Une transaction ne se fait jamais toute seule.
Derrière chaque bombe échangée dans la LNH, il y a une chaîne d’événements, des décisions prises des semaines ... parfois des mois ... plus tôt, et des directeurs généraux qui déplacent des pièces sans savoir exactement quel effet domino ils déclenchent.
Dans le cas d’Artemi Panarin à Los Angeles, le fil conducteur mène directement à Montréal.
Et le nom qui revient, qu’on le veuille ou non, c’est Kent Hughes.
Retour rapide sur la bombe du jour.
Les Rangers ont finalement appuyé sur le bouton rouge et ont expédié Artemi Panarin aux Kings, avec 50 % de son salaire retenu.
Un geste spectaculaire, mais aussi révélateur : New York voulait tourner la page, et Los Angeles voulait marquer plus de buts, maintenant.
Mais voilà :
Los Angeles n’avait pas, il y a quelques semaines, la flexibilité salariale nécessaire pour absorber un contrat comme celui de Panarin, même à moitié prix. Et c’est là que la transaction de Philippe Danault entre en jeu.
Au mois de décembre, Kent Hughes a rapatrié Danault à Montréal… sans aucune retenue salariale.
Un contrat de 5,5 millions par saison a quitté les livres des Kings d’un seul coup.
À ce moment-là, la manœuvre semblait banale : un centre fiable qui revient au bercail.
Avec le recul, elle devient la clé mathématique de la transaction Panarin.
Regardons les chiffres.
Panarin, avec 50 % du salaire retenu par New York, coûte environ 5,8 millions sur la masse salariale des Kings.
Danault en coûtait 5,5 millions.
Autrement dit, Los Angeles a littéralement échangé un centre défensif contre une superstar offensive… sur la masse salariale.
Et cette possibilité-là, c’est Kent Hughes qui l’a créée.
Sans cette transaction de décembre, Ken Holland n’aurait jamais eu la marge nécessaire pour absorber Panarin aujourd’hui.
Sans cette marge, la discussion avec New York s’arrêtait net.
Sans cette discussion, Panarin serait encore à Manhattan.
C’est pour ça que le nom de Kent Hughes surgit dans ce dossier.
Pas parce qu’il a appelé les Rangers.
Pas parce qu’il a négocié Panarin.
Mais parce qu’il a déplacé la pièce qui a rendu l’échange possible.
Un pion majeur, pas un figurant.
Et pendant ce temps-là, à New York, la colère gronde.
Le retour pour Panarin est jugé faible :
un espoir repêché en fin de première ronde, un choix de troisième ronde et un choix de quatrième ronde.
Rien qui ressemble à la valeur d’un joueur capable de changer un match à lui seul.
Mais les Rangers n’avaient plus beaucoup de levier.
Le contrat était lourd.
La relation semblait usée.
Et la possibilité de retenir 50 % du salaire ouvrait enfin une porte vers un partenaire sérieux.
Encore une fois, cette porte-là mène indirectement à Montréal.
Ce que cette histoire montre, surtout, c’est à quel point le marché de la LNH fonctionne par effet domino.
Un DG bouge un joueur en décembre.
Un autre DG exploite cet espace en février.
Un troisième DG sacrifie une vedette pour tourner la page.
Résultat : une bombe explose… et le Canadien n’est même pas officiellement impliqué dans l’échange.
Kent Hughes n’a pas obtenu Panarin.
Kent Hughes n’a pas négocié avec les Rangers.
Mais Kent Hughes a libéré exactement l’espace nécessaire pour que Panarin atterrisse en Californie.
Voilà pourquoi son nom se retrouve aujourd’hui associé à cette transaction monstre.
Dans l’ombre, le DG du Canadien vient de prouver une chose :
une transaction ne se mesure pas seulement à ce qu’on reçoit, mais aussi à ce qu’on rend possible ailleurs dans la ligue.
Danault à Montréal.
Panarin à Los Angeles.
Et un lien invisible entre les deux.
Dans la LNH moderne, le vrai pouvoir ne se voit pas toujours dans les communiqués de presse.
Parfois, il se cache dans une ligne de masse salariale effacée trois mois plus tôt.
