Pendant que le Centre Bell explosait de bonheur, pendant que Kirby Dach vivait probablement l’un des moments les plus émotifs de sa carrière après l’enfer des derniers jours, pendant que les partisans répondaient avec cœur à l’appel de Martin St-Louis de “se serrer les coudes”, il fallait évidemment qu’il y ait quelqu’un pour essayer de ramener toute l’ambiance dans le négatif.
Et encore une fois, c’est Simon-Olivier Lorange qui a tenté de jouer ce rôle de perdant.
La scène était presque malaisante.
Toute la soirée venait de devenir une immense réponse humaine à ce qui s’était passé avec Dach. Le joueur avait été détruit publiquement après le match numéro deux.
Sa conjointe avait été attaquée. Les réseaux sociaux étaient devenus toxiques. Martin St-Louis avait pratiquement pris le rôle de bouclier humain devant son joueur pendant deux jours complets.
“Je ne laisserai pas tomber un joueur”, avait-il essentiellement répété à sa manière.
Et vendredi soir, tout le monde avait embarqué ensemble.
La foule avait scandé “Kirby! Kirby! Kirby!” dès l’échauffement.
Le vestiaire l’avait soutenu.
Ses coéquipiers l’avaient défendu.
Et lui avait répondu avec un but, une passe et un match gigantesque.
C’était exactement le genre de soirée qui dépasse le hockey.
Mais malgré ça, après le match, Lorange a encore tenté de tirer la conversation vers ce qui allait moins bien.
D’abord avec l’avantage numérique.
“L’exécution du premier trio et de l’avantage numérique, on sentait que c’était moins efficace ce soir. Qu’est-ce que tu sens qui cloche pour ton avantage numérique présentement?”
Puis ensuite avec une autre tentative encore plus évidente :
“On a vu Cole Caufield qui n’a pas réussi à tirer en échappée. Suzuki qui était peut-être moins décisif avec la rondelle. Est-ce que tu les sens nerveux?”
Avancez la vidéo à 34:30 pour entendre le journaliste gâcher la fête:
Écoutez les disponibilités médias suivant le match 3 de ce soir contre Tampa Bay
— x - Canadiens Montréal (@CanadiensMTL) April 25, 2026
Tune in now to live postgame media ops following tonight’s Game 3 against the Lightning#GoHabsGo https://t.co/Wl30h0T1I3
Sérieusement…
Le Canadien venait de gagner un match de séries en prolongation.
Lane Hutson venait de faire exploser le Centre Bell.
Dach venait de compléter l’un des plus gros revirements émotionnels de l’année à Montréal.
Et lui cherchait encore à installer le narratif du malaise, du stress, du problème offensif.
Mais ce qui a frappé, c’est à quel point Martin St-Louis lui a répondu avec calme et classe.
Sans arrogance.
Sans attaque.
Sans embarquer dans le piège.
“En avantage numérique, on a eu nos chances… Des fois, tu ne fais juste pas scorer. Le gardien fait des gros arrêts.”
Puis surtout cette réponse-là, sèche, simple, presque parfaite quand Lorange lui a demandé s'il s'inquiétait pour Caufield et Suzuki. :
“Non, ce n’est pas une game facile.”
Point final.
Pas de drame.
Pas de panique.
Pas de crise inventée.
Et honnêtement, on comprend de plus en plus pourquoi la relation semble glaciale entre St-Louis Lorange.
Parce qu’au lieu de sentir le moment, au lieu de comprendre l’émotion de la soirée, Lorange cherche toujours le nuage noir même au milieu d’une victoire gigantesque.
Vendredi soir, Montréal célébrait un joueur qui s’était relevé publiquement devant toute la province.
Martin St-Louis, lui, protégeait encore ses gars.
Et pendant ce temps-là, certains cherchaient encore ce qui “clochait”.
