Injustice pour Arber Xhekaj: Martin St-Louis voit rouge

Injustice pour Arber Xhekaj: Martin St-Louis voit rouge

Par David Garel le 2026-04-23

Même Martin St-Louis commence à perdre patience. Derrière son calme habituel et ses réponses calculées devant les médias, la frustration est devenue impossible à cacher concernant le traitement réservé à son “shérif”, Arber Xhekaj.

À force de voir son défenseur puni différemment des autres joueurs de la LNH, le message envoyé par la Ligue devient de plus en plus clair : Xhekaj n’est pas arbitré comme tout le monde.

Et après le dernier match, plusieurs autour des Canadiens de Montréal avaient l’impression que le deux poids, deux mesures était devenu carrément indéfendable.

Pendant que certains vétérans établis comme Corey Perry peuvent brasser, intimider, provoquer ou jeter les gants contre Alexandre Carrier alors qu'il ne voulait pas se battre, avec pratiquement aucune conséquence, Xhekaj, lui, semble jouer avec une cible dans le dos à chaque présence.

Maxim Lapierre a explosé publiquement en dénonçant une gestion “pas fair pantoute” du dossier Xhekaj par les arbitres.

Martin St-Louis partage cette colère. Parce qu’à un moment donné, comment veux-tu qu’un joueur développe son identité physique si chaque geste robuste risque automatiquement de lui valoir un cinq minutes, un dix de conduite ou une réputation impossible à effacer?

Ce qui est reproché à Xhekaj depuis son arrivée dans la Ligue nationale, ce n’est pas seulement son style physique. C’est son identité même. Il est étiqueté. Catalogué. Dès qu’il brasse un peu, dès qu’il élève le ton, dès qu’il regarde croche un adversaire, les arbitres interviennent immédiatement comme s’ils attendaient juste une excuse pour lui tomber dessus.

Lapierre l’a parfaitement résumé :

“Tu fais le même jeu que Corey Perry a fait… Xhekaj aurait eu la pénalité majeureé Il aurait eu un cinq minutes, et un dix minutes de mauvaise conduite.”

Et c’est exactement ça qui choque.

Quand Corey Perry laisse tomber les gants et donne un coup poing à Alexandre Carrier alors que celui-ci garde encore ses gants, il s’en sort pratiquement sans conséquences majeures. (cela devrait être un 5 minutes)

Mais si Xhekaj fait exactement la même chose? Tout le monde connaît déjà le scénario. L’arbitre l’expulse immédiatement.

La LNH ouvre peut-être même un dossier disciplinaire. Les analystes de Toronto commencent à parler de “joueur dangereux”. Et les médias américains repartent encore avec le vieux narratif du défenseur incontrôlable.

C’est cette absence totale de marge de manœuvre qui commence à rendre fou le clan montréalais.

Lapierre allait encore plus loin en donnant un autre exemple complètement révélateur :

“Imagine Kucherov qui regarde l’arbitre dans les yeux puis qui fait semblant de slapper ça dessus. Si c’est Xhekaj qui fait ça… tu vas me dire qu’il n’y a rien?”

Renaud Lavoie approuve:

« Corey Perry, si on mettait une caméra sur lui, à chaque présence, il fait quelque chose d'illégal. Il y a des doubles standards dans cette ligue-là : Nikita Kucherov a fait semblant d'envoyer un slap shot sur le juge de ligne parce qu'il n'est pas content, c'est là le danger. Le Lightning fait tellement de « sparages » que les officiels ne fournissent plus et ne veulent pas lever le bras à chaque présence. »

Exactement.

Nikita Kucherov peut se permettre certains gestes d’arrogance ou d’intimidation émotionnelle parce qu’il est une superstar établie.

Xhekaj, lui, n’a pas ce privilège. Lui, il doit constamment marcher sur des œufs. Chaque présence devient un test. Chaque mise en échec devient une analyse. Chaque mêlée devient une occasion potentielle de le punir plus sévèrement qu’un autre.

Ça commence sérieusement à déranger St-Louis qui s'est plaint à plusieurs reprises aux arbitres. Les dirigeants du CH ont même envoyé un message à la LNH à ce sujet.

À force de traiter un joueur différemment, la Ligue finit par créer elle-même le problème qu’elle prétend vouloir contrôler.

Xhekaj joue déjà avec un frein mental énorme. Il sait qu’il ne peut pas réagir comme les autres. Il sait qu’il est surveillé différemment. Il sait qu’au moindre débordement, les conséquences seront plus lourdes pour lui que pour un vétéran reconnu ailleurs dans la Ligue.

Lapierre l’a dit sans détour :

“C’est toujours la même affaire pour les deux équipes, mais gérer un joueur différemment parce que c’est un non-name théoriquement dans la Ligue nationale, ça, je trouve pas ça fair pantoute.”

Et ce mot-là est important : “non-name”.

Les joueurs comme Xhekaj doivent pratiquement demander la permission avant de jouer avec émotion ou intensité.

Le plus ironique dans tout ça, c’est que la Ligue dit constamment vouloir plus d’émotion, plus de rivalités, plus de personnalité.

Arber Xhekaj ne demande pas un traitement de faveur. Il demande simplement le même traitement que les autres.

On en a marre de la tricherie...