On oublie parfois à quel point les trajectoires en sport peuvent virer de bord en quelques semaines, presque comme une série télévisée où l’on croyait connaître la fin avant que l’intrigue n’explose au visage.
Juraj Slafkovský, tant critiqué, tant scruté, tant comparé à Logan Cooley, est en train de transformer le hockey montréalais d’une manière que personne n’aurait pu prévoir en août dernier.
Ce qui devait être une saison de doutes est devenu un gigantesque retournement de situation, si spectaculaire qu’Amazon Prime Video a décidé de coller ses caméras derrière lui, de filmer ses déplacements, de filtrer chaque interaction, chaque moment, chaque respiration de celui qui, désormais, est le phénomène médiatique du Canadien de Montréal.
Oui, vous avez bien lu : Slafkovský est officiellement devenu le “talk of the league”, un joueur que les plus grandes plateformes veulent suivre comme une star hollywoodienne, un attaquant que les dépisteurs comparent maintenant ouvertement à Jaromir Jagr pour sa combinaison unique de puissance, contrôle de la vitesse et domination physique.
Le Slovaque, moqué pour son irrégularité et son apprentissage lent, est désormais convoqué dans la même phrase que l’un des plus grands joueurs de l’histoire du hockey, et soudain, son contrat de 7,6 millions par année pendant huit saisons ne semble plus seulement raisonnable : il paraît insensé, démesuré, honteusement avantageux pour le Canadien.
L’ironie, c’est qu’en début de saison, Slafkovský était encore celui qui « faisait des cauchemars » à regarder Logan Cooley tout écraser. Cooley avait pris la tête de leur cuvée 2022, avait signé un contrat de 80 millions, avait marqué quatre buts dans un match historique, et la conversation à Montréal tournait entièrement autour de l’erreur supposée du CH, de la vision manquée, de cette fameuse obsession de Kent Hughes pour Kirby Dach et Alex Newhook.
Puis, Slafkovský a failli perdre tellement plus qu’un débat statistique : un accident d’auto lors du premier match de l'année, aurait pu faire trembler toute la province.
Plus de peur que de mal, mais un électrochoc, un rappel brutal de la fragilité de ces carrières... et de la vie...
Depuis ce soir-là, Slafkovský n’est plus le même homme.
Wow. Les médias n'étaient pas au courant.de son accident d'auto. Imaginez le scandale à Montréal. Quel travail des relations publiques du CH pour cacher cette bombe. Mais la vérité a enfin été diffusée:
In a new NHL profile video, Juraj Slafkovsky says he got “hit” driving to the first Habs home game of the season.
— /r/Habs (@HabsOnReddit) January 5, 2026
So Ivan Demidov started driving him to the Bell Centre. pic.twitter.com/gYImsByPBW
Ce qui aurait dû être une distraction a forgé un monstre. On l’a vu ensuite, débarquer au Centre Bell, encore légèrement secoué, transporté par Ivan Demidov lui-même, comme si le prodige russe avait compris qu’il ne se contentait pas de rejoindre Montréal : il s’invitait dans une histoire plus grande que lui.
Imaginez devenir le chauffeur personnel de Juraj Slafkovsky.
Prime Video, déjà aux aguets pour un documentaire sur l’intimité du CH, ne pouvait pas rêver meilleur pivot narratif : la star sous-payée, le jeune prodige russe, les caméras qui filment leur arrivée, et cette scène presque irréelle où l’on aperçoit Cole Caufield et Kaiden Guhle marchant dans la rue, chacun une pizza chaude à la main, comme si la vie autour de Slafkovský continuait d’être un mélange de simplicité et de rock star incroyable.
Juraj Slafkovsky was being filmed by NHL cameras during game day in Montreal and his Habs teammates Cole Caufield & Kaiden Guhle walked by with pizzas 🍕 pic.twitter.com/louXXVDml2
— /r/Habs (@HabsOnReddit) January 5, 2026
Et pendant qu’on scrutait ces détails croustillants qui alimentent un documentaire, Slafkovský gagnait le plus important débat de sa carrière : celui qui l’opposait à Logan Cooley.
Pas sur la glace seulement.
Pas dans les statistiques seulement.
Dans la valeur réelle.
Dans ce que vaut un joueur quand on pense à la prochaine décennie, à la construction d’une franchise, à l’impact profond qu’il peut avoir sur un club qui cherche désespérément un phare dans la tempête.
Parce qu’il faut bien le dire : Cooley est tout un joueur de hockey. Personne ne conteste son talent, ses mains, sa vitesse, sa vision. Mais Cooley coûte 10 millions par année, et il devra produire comme une superstar pour justifier ce salaire.
Slafkovský, lui, coûte 7,6 millions pour ses huit prochaines années, et il est en train de devenir le prototype exact du joueur que toutes les équipes cherchent lors des séries éliminatoires : un ailier de puissance rare, un unicorn moderne, un gars de 6’3’’ qui bouge comme un ailier élite, qui gagne les batailles, qui étouffe des défenseurs, qui crée des ouvertures pour Demidov et Kapanen, qui accélère mentalement plus vite que tout le monde.
Les paroles de Martin St-Louis à Dallas ont enflammée le Québec.
Slafkovský contrôle enfin la vitesse.
Il comprend le rythme du jeu.
Le hockey commence à ralentir dans sa tête.
Et quand ça arrive, tout se débloque.
Cinq matchs consécutifs d’au moins un point dans un voyage exigeant.
Cinq buts, six passes, onze points.
Un total déjà de 32 points en 42 matchs.
Une projection qui l’envoie tout droit vers la première saison de 60 points de sa carrière.
Un premier choix overall qui joue enfin comme un premier choix overall.
Et voilà pourquoi son salaire, autrefois pointé du doigt, est devenu un joyau. 7,6 millions par année pour un joueur qui ressemble de plus en plus à Jagr, physiquement et stylistiquement? On appelle ça un vol
Son agent, aujourd’hui, doit s’en mordre les doigts. Son contrat va devenir l’un des plus avantageux de toute la LNH. Et le Canadien, pour la première fois depuis longtemps, a gagné quelque chose dans ce jeu financier brutal : une superstar en devenir au prix d’un joueur de soutien.
Pendant que Cooley portera le fardeau d’un contrat de franchise player, Slafkovský va se transformer tranquillement, inévitablement, en un monstre de série qui dominera par la force, par le contrôle, par la constance.
Le revirement de situation est donc total, absolu, presque Hollywoodien.
Les caméras de Prime Video n’auraient pas pu écrire un scénario plus parfait.
Et pendant que Montréal découvre son deuxième trio explosif (Demidov, Kapanen et Slafkovský), une seule certitude s’impose : si Slafkovský continue sur cette lancée, son contrat va entrer dans la même catégorie que ceux de Nathan MacKinnon et Nikita Kucherov à leurs débuts. Une bénédiction comptable.
Mettre la main sur un monstre pour seulement 7,6 millions par année... ça n'a pas de prix.
Mais un accident d'auto peut coûter cher. Attention...
