus au hockey. Il est tellement habitué à se battre pour faire sa place. »
Reste que cette fois, ça sent vraiment la fin pour Montembeault à Montréal.
Dans une ville où le hockey est presque une religion, la frontière entre analyse sportive et jugement public devient parfois cruellement mince.
Et pour Samuel Montembeault et sa famille, ces derniers jours ressemblent de plus en plus à une tempête… dont ils ne contrôlent plus du tout le récit.
