Félix Auger-Aliassime s'effondre en salle de presse: un moment déchirant

Félix Auger-Aliassime s'effondre en salle de presse: un moment déchirant

David Garel
Le 2026-06-03

Félix Auger-Aliassime n’a pas perdu un simple match à Roland-Garros.

Il a perdu bien davantage.

Quand le Québécois s’est présenté devant les médias après sa défaite contre Flavio Cobolli, ce n’était pas le même Félix que l’on connaît depuis des années. Ce n’était pas le joueur calme, posé, capable de trouver du positif dans la défaite. Ce n’était pas le jeune homme souriant qui répétait que le travail finirait par payer.

Cette fois, il avait l’air complètement vidé. Il s'est effondré devant nos yeux.

Les mots sortaient difficilement. Les silences étaient longs. Le regard était lourd. À plusieurs reprises, on avait l’impression qu’il cherchait ses mots pour éviter de laisser sortir ses émotions.

On sentait qu'il allait fondre en larmes. (voir la vidéo plus loin dans l'article)

“Je traverse une période difficile dans ma carrière de tennisman. Aujourd’hui je me sens un peu détruit.”

Ce mot-là ne ressemble pas à Félix Auger-Aliassime.

Depuis le début de sa carrière, le Montréalais est reconnu comme l’un des athlètes les plus disciplinés et les plus équilibrés du circuit. Même dans les moments difficiles, il trouvait une façon de relativiser. Il regardait vers l’avant. Il parlait de progression. Il parlait du processus.

Cette fois, le discours était complètement différent.

“D’habitude, je gère plutôt bien les défaites. Je suis toujours retourné à l’entraînement avec optimisme et positivité. Mais j’ai l’impression de ne pas être le joueur que je voudrais être. Alors aujourd’hui, c’est dur.”

Grâce à son parcours à Roland-Garros, il atteindra le meilleur classement de sa carrière. Il va se retrouver au quatrième rang mondial. Seuls Jannik Sinner, Carlos Alcaraz et Alexander Zverev seront devant lui.

Pour 99,9 % des joueurs de tennis sur la planète, ce serait un accomplissement gigantesque.

Mais Félix ne se compare pas aux autres.

Il se compare à ses propres attentes. Et c’est là que le problème commence.

Depuis qu’il a 14 ou 15 ans, il vit avec une pression que très peu d’athlètes québécois ont connue. On l’a présenté comme le futur du tennis canadien. Comme le prochain grand champion. Comme celui qui allait gagner plusieurs tournois du Grand Chelem.

Chaque victoire était analysée.

Chaque défaite était critiquée.

Chaque saison était comparée à la précédente.

Et plus les années passent, plus le poids devient lourd.

“Je vais avoir 26 ans cette année et je ne progresse pas comme je voudrais le faire.”

Cette phrase est revenue à plusieurs reprises pendant sa conférence de presse. On sentait Félix au fond du trou:

@tennisactu_ Félix Auger-Aliassime très déçu après son élimination en quarts de Roland-Garros : "Je deviens moins patient avec les années." 😕 "Le tennis, partout & toujours ici", sur https://TennisActu.net 🎾 #RolandGarros #RG26 #AugerAliassime #FAA #tennis ♬ son original - Tennis Actu

“Je deviens moins patient avec les années.”

“Je ne progresse pas comme je veux.”

“C’est pour ça que je ne suis pas bien.”

Tout s'est écroulé.

Après avoir remporté la première manche et pris les devants dans la deuxième, il a laissé Cobolli revenir dans le match. Une balle de bris ici. Une occasion ratée là. Sept occasions de bris gaspillées dans la troisième manche.

Et soudainement, la porte s’est refermée.

Et dans la voix de Félix, il aura de la difficulté à surmonter le cauchemar psychologique.

Voilà pourquoi la douleur était aussi visible.

Comme si cette défaite représentait davantage qu’un simple revers sportif.

Et pendant qu’il tente de composer avec ces doutes, la presse française ne lui fait aucun cadeau.

Depuis son installation à Monaco, Auger-Aliassime est devenu une cible récurrente dans certains médias européens.

À chaque période difficile, les mêmes critiques reviennent.

On ne parle plus seulement de tennis.

On parle de fiscalité. On l'accuse de ne pas vouloir payer d'impots. On l'accuse d'être au cash. On remet constamment en question ses choix de vie.

Pourtant, Félix a toujours expliqué sa décision de façon claire.

“Depuis deux ans, il était devenu de plus en plus difficile avec mon horaire chargé de revenir régulièrement à Montréal et de m’y entraîner.”

“Monaco s’est donc avéré de loin la meilleure option pour nous, tant d’un point de vue géographique que tennistique.”

“Des impôts, un joueur de tennis professionnel doit en payer partout où il joue, peu importe où il réside.”

Mais les explications ne semblent jamais suffisantes.

Pour certains observateurs français, Monaco demeure un sujet plus vendeur que son coup droit.

Et lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous, les critiques deviennent encore plus féroces.

Le problème, c’est que tout cela finit par s’accumuler. À un moment donné, même les athlètes les plus solides atteignent leurs limites.

Pour la première fois depuis très longtemps, Félix Auger-Aliassime n’avait pas l’air d’un joueur convaincu que tout allait s’arranger rapidement.

Il avait l’air d’un homme épuisé.

Cette conférence de presse était troublante.

Pour la première fois depuis des années, Félix Auger-Aliassime n’essayait pas de convaincre le monde qu’il allait bien.

Il faisait un appel à l'aide,

Derrière le classement, derrière les commanditaires, derrière les millions et derrière les apparences, il y avait mercredi à Paris un homme qui souffrait réellement.

Nos pensées sont avec lui.