Honte sportive: Arber Xhekaj perd sa dignité face à Martin St-Louis

Honte sportive: Arber Xhekaj perd sa dignité face à Martin St-Louis

Par David Garel le 2026-02-03

C’est le point de non-retour. Pas une mauvaise soirée. Pas un message temporaire. Une rupture nette, irréversible, exposée au grand jour hier au Minnesota entre Martin St-Louis et Arber Xhekaj.

5 minutes 51 secondes de temps de jeu pour un défenseur dans un match de la LNH. Sept présences. Une présence symbolique en troisième période, histoire de dire qu’il n’a pas été cloué au banc pendant 60 minutes complètes. Ce n’est plus de la gestion. C’est de l’humiliation fonctionnelle.

À ce stade-ci, il faut arrêter de tourner autour du pot : le Canadien de Montréal ne peut pas continuer à jouer à cinq défenseurs. Ça ne se fait pas. Ça n’existe pas dans une ligue où l’usure, les séquences prolongées et les ajustements dictent les matchs.

Quand un défenseur est habillé mais n’existe pas, l’équipe s’auto-handicape. Et quand cet handicap est volontaire, répété, assumé, le problème n’est plus le joueur : c’est la relation.

On comprend mieux pourquoi le CH cherche activement un défenseur sur le marché, idéalement droitier. Pas par caprice. Par nécessité.

Parce que Xhekaj, dans l’écosystème actuel, ne peut plus jouer. Pas avec ce coach. Pas dans ce cadre. Pas dans une équipe qui se voit déjà comme une formation de l’Est qui vise haut. Tu ne peux pas demander à un gars de vivre ce traitement-là, match après match, sans que ça éclate.

Reprenons les faits, froidement. 5:51. 7 présences. Zéro confiance. Zéro rôle. Zéro marge. Il a servi de piquet au banc, littéralement.

Le genre de présence humaine qui sert à délimiter les trios, pas à jouer. On lui donne une présence tardive pour cocher une case, pas pour contribuer. Dans le langage de la LNH, ça veut dire une chose : le coach ne te veut plus.

Et soyons honnêtes jusqu’au bout : Xhekaj ne peut pas vivre ça. Aucun joueur fier, aucun athlète compétitif, aucun gars conscient de sa valeur, même imparfaite, n’accepte d’être traité comme un figurant. Ce n’est pas une question d’ego. C’est une question de dignité professionnelle. Quand ton entraîneur te méprise sur la glace, le vestiaire le sent, la ligue le voit, et ta valeur fond.

Voilà pourquoi cette situation est devenue intenable pour toutes les parties. Le Canadien ne peut pas continuer à s’exposer ainsi. Xhekaj ne peut pas continuer à s’éteindre publiquement. Et Martin St-Louis ne reviendra pas en arrière. Il a fait son choix. Les minutes ne mentent jamais.

La suite logique? Elle est brutale. Arber Xhekaj ne sera pas de retour à Montréal. Pas parce qu’il est incapable de jouer dans la LNH, mais parce que son profil est incompatible avec la vision actuelle.

On ne sait même plus si le CH ira jusqu’à lui soumettre une offre qualificative. Oui, on en est là. Quand un joueur RFA devient un poids relationnel, les équipes coupent. Elles avancent. Elles protègent leur structure.

Et même dans l’hypothèse où le Canadien irait jusqu’à lui soumettre une offre qualificative, le dossier ne se réglerait pas pour autant.

Au contraire. Arber Xhekaj deviendrait immédiatement une cible sur le marché des offres hostiles, parce que son profil reste extrêmement recherché dans une ligue de plus en plus à la recherche de protéger ses jeunes vedettes : intimidation, présence dissuasive, capacité de protéger les vedettes, identité claire.

Il y a des équipes qui veulent exactement ça, et qui sont prêtes à payer pour. D’autant plus que le clan Xhekaj ne cache plus ses intentions : Arber vise une augmentation salariale importante. On parle d’un joueur issu d’un milieu modeste, profondément marqué par l’idée de sécurité financière, qui veut assurer l’avenir de sa famille et ne se contentera pas d’un salaire autour de 1,3 M$.

Le chiffre qui circule est clair : au moins 2 M$ par saison. Le problème pour Montréal, c’est double. D’abord, on voit mal comment le Canadien peut justifier ce salaire pour un joueur utilisé cinq ou six minutes par match. Ensuite, égaler une offre hostile enfermerait l’organisation dans une impasse stratégique : un joueur impossible à échanger pendant un an, alors que la relève arrive à grands pas.

Adam Engström pousse déjà à la porte. David Reinbacher suivra. L’espace va se resserrer. Et dans ce contexte-là, garder Xhekaj sous contrainte contractuelle devient un non-sens sportif... et humain.

Ce n’est pas un accident isolé. C’est l’aboutissement d’un malaise qui dure. Chaque match avec 8, 7, puis 5 minutes est une pelletée de terre de plus. Et hier, au Minnesota, le cercueil s’est refermé. Pas besoin d’annonce officielle. Pas besoin de communiqué. La LNH fonctionne au temps de glace, et 5:51, c’est une sentence.

Il faut aussi arrêter de faire semblant que cette rupture est récente. La relation entre Martin St-Louis et Arber Xhekaj est brisée depuis longtemps.

Les signaux étaient là, publics, répétés. Les critiques ouvertes sur ses « erreurs niaiseuses ». L’irritation constante face à ses pénalités jugées inutiles. Le malaise autour de son image, de ses campagnes marketing liées au shérif, de tout ce qui sortait du cadre strictement hockey.

St-Louis n’a jamais été à l’aise avec ce qu’il percevait comme une disctraction pour la chambre, au point de dire devant les journalistes que personne ne l'appelait "le shérif" dans le vestiaire. Cole Caufield avait contredit son coach en avouant que tous ses coéquipiers l'appelait ainsi.

St-Louis n'a jamais été capable de respecter Xhekaj. Telle est la réalité.

Le match au Minnesota n’a pas créé la fracture : il l’a simplement rendue impossible à nier. Quand un entraîneur en arrive à mépriser son joueur au point de le faire jouer 5 minutes, ce n’est plus de la pédagogie. C’est une décision finale.

La fin de Xhekaj à Montréal ne sera pas dramatique. Elle sera froide, administrative, inévitable. Une transaction. Une non-qualification. Une page tournée sans émotion.

Mais ne nous trompons pas : ce qui s’est passé hier est une honte sportive. Pour le joueur. Pour la gestion du banc. Pour l’idée même d’un effectif équilibré.

Bang. Le verdict est tombé. Et il est sans appel.