Ça commence déjà à chauffer autour du duel entre Nick Suzuki et Tage Thompson.
Entendre à TVA Sports que Suzuki pourrait “mettre Thompson dans sa poche arrière”, ça commence à ressembler à une dangereuse sous-estimation des Sabres de Buffalo.
On parle quand même d’un monstre offensif de 6 pieds 7 pouces qui peut changer une série à lui seul.
Oui, Suzuki a été exceptionnel défensivement contre Anthony Cirelli et le Lightning de Tampa Bay. Oui, il a joué du hockey extrêmement mature. Oui, il a accepté des missions défensives difficiles pendant toute la série.
Mais Thompson, ce n’est pas Cirelli.
Et c’est là où certains discours deviennent complètement ridicules.
Parce que dire qu’un joueur comme Suzuki va simplement “mettre Thompson dans sa poche arrière”, comme s’il s’agissait d’un attaquant secondaire qu’on peut effacer du match, ça démontre à quel point plusieurs, au Québec, semblent encore mal mesurer la puissance offensive de Buffalo.
Thompson est capable de détruire un match en deux présences.
Son tir est probablement l’un des plus dangereux de toute la Ligue nationale.
Sa portée est la plus dangereuse de toute la LNH.
Son contrôle de rondelle est cauchemardesque à cause de sa grandeur.
Et surtout, il arrive dans cette série avec une confiance énorme après une saison dominante.
Même Antoine Roussel de TVA Sports a été arrogant en rappelant que Thompson n’est pas reconnu comme une machine défensive et qu’il n’a jamais été vu comme un candidat au Selke. Mais ensuite, la discussion a complètement dérapé quand il a lancé :
“Je pense que Suzuki peut le mettre dans sa poche arrière.”
Sérieusement?
On parle d’un joueur qui peut marquer de partout sur la glace, qui attire trois joueurs sur lui en avantage numérique et qui transforme chaque entrée de zone en crise de panique pour la défensive adverse.
Évidemment, cette phrase circule déjà dans le vestiaire des Sabres. Et inutile de vous dire que les joueurs ennemis sont outrés à l'idée que Thompson soit traité de la sorte dans les médias québécois.
L’équipe entière joue avec un immense singe sur l’épaule. (monkey in the back). Rasmus Dahlin n’a jamais oublié les fans du CH envahir son amphithéâtre d'une vague rouge. Lindy Ruff joue déjà dans la tête de Martin St-Louis en affirmant qu'il veut jouer de la manière la plus robuste qui soit.
. Zach Benson dérange tout ce qui bouge et fait perdre la tête aux vétérans adverses, lui qui se fait appeler "le rat".
Et maintenant, voilà qu’on commence presque à traiter Thompson comme un joueur qu’on va neutraliser facilement.
C’est exactement le genre de commentaire qui nourrit une équipe.
La vérité est que Suzuki va devoir survivre à une série tellement physique et étouffante. Buffalo possède probablement le quatuor défensif le plus massif encore vivant en séries avec Rasmus Dahlin, Owen Power, Mattias Samuelsson et Bowen Byram.
Il n’y aura aucun espace.
Chaque rondelle libre va devenir une bataille.
Chaque présence contre Thompson va être épuisante physiquement.
Et même si Suzuki est devenu un centre élite responsable dans les deux sens de la patinoire, penser qu’il va simplement “mettre Thompson dans sa poche” comme si la série allait tourner autour d’un seul duel individuel… ça simplifie énormément ce qui s’en vient.
Buffalo n’est plus l’équipe molle et désorganisée des dernières années.
Cette équipe frappe.
Cette équipe patine.
Cette équipe-là joue avec arrogance.
Et surtout, cette équipe-là commence sérieusement à sentir qu’au Québec, plusieurs continuent de ne pas les prendre totalement au sérieux.
Quand une équipe est outrée... elle explose...
