Impossible de rester insensible devant les paroles de Phillip Danault.
À 33 ans, celui qui est redevenu le vétéran du Canadien regarde l’avenir avec une sérénité qui contraste avec tout ce qu’il a traversé depuis son premier passage à Montréal.
L’ambiance était détendue à l’Omnium Québec Célébrités… jusqu’au moment où Phillip Danault a été interrogé sur son avenir.
À un an de devenir joueur autonome sans compensation, le vétéran n’a pas esquivé la question.
Sa réponse, remplie de reconnaissance envers le Canadien et son désir de poursuivre l’aventure à Montréal, ressemble à un message que Kent Hughes ne pourra pas ignorer.
Dans quelques mois, Danault disputera la dernière saison de son contrat de six ans et 33 millions de dollars signé à l’été 2021.
Un pacte de 5,5 millions de dollars par année qui arrive maintenant à son terme.
À compter du 1er juillet 2027, il pourra devenir joueur autonome sans compensation.

Pourtant, le Québécois n’a pas choisi de parler d’argent. Il a parlé de gagner… et surtout de rester.
« Mon but c’est de gagner. Je regarde Tampa Bay ou Chicago dans le passé, ils ont bâti une équipe aspirante et c’est ce que le Canadien fait présentement et ça se ressent. Je trouve que je fitte bien dans ce groupe. Pour le reste, on ne sait pas. Mon but premier est de gagner des Coupes et, même s’il n’y a qu’une équipe qui gagne chaque année, je sens que j’augmente mes chances en jouant avec ce groupe. »
Difficile d’être plus clair.
Danault ne réclame rien publiquement.
Aucune pression. Aucun ultimatum. Seulement l’envie de poursuivre l’aventure avec l’équipe de son enfance.
Pour un joueur qui avait quitté Montréal à l’été 2021 après des négociations qui n’avaient jamais véritablement abouti, le revirement est frappant.
La boucle s’est refermée plus vite que plusieurs l’auraient imaginé.
Son retour a ramené beaucoup plus qu’un simple centre défensif.
Le Canadien a retrouvé un leader silencieux, un joueur qui comprend parfaitement la réalité du marché montréalais et qui n’a jamais fui cette pression.
Au contraire, il affirme aujourd’hui qu’elle lui avait manqué.
« Les gens sont vraiment reconnaissants. Ils nous remercient et c’est beau à voir. Les gens sont passionnés et prennent ça à cœur. Je m’ennuyais de ça. Avec l’équipe qu’on a, en plus, on n’a pas fini d’en entendre parler. »
Ce sont des paroles qui risquent de faire sourire Kent Hughes autant que Martin St-Louis.
À l’aube de la prochaine saison, Danault deviendra également le joueur le plus âgé du vestiaire du Canadien à la suite du départ de Brendan Gallagher.
Un rôle qui lui va parfaitement. Les jeunes l’écoutent. Les entraîneurs lui font confiance dans toutes les situations. Les partisans savent exactement ce qu’ils obtiennent lorsqu’il saute sur la glace.
Son prochain plateau ajoute encore davantage de poids à cette histoire.
Danault compte déjà 786 matchs en saison régulière dans la LNH. Le cap des 800 rencontres sera franchi rapidement et il avoue lui-même ne jamais avoir rêvé d’une telle carrière.
« Ça veut dire beaucoup, quand même. Il y a tellement de travail derrière ça, et ça ne compte pas les matchs de séries, ni ceux en présaison. J’ai joué tellement de hockey dans ma vie et jamais je n’aurais pu penser jouer pour le Canadien de Montréal, ni même dans la LNH. Me voilà maintenant 800 matchs plus tard et je roule encore ma bosse. C’est beaucoup de fierté, encore plus à Montréal. C’est tout un honneur de jouer là. »
Le parcours de Danault mérite d’ailleurs qu’on s’y arrête.
Choix de première ronde des Blackhawks en 2011, il a dû patienter dans la Ligue américaine avant de trouver sa place dans la LNH.
Échangé au Canadien en 2016, il est devenu un pilier de l’équipe pendant cinq saisons avant de poursuivre sa carrière à Los Angeles.
Même avec les Kings, son identité est demeurée la même… un centre responsable, utilisé contre les meilleurs trios adverses, capable de produire offensivement sans jamais sacrifier son jeu défensif.
Aujourd’hui, l’histoire le ramène exactement là où il souhaitait être.
Les chiffres ne racontent jamais tout, mais ils parlent quand même.
Plus de 780 matchs dans la LNH, plus de 400 points en carrière et déjà 81 rencontres éliminatoires derrière la cravate.
Ce n’est pas un vétéran qui cherche une dernière paie. C’est un joueur qui veut voir le projet de reconstruction du Canadien se transformer en véritable fenêtre pour gagner la Coupe Stanley.
Kent Hughes n’est évidemment pas obligé de régler ce dossier dès maintenant. Il reste une saison complète avant l’échéance de son contrat et beaucoup de hockey sera joué d’ici là.
Reste que le directeur général vient de recevoir un message qui ne pouvait pas être formulé avec plus de respect. Danault veut demeurer à Montréal… et il le dit avec son cœur plutôt qu’avec son portefeuille.
Parfois, les décisions les plus importantes commencent simplement par quelques mots sincères.
À suivre…
