Départ pour la Suisse-Suède: cauchemar pour Samuel Montembeault

Départ pour la Suisse-Suède: cauchemar pour Samuel Montembeault

Par David Garel le 2026-01-28

Le coup de tonnerre est discret, mais il résonne déjà jusque dans les bureaux du deuxième étage au Centre Bell. À peine quelques heures après le congédiement d’Éric Raymond, on apprend que Kaapo Kahkonen explore sérieusement l’option de quitter l’Amérique du Nord pour relancer sa carrière en Suisse ou en Suède.

Ce n’est pas un simple bruit : c’est une fuite qui dit tout sur l’état réel du triangle des gardiens, sur les frustrations accumulées, et sur la direction très claire dans laquelle le Canadien semble s’engager.

Kahkonen n’est pas un enfant d’hier, ni un gardien en fin de parcours. À 29 ans, signé à 1,15 million, avec quatre saisons d’expérience dans la LNH, il croyait réellement avoir une chance à Montréal.

Et tout particulièrement depuis que le ménage à trois s’était effondré. Il voulait une occasion, un match, un filet, quelque chose. Il n’a rien eu. Pas une seule minute.

Et lorsqu’Éric Raymond a été relevé de ses fonctions, cela a été un message clair : l’organisation ne le voit plus comme une option, ni comme un projet, ni même comme une roue de secours.

Il n’a jamais senti la moindre ouverture de la part du staff montréalais. Pour lui, la décision est pratiquement prise. Ce qui se trame dans les coulisses, ce n’est pas seulement une rumeur sportive : c’est un divorce mental déjà consommé.

Il faut comprendre ce que cela signifie. Depuis qu’il est arrivé à Laval, Kahkonen a livré des chiffres solides. Une moyenne de buts alloués de 2,67, une efficacité de ,905, exactement le profil qu’un club européen recherche pour un gardien d’expérience. Lausanne, Berne, Lugano, Rögle, Växjö : toutes ces équipes cherchent régulièrement des gardiens nord-américains capables d’offrir stabilité et technique.

La comparaison avec Connor Hughes est trop parfaite pour être ignorée. Hughes avait à peine de meilleures statistiques, et la Suisse lui a ouvert les bras.

Kahkonen a le même profil, mais avec un pedigree supérieur. Il serait accueilli comme un numéro un, et payé comme tel. Pour lui, c’est une évidence. Pour Montréal, c’est une perte calculée.

Et c’est là que le dossier devient explosif.

Parce que le départ de Kahkonen n’est pas seulement une formalité administrative : il ouvre un gouffre directement sous les jambières de Samuel Montembeault.

Déjà, entre les performances chancelantes, la confiance qui s’effondre, la pression du marché, les critiques, les vidéos où son langage corporel trahit la panique, Montembeault vit sa saison la plus fragile.

Et voilà maintenant que la situation structurelle de l’organisation le met dans une position encore plus précaire. Avec le départ potentiel de Kahkonen, l’organisation s’enligne pour une hiérarchie claire et brutale : Dobeš et Fowler.

Deux jeunes. Deux projets. Deux espoirs internes. Deux gardiens que Gorton et Hughes ont choisis. Deux gardiens qui incarnent la nouvelle ère. Et une vérité crue, que tout le monde commence à chuchoter : où se situe Samuel Montembeault là-dedans?

Le scénario circule déjà dans les corridors. Si le Canadien ne parvient pas à l’échanger d'ici l’an prochain, et si Montembeault reprend au camp la même trajectoire instable qu’on a vue cette saison, l’ultime issue deviendra un passage au ballottage.

Et c’est là que le dossier prend une tournure encore plus brutale : si Kaapo Kahkonen quitte réellement pour l’Europe, le Canadien se retrouvera avec deux gardiens à remplacer dans son organigramme, le poste laissé libre à Laval, et celui du gardien « tampon » entre la LNH et la LAH.

C’est exactement ce qui ouvre la porte à un scénario qui, il y a encore quelques mois, aurait semblé impossible : l’envoi de Samuel Montembeault au ballottage l’an prochain, puis à Lava lsi personne ne le réclame.

Avec Dobeš et Fowler qui ont priorité absolue dans les plans de Gorton et Hughes, et avec l’obligation d’avoir deux gardiens à Laval, Montembeault deviendrait automatiquement le candidat le plus vulnérable si le club ne parvient pas à l’échanger.

Pour la première fois, la possibilité qu’il dispute des matchs à la Place Bell, non pas en réhabilitation, mais comme gardien de la ligue américaine, est évoquée sérieusement dans les bureaux du CH.

Pour un gardien québécois, dans ce marché, ce serait l’humiliation suprême, le cauchemar sportif absolu. Mais c’est une avenue que l’organisation garde ouverte, car il n’est pas question de bloquer le développement de Dobeš ou de Fowler pour préserver un statut.

Et c’est là qu’on comprend pourquoi le départ de Kahkonen changerait tout. Sans lui, la structure devient cinglante. Dobeš est déjà considéré comme un gardien de match, il vient de voler Vegas, il a calmé un Centre Bell en délire, il enchaîne les performances sans s’effondrer.

Fowler, malgré ses hauts et ses bas, est protégé à Laval comme un joyau par Gorton et Hughes. Si l’un doit perdre son poste, ce ne sera jamais eux. Ce serait Montembeault. Le message est clair.

Et dans cette tempête, Kahkonen observe tout cela. Il voit que Montréal ne croit pas en lui. Il voit que l’organisation mise sur les jeunes, qu’on lui préfère un gardien de 24 ans et un projet de 21 ans plutôt qu’un vétéran encore capable.

Il voit aussi que le congédiement d’Éric Raymond, loin d’être une ouverture pour lui, confirme plutôt la volonté du Canadien de repartir à zéro avec une nouvelle structure, un nouveau coach, un nouveau trio hiérarchisé.

Le choix devient simple : rester ici comme 4e gardien invisible, ou redevenir un numéro un respecté en Europe. Il n’y a même plus de débat. Pour Kahkonen, c’est une évidence.

Mais pour Montréal, c’est un tremnlement silencieux qui prépare la suite : la fin graduelle du règne de Samuel Montembeault. Car chaque départ autour de lui enlève un matelas de sécurité.

Et pour Montembeault, ce matelas disparaît vite.