Cri du coeur pour Patrik Laine: Martin St-Louis doit mettre son mépris de côté

Cri du coeur pour Patrik Laine: Martin St-Louis doit mettre son mépris de côté

Par David Garel le 2026-01-26

Même Maxim Lapierre le dit : c’est le temps d’essayer Patrik Laine sur le premier trio.

Quand l'animateur de la Poche Bleue, qui n’a jamais été un partisan du style Patrik Laine, en vient à dire publiquement que le Canadien doit lui donner une vraie chance sur le premier trio, ça veut dire quelque chose.

Beaucoup plus que quand ce sont les partisans ou les réseaux sociaux qui le réclament. Parce que Lapierre n’est pas naïf. Parce qu’il n’est pas sentimental. Et surtout parce qu’il a toujours été clair : Laine n’est pas son type de joueur.

Et pourtant.

Sur le podcast, Lapierre a posé la seule question qui compte vraiment : si le médecin arrive et dit que tout est réglé (les blessures qui traînaient depuis deux ans, le genou, la cheville, l’épaule, le coude, la tête), s’il est réellement en santé, pourquoi ne pas l’essayer? Pas pour l’éternité. Pas par amour. Cinq à huit matchs. Point.

Lapierre l’a dit sans détour : « S’il est vraiment en santé, je l’essaie sur le premier trio. Juste s’il est vraiment en santé. »

Pas de faux espoirs. Une vraie audition.

Et c’est là que le malaise du Canadien devient impossible à ignorer.

Parce que tout le monde a été essayé à droite de Nick Suzuki et Cole Caufield. Zachary Bolduc. Alexandre Texier. Kirby Dach, fraîchement revenu d’une blessure majeure.

On a testé, ajusté, déplacé. On a accepté des essais imparfaits, des matchs brouillons, des défaites. Mais on n’a jamais donné cette chance-là à Patrik Laine. Jamais. Même quand il était en santé. Même quand le besoin était criant.

Lapierre met le doigt exactement sur ce que l’organisation refuse d’admettre publiquement : essayer Laine en haut, ce n’est pas juste pour Laine. C’est pour équilibrer tout le reste.

En le mettant avec les deux meilleurs vétérans offensifs de l’équipe, tu rééquilibres automatiquement les neuf attaquants derrière. Texier glisse là où il est plus à l’aise. Le deuxième et le troisième trio prennent une forme plus logique. Et soudainement, l’attaque a une structure.

Lapierre va même plus loin : il parle de mentalité. Il dit, en substance, que si Laine se lève un matin en se disant « c’est ma dernière vraie chance dans la LNH, je suis à Montréal, dans un marché qui compte », alors là, le Canadien devient une équipe dangereuse.

Et c’est là que le timing devient impossible à ignorer.

Le Canadien sort de deux défaites lourdes, contre Buffalo et Boston. Deux matchs où l’attaque a manqué de finition. Deux matchs où le premier trio a encore cherché un ailier stable. Si ce n’est pas maintenant le moment d’essayer Patrik Laine, alors quand?

Lapierre le dit clairement : au pire, tu le mets dans la vitrine. Et c’est probablement ce que l’organisation pense déjà.

On sait que le Canadien veut l’échanger. On sait que le dossier doit se régler d’ici le début février. Mais pour échanger un joueur, il faut qu’il joue. Qu’il soit visible. Qu’il démontre qu’il peut encore faire ce pourquoi il a été repêché : marquer.

Le plus ironique dans tout ça? C’est que ce plaidoyer ne vient pas d’un défenseur de Laine. Il vient d’un ancien joueur guerrier qui n'a jamais porté le Finlandais dans son coeur. Qui n’a pas aimé ses séries l’an passé. Qui n’a jamais été charmé par son jeu sans la rondelle.

Et pourtant, même lui dit aujourd’hui : « là, je suis prêt mentalement à lui donner cette chance-là. »

Quand un gars comme Maxim Lapierre en arrive là, c'est que même le pire ennemi médiatique de Laine trouve que Martin St-Louis ne lui a jamais donné une vraie chance.

Le Canadien a testé tout le monde. Sauf lui.

Le Canadien cherche un ailier de premier trio. Il est là.

Le Canadien veut l’échanger. Il faut le montrer.

Cinq à huit matchs. Pas plus.

Mais des vrais matchs. Avec Suzuki. Avec Caufield.

Sinon, il faudra enfin assumer ce que tout le monde commence à comprendre : ce n’est pas une question de santé. C’est juste le mépris du coach envers un joueur qu'il ne respecte pas.

Laine mérite sa chance. Une dernière... et une première chance...