Le pire scénario possible pour Martin St-Louis est arrivé.
Il y a des calendriers qui donnent un peu de répit.
Et il y en a d’autres qui ressemblent immédiatement à un cauchemar.
Pour Martin St-Louis, la LNH vient de lui servir exactement le scénario qu’il voulait probablement éviter.
Après avoir amorcé la saison sur la route, le Canadien disputera son premier match au Centre Bell, le 6 octobre, contre les… Hurricanes de la Caroline.

Oui.
L’équipe qui vient de donner une véritable leçon de hockey au Canadien en séries éliminatoires.
Le pauvre Martin St-Louis devra affronter Rod Brind’Amour, celui qui a complètement exposé toutes les limites de son système .
Le symbole est incroyable.
Pendant tout l’été, le Canadien n’a pratiquement rien changé à son alignement. Kent Hughes cherche toujours son attaquant top-6. Les partisans attendent toujours un véritable deuxième centre capable d’accompagner Ivan Demidov. Pendant ce temps, plusieurs rivaux de la division Atlantique et l’Association de l’Est ont continué d’améliorer leur formation.
Et le premier test à domicile?
Les champions de la Coupe Stanley.
Il n’y avait pas pire façon de lancer la saison au Centre Bell.
Ce qui rend cette confrontation encore plus troublante, c’est tout ce qui s’est passé lors de la dernière série éliminatoire.
Pendant quatre matchs, Rod Brind’Amour a complètement dominé Martin St-Louis.
Chaque ajustement semblait fonctionner.
Chaque trio trouvait une façon d’étouffer le Canadien.
La Caroline contrôlait le rythme.
Le territoire.
Les mises en jeu.
L’échec avant.
Les batailles le long des rampes.
Les unités spéciales.
Tout.
Pendant ce temps, Montréal semblait incapable de trouver la moindre solution.
Le plus inquiétant?
Martin St-Louis n’a pratiquement jamais changé sa recette.
Les mêmes combinaisons.
Les mêmes décisions.
Les mêmes joueurs utilisés dans les mêmes rôles.
Match après match.
Comme si le Canadien attendait simplement que les choses finissent par fonctionner.
Elles n’ont jamais fonctionné.
Et pourtant, après l’élimination, Martin St-Louis est demeuré fidèle à son discours.
Il a parlé d’apprentissage.
De croissance.
D’expérience.
« Tu ne grandis pas sans vivre de l’inconfort », répétait-il.
Personne ne remet en question l’importance de l’expérience.
Mais plusieurs se demandaient où étaient les ajustements.
Pourquoi ne pas avoir changé les trios?
Pourquoi ne pas avoir tenté autre chose lorsque l’attaque était complètement paralysée?
Pourquoi être demeuré aussi fidèle à un plan de match qui ne produisait absolument rien?
Même Martin St-Louis a fini par reconnaître que la Caroline était supérieure dans les détails.
« On pouvait voir que c’était une équipe d’expérience par les détails dans son jeu. C’est ce que ça nous prend. »
Ces détails…
Ce sont justement ceux que Rod Brind’Amour maîtrise probablement mieux que n’importe quel entraîneur de la LNH.
Et pourtant, Martin St-Louis avait aussi lancé une autre déclaration qui continue de faire réagir.
« Il n’y a pas qu’une seule façon de gagner. On ne va pas se mettre à copier le style des Hurricanes, juste parce qu'ils nous ont battus. »
« On cherche encore un peu notre identité, mais avec les jeunes joueurs talentueux qu’on a, la façon dont on veut jouer est claire. »
Pardon? Tu cherches ton identité en finale de conférence? Tu ne veux pas jouer l'échec avant rugueux des Canes, mais tu préfères continuer à jouer dans la dentelle et de manière totalement "soft" ?
Quand la façon de Rod Brind’Amour te balaie pratiquement de la glace pendant toute une série, difficile de ne pas se demander s’il n’y avait pas quelques leçons à retenir.
Le problème, c’est que le rapport de force ne sera pas différent en octobre.
Au contraire.
La Caroline demeure une machine extrêmement bien structurée.
Chaque année, Brind’Amour perd des joueurs importants, mais son équipe recommence à gagner car son identité est parfaitement définie pendant que St-Louis pense que les séries sont le calendrier préparatoire.
Et parlant de calendrier, il n’offre absolument aucun cadeau.
Le Canadien ouvrira d’abord sa saison sur la route, notamment à Toronto, avant de revenir au Centre Bell avec toute la pression imaginable.
Imaginez maintenant le scénario.
Le Canadien connaît un début de saison difficile.
L’attaque continue de manquer de punch.
Le fameux attaquant top-6 n’est jamais arrivé.
Puis débarquent les Hurricanes.
Devant un Centre Bell plein à craquer.
Avec Rod Brind’Amour de l’autre côté.
Si la Caroline domine encore le Canadien comme elle l’a fait au printemps, les questions vont recommencer immédiatement.
Cette fois, Martin St-Louis ne pourra plus parler d’apprentissage des séries.
Il ne pourra plus parler d’inexpérience.
Le noyau aura vécu cette humiliation une première fois.
Les ajustements devront enfin apparaître.
Parce que sinon, les comparaisons avec Rod Brind’Amour deviendront inévitables.
Encore une fois.
Pour Martin St-Louis, ce calendrier ressemble presque à un examen de reprise.
Le premier chapitre de la saison sera aussi un rappel brutal de ce qui s’est passé au printemps.
Et si le Canadien échoue de nouveau face aux Hurricanes, les critiques risquent d’être beaucoup plus nombreuses qu’elles ne l’ont été après l’élimination.
Le message de la LNH est clair.
Dès le premier match au Centre Bell…
Martin St-Louis retrouvera le coach qui lui a donné la plus grande leçon de hockey de sa carrière d’entraîneur.
Cette fois, il n’aura plus d’excuse.
