Honte à Alexandre Texier: il abandonne son équipe

Honte à Alexandre Texier: il abandonne son équipe

Par David Garel le 2026-02-17

C’est un fiasco complet. Pas une simple élimination. Pas une participation honorable. Un fiasco, de bout en bout, sportif, symbolique et humain.

La France quitte ces Jeux olympiques de Milan-Cortina dans le désordre le plus total, et ce qui devait être une vitrine pour le hockey français s’est transformé en séance d’humiliation publique.

Commençons par l’essentiel : Alexandre Texier.

Le seul joueur actif de la LNH dans cette formation. Le visage du programme. Le « go-to guy ». Celui qu’on attendait dans les moments difficiles.

Résultat : zéro point en quatre matchs.

Quatre défaites.

Un différentiel catastrophique.

Aucun impact offensif.

Aucune prise de contrôle émotionnelle.

Ses chiffres parlent d’eux-mêmes :

4-0 contre la Suisse : 0 point, -1

6-3 contre la Tchéquie : 0 point, -2

10-2 contre le Canada : 0 point, -5

5-1 contre l’Allemagne : 0 point, -2

Et surtout, une attitude qui a fait exploser les médias français.

Après s’être fait massacrer 10-2 par le Canada, Texier n’a pas parlé de honte. Pas parlé de colère. Pas parlé d’humiliation. Il a dit que c’était « beau à voir ». Il a expliqué que « ce n’est pas le même sport » quand on réunit toutes les stars de la LNH. Il a parlé d’apprentissage. De caractère. De positivisme.

Une entrevue de perdant.

Quand tu es le meilleur joueur de ton pays, quand tu viens de manger un 10-2, tu ne dis pas que c’était beau. Tu dis que ça fait mal. Tu dis que c’est inacceptable. Tu dis que tu es enragé.

Texier, lui, a admiré le spectacle.

Et c’est exactement ce que la France ne lui pardonne pas.

On lui reproche déjà d’avoir été trop périphérique contre la Suisse. Trop effacé contre la Tchéquie. Spectateur contre le Canada

. On lui reproche cette séquence honteuse où il reste à l’extérieur d’une mêlée, appuyé sur son bâton, pendant que ses coéquipiers se battent devant le filet. On lui reproche son manque de feu, son absence de rage, son incapacité à prendre l’équipe sur ses épaules.

Mais surtout, on lui reproche son ton.

Parce qu’un leader ne banalise pas une claque de 10-2.

Un leader ne transforme pas une humiliation olympique en expérience esthétique.

Voilà pourquoi, en France, on parle déjà de déception majeure du tournoi.

Et comme si ce naufrage sportif ne suffisait pas, la Fédération française a ajouté sa propre couche de ridicule.

L’épisode Pierre Crinon restera comme l’un des moments les plus absurdes de ces Jeux.

Après son coup dangereux sur Nathan MacKinnon, sa bagarre avec Tom Wilson et son expulsion, Crinon a fait des gestes à la foule en quittant la glace.

Et là, la Fédération française a décidé de le suspendre… non pas pour ce qui s’est passé sur la patinoire, mais pour son comportement hors glace.

Oui. Suspendu par sa propre fédération. Pour avoir nargué les spectateurs.

Un geste que même les joueurs français ont trouvé ridicule.

Selon Renaud Lavoie, cette décision est incompréhensible :

« Là où je suis déboussolé, ce n’est pas que Crinon et Wilson ne soient pas suspendus. C’est que la Fédération française suspende Crinon. Pas pour les gestes sur la glace, pour les gestes hors glace. »

Et il a ajouté, sans détour :

« Ce n’est pas à elle de commencer à laver plus blanc que blanc. »

Traduction : pendant que ton équipe coule, tu punis ton joueur pour une mimique.

Gestion catastrophique.

Comme si on cherchait un bouc émissaire pour masquer l’évidence : la France n’avait pas sa place dans ce tournoi.

Tout le monde le savait. Même les dirigeants français l’admettaient à demi-mot : sans l’exclusion de la Russie, la France ne serait même pas là. Et sur la glace, ça s’est vu à chaque présence.

Manque de talent.

Manque de structure.

Manque de profondeur.

Et au sommet de tout ça, un Texier incapable d’élever son jeu quand ça compte.

Premier joueur du CH éliminé.

Zéro point.

Image ternie.

Crédibilité ébranlée.

Entre son tournoi invisible, son entrevue jugée indigne d’un leader, et la gestion clownesque de la fédération avec Crinon, c’est toute la délégation française qui repart avec une étiquette lourde : celle du ridicule.

La vérité est brutale, mais nécessaire :

Honte à la Fédération.

Honte à cette gestion amateur.

Et oui, honte à Alexandre Texier pour avoir incarné l’effacement au moment précis où son pays avait besoin d’un combattant.

Ce n’était pas un tournoi d’apprentissage.

C’était un procès.

Et la France l’a perdu sur toute la ligne.