Congédiement de son agent: Arber Xhekaj a commis l'irréparable

Congédiement de son agent: Arber Xhekaj a commis l'irréparable

David Garel
Le 2026-09-16

Le karma vient de frapper Arber Xhekaj en pleine figure. Le Shérif de Montréal vient de signer un contrat d’un an à 1,5 million de dollars, et après tout ce qui s’est passé au cours des derniers mois, il est difficile de ne pas voir cette entente comme une immense défaite pour le défenseur et son entourage.

Xhekaj voulait davantage. Son camp espérait un contrat beaucoup plus payant et une reconnaissance à la hauteur de sa popularité à Montréal. Il obtient finalement une seule saison et une augmentation de seulement 200 000 $ par rapport à son précédent salaire annuel.

Dans un marché où le plafond salarial a considérablement augmenté, ce contrat est une honte totale. Alors que son contrat précédent representait 1,48 % de la masse salariale, la nouvelle entente représente 1,44 %.

Et le plus inquiétant pour Xhekaj, c’est ce que ce contrat raconte sur sa valeur aux yeux du Canadien. Une seule année. 1,5 million $. Aucun engagement à long terme. Kent Hughes garde donc pratiquement toutes les cartes en main.

Certains pensent même que ce contrat est fait pour que Xhekaj soit échangé au plus vite, vu que l'équipe qui va l'obtenir aura un contrat ridicule à gérer et le contrôle sur le joueur l'été prochain (RFA).

Pour un joueur qui voulait justement obtenir un contrat lui donnant une véritable sécurité financière, c’est défaite horrible.

Et bien, il n'a que lui à blâmer après le congédiement sans pitié un ami de la famille il y a deux ans.

Xhekaj avait pris une décision majeure en congédiant Viktor Saljanin, son agent de toujours, un homme qui était devenu beaucoup plus qu’un simple représentant. (à la gauche de Xhekaj, lire la suite de l'article après la photo):

Saljanin était considéré comme un proche de la famille Xhekaj. Il connaissait Arber depuis ses années avant la LNH, alors que le défenseur travaillait notamment au Costco, et il avait continué à croire en lui lorsque plusieurs ne voyaient pas encore le potentiel du jeune défenseur.

C’est notamment lui qui avait travaillé pour lui permettre de décrocher son premier contrat professionnel avec le Canadien après qu’il eut été ignoré au repêchage.

Puis, tout a explosé.

Xhekaj considérait que Saljanin n’avait pas été suffisamment agressif dans ses négociations avec Kent Hughes. Le défenseur aurait estimé qu’il ne défendait pas suffisamment ses intérêts face au directeur général du Canadien.

Xhekaj a donc décidé de tourner la page et de confier son avenir au groupe Bartlett Hockey, dirigé notamment par Brian et Scott Bartlett, qui représentent plusieurs joueurs importants de la LNH.

C’était un changement majeur. Les Bartlett représentent notamment Cale Makar (le joueur le mieux payé de la LNH), J.T. Miller, Clayton Keller, Alex Tuch et compagnie.

Le choix était lourd de conséquences.

Arber Xhekaj n’a pas simplement changé d’agent. Il a coupé les liens avec un homme qu'il considérait comme un frère.

À mesure que les enjeux financiers ont augmenté, la relation s’est détériorée. Xhekaj aurait commencé à considérer que Saljanin était trop « soft » dans la gestion de ses affaires.

À l’approche de son statut de joueur autonome avec compensation, le défenseur estimait qu’il avait besoin d’un représentant beaucoup plus agressif, capable de rentrer dans le bureau de Hughes et de défendre férocement sa valeur.

Xhekaj se sentait maltraité dans ses négociations avec le Canadien et croyait que son agent n’était pas suffisamment imposant pour le protéger, autant face au directeur général que dans son conflit avec Martin St-Louis.

Le choix de Xhekaj a donc été radical : il a remplacé l’homme qui l’avait accompagné depuis ses débuts par les frères Brian et Scott Bartlett qui lui ont négocié un premier contrat de 2 ans et 1,3 M$ par année.

L’autre élément qui avait contribué à ce congédiement nous lève le coeur. Xhekaj avait accepté une entente de commandite avec les restaurants La Chambre pour environ 25 000 $.

Pour un joueur aussi populaire auprès des partisans du Canadien, le montant paraissait minuscule. Xhekaj voulait évidemment monétiser son image de Shérif, mais il s’est retrouvé avec une rémunération honteuse qui ne correspondait pas, à ses yeux, à la valeur de son nom à Montréal. Il a montré la porte de sortie à son ami aussitôt.

L’affaire est devenue encore plus délicate parce que le lancement du fameux burger à son effigie aurait créé un malaise avec l’organisation du Canadien.

Martin St-Louis, Kent Hughes et Jeff Gorton n’étaient pas présents au lancement. L’épisode a donc dépassé la simple question d’un hamburger ou d’une commandite : il a contribué à installer l’idée que Xhekaj et le Canadien n’étaient pas toujours sur la même longueur d’onde lorsqu’il était question de son image, de ses activités commerciales et de la manière dont il devait gérer sa carrière.

Et il y avait même cette histoire autour du surnom « Le Shérif ». Alors que le surnom était devenu extrêmement populaire auprès des partisans et que Cole Caufield avait lui-même reconnu qu’il était utilisé dans l’entourage de l’équipe, Martin St-Louis avait affirmé que personne dans le vestiaire ne l’appelait ainsi. Pour Xhekaj, qui avait bâti une partie de son image publique autour de ce personnage, c'était une catastrophe.

Le premier geste de ses nouveaux agents a donc été de négocier un contrat beaucoup plus lucratif avec La Belle et le Boeuf. Du jour au lendemain, Xhekaj a rejeté La Chambre sans avertissement, juste pour "cash in" davantage.


Cette nouvelle association devait justement représenter une nouvelle étape dans la gestion de son image. Xhekaj ne voulait plus être payé des « peanuts ». Il voulait que son image soit mieux valorisée.

Il était persuadé que ses super agents allaient flouer Kent Hughes. Il pensait qu'ils allaient lu obtenir un contrat de 5 millions étalés sur deux ans, soit 2,5 M$ par année.

Mais ils devaient affronter Kent Hughes dans un dossier où le Canadien possédait déjà tout le pouvoir.

Xhekaj était dans la niche de Martin St-Louis et avait connu une saison horrible.

Imaginez comment il se sent quand il réalise que ses super agents ont tout perdu dans cette négociation.

C’est ça qui rend le résultat aussi brutal pour Xhekaj. Il a congédié l’homme qui l’accompagnait depuis ses débuts parce qu’il estimait qu’il n’était pas suffisamment combatif pour aller chercher le gros contrat.

Il a engagé une agence beaucoup plus importante, avec des représentants habitués aux négociations de joueurs vedettes. Et après des mois d’attente, de rumeurs et de discussions, le résultat final est un contrat ridicule d’un an à 1,5 million de dollars.

Tout ça pour ça.

Il y avait pourtant une autre avenue : l’arbitrage salarial. Xhekaj avait la possibilité de se présenter devant un arbitre et de faire valoir son dossier, avec ses 65 matchs joués en 2025-2026, ses 148 mises en échec, ses 116 minutes de pénalité et son rôle physique. Son camp aurait pu tenter de convaincre un arbitre que sa contribution justifiait un salaire supérieur.

Mais cette voie n’a pas été empruntée.

Et aujourd’hui, Xhekaj se retrouve avec exactement le genre de contrat qu’il voulait éviter et aucune garantie pour la suite.

Le karma... est sans pitié...