Destruction d'un homme: un animateur de radio demande le congédiement de Daniel Brière

Destruction d'un homme: un animateur de radio demande le congédiement de Daniel Brière

Par David Garel le 2026-01-31

À Philadelphie, la colère a franchi un point de non-retour.

Cette semaine, l’une des voix les plus écoutées et les plus influentes de la radio sportive locale, Hunter Brody, a littéralement pulvérisé Daniel Brière en ondes, réclamant ouvertement un redémarrage complet de la reconstruction... et le congédiement du DG.

Rarement avons-nous entendu un animateur de radio être aussi cinglant envers un DG.

Et ce qui rend cette sortie si lourde de conséquences, c’est qu’elle résume exactement ce que ressent aujourd’hui une base de partisans épuisée, humiliée et convaincue que la direction actuelle a gaspillé des années d’actifs.

Brody n’a pas pris de détours. Dès le départ, il a posé le diagnostic sans anesthésie :

« Ils ont complètement saboté la reconstruction. Tous les actifs accumulés aux dernières dates limites ont été jetés aux toilettes. »

Pour lui, l’erreur fondamentale de Brière est d’avoir tenté de faire semblant de reconstruire tout en agissant comme si l’équipe était prête à gagner.

« Tu ne peux pas avoir un pied dedans et un pied dehors. Ils ont fait ça. Et maintenant, ils paient le prix. »

Le symbole de ce fiasco, selon Brody, c’est le repêchage. Il s’est attardé longuement au choix de Jett Luchanko, sélectionné 13e au total en 2024 comme s’il s’agissait d’un futur centre numéro un.

« Luchanko, ça pue. Il pue. Et ils l’ont projeté comme un centre de premier trio. C’est une erreur dégoûtante, une évaluation complètement ratée. »

Pour Brody, il ne s’agit pas d’un jeune à développer, mais d’un plafond mal identifié, d’un joueur défensif sans moteur offensif, incapable d’incarner la pierre angulaire d’une reconstruction.

Et que dire de Jack Nesbitt? Le pauvre centre est devenu, aux yeux de Brody, l’un des symboles les plus accablants de l’échec de la reconstruction menée par Daniel Brière. Repêché 12e au total en 2025, Nesbitt était censé représenter un pari audacieux, un centre d’avenir autour duquel bâtir.

Or, Brody ne voit qu’un flop.

« Tu transiges pour monter au repêchage et tu sélectionnes un gars qui n’est même pas capable de produire un point par match dans le junior à 19 ans. C’est inacceptable », a-t-il lancé, visiblement hors de lui.

« On nous vendait un centre moderne, mais ce que je vois, c’est un gars dont le plafond offensif est extrêmement limité. Ce n’est pas un futur centre numéro un, ce n’est même pas garanti que ce soit un vrai centre top-6. »

Brody va encore plus loin en attaquant directement la logique derrière le choix :

« Quand tu repêches 12e au total, tu ne peux pas te permettre de te tromper comme ça. Ce genre d’erreur te fait reculer de cinq ans. »

La critique s’est ensuite déplacée vers l’état du vestiaire, devenu selon lui un symptôme de l’échec organisationnel.

Travis Konecny, pourtant l’un des rares à produire, est décrit comme brisé.

« Tu l’entends parler, il est défait. Il pleure presque à propos de ne jamais faire les séries. Quand ton gars-là est rendu là mentalement, ça se propage dans les murs. »

Et si Konecny incarne le découragement, Sean Couturier incarne, aux yeux de Brody, l’aveuglement.

« Ce n’est pas de sa faute s’il a eu des chirurgies au dos. Mais il porte le C, il joue sur une quatrième ligne, il est payé une fortune, et il n’apporte rien. »

La gestion des contrats a été l’autre angle d’attaque majeur. Brody a été sans pitié. Le contrat de Christian Dvorak, cinq ans à long terme pour un centre de soutien, est vu comme une occasion manquée de vendre au bon moment.

« Le DG a décidé de donner une prolongation de cinq ans à un vétéran de rôle de 30 ans. Résultat : il n’y a plus aucune pièce mobile à la date limite pour vendre. »

Mais c’est surtout l’entente de huit ans pour Owen Tippett, à 49 millions de dollars, qui a mis le feu aux poudres.

« Huit ans pour Owen Tippett? Tu devrais être congédié juste pour ça. »

Même sévérité pour le contrat de Travis Konecny, huit ans à 8,75 millions par saison :

« Il pensait que la reconstruction était terminée. Elle ne l’était pas. »

Brody a aussi ciblé le développement, ou l’absence de développement. La saison de Matvei Michkov n’est pas excusée.

« Il arrive hors de forme. Quelqu’un doit être responsable. Oui, c’est au joueur, mais quand tu fais venir un kid de Russie, il faut quelqu’un sur son dos. »

Et quand l’animateur regarde le jeu de puissance, il tranche net :

« Ça ne marche pas. Pendant ce temps-là, je regarde Cole Caufield marquer 30 buts avant février ailleurs. »

L'animateur n'accepte pas que Cam York a été sélectionné avant Cole Caufield, mais ça, ce n'est pas la faute de Daniel Brière.

Reste que la défense n’a pas été épargnée. Cam York, presque échangé l’été dernier, Rasmus Ristolainen enchaînant les allers-retours à l’infirmerie, des décisions médicales et sportives incohérentes… Brody résume :

« C’est le chaos. »

Et lorsque l’animateur parle de leadership derrière le banc, il pointe une incohérence majeure.

« Tu congédies Tortorella pour amener Rick Tocchet, et regarde maintenant. Vancouver et Philadelphie sont les deux pires situations de la ligue. Ce sont les deux dernières équipes qu’il a coachées. »

La conclusion est sans appel. Pour Hunter Brody, il n’y a plus de demi-mesure possible.

« La meilleure chose à faire, c’est de recommencer. Échange Konecny. Échange Sanheim. Échange York. Vends tout. Recommence. »

Il pose même la question que tout Philadelphie murmure désormais : le fait d'accélérer la reconstruction de manière catastrophique, est-ce une décision hockey… ou une décision dictée par le propriétaire Comcast pour remplir l’aréna?

« Je suis convaincu que c’est une partie du problème. »

Ce qui rend cette sortie si dévastatrice pour Daniel Brière, ce n’est pas la colère brute. C’est la cohérence de l’argumentaire. Repêchages ratés (Jack Nesbitt, Luchanko),contrats lourds et invendables, absence de centre numéro un, absence de défenseur numéro un dans les espoirs, vestiaire à bout de souffle. «

Ce n’est pas une équipe qui monte. C’est une équipe qui stagne. Et ça, c’est pire. »

À Philadelphie, la demande est désormais publique, assumée, répétée. Le congédiement de Daniel Brière est sur toutes les lèvres. La lune de miel est terminée.

Et pour la première fois depuis longtemps, ce ne sont pas seulement les réseaux sociaux qui grondent, mais la radio qui façonne l’opinion.

Quand une voix comme celle de Hunter Brody réclame un redémarrage complet, ce n’est plus un coup de sang.

C’est un verdict. Daniel Brière est ur le respirateur artificiel.