Nick Suzuki n’a pas annoncé une nouvelle formation officielle… mais ses paroles donnent une sacrée bonne idée de ce qu’il aimerait voir autour de lui lorsque les vrais matchs commenceront.
Et dans cette histoire, Chris Kreider pourrait bien être la pièce qui change complètement le casse-tête de Martin St-Louis.
À quelques jours du début de la saison, le capitaine du Canadien a été questionné sur son nouveau compagnon de trio et, plutôt que de simplement vanter les qualités générales du vétéran de 35 ans, Suzuki a décrit très précisément ce que Kreider peut apporter à sa ligne avec Cole Caufield.
Le genre de réponse qui paraît bien tranquille devant les micros, mais qui fait travailler les méninges lorsqu’on commence à regarder ce que ça signifie pour la suite.
Suzuki a d’abord expliqué que l’objectif était de rendre Kreider confortable dans le système du Canadien, surtout parce que le trio n’a pas encore eu énormément de répétitions ensemble.
Puis, il a mis le doigt sur une qualité qui pourrait faire une énorme différence : la présence de Kreider devant le filet.
« Chris aime envoyer les rondelles vers le filet, les rediriger ou les frapper, se battre pour les retours et aller chercher des rondelles près du filet », a expliqué Suzuki.
Depuis quelques saisons, le Canadien a souvent cherché à maximiser le talent de Suzuki et Caufield en leur permettant de jouer avec un attaquant capable de compléter leurs séquences offensives.
Juraj Slafkovsky a occupé cette place et son développement demeure évidemment une priorité, mais l’arrivée de Kreider donne maintenant à St-Louis une option complètement différente.
Un joueur imposant, expérimenté, capable de foncer au filet et surtout de transformer une présence offensive en bataille physique autour du gardien.
Suzuki l’a même expliqué avec une précision presque chirurgicale.
« Au lieu de faire circuler la rondelle autour du filet, on peut lui donner des occasions de la rediriger et de se battre pour les retours. Cole et moi pouvons faire notre affaire. »
Voilà probablement le bout le plus intéressant de toute cette histoire.
Suzuki ne parle pas d’un simple ailier supplémentaire. Il décrit une division des tâches.
Caufield et lui peuvent créer, combiner, attaquer rapidement et manipuler la rondelle pendant que Kreider fait ce qu’il sait faire depuis des années : attaquer le filet, déranger les défenseurs, aller chercher des rondelles derrière le but et provoquer des chances de deuxième occasion.
Le capitaine a d’ailleurs ajouté que Kreider « équilibre bien la ligne », qu’il peut attaquer le filet en entrée de zone, passer derrière le but et créer des jeux.
Ce qui donne au mot « écarté » tout son mordant, c’est que Juraj Slafkovsky n’est pas écarté parce qu’il aurait perdu sa valeur… bien au contraire.
Il est écarté des propos de Nick Suzuki lorsqu’il décrit le nouveau visage de son premier trio, écarté de cette place qu’il occupait aux côtés de Suzuki et Cole Caufield, et surtout écarté d’une formule qui avait pourtant produit de très belles choses.
Mais le Canadien ne l’envoie pas dans le néant.
Il lui offre carrément un autre scénario, avec Ivan Demidov et Oliver Kapanen, une combinaison qui avait déjà démontré une excellente chimie la saison dernière.
Demidov avait même expliqué qu’il connaissait très bien le jeu de Slafkovsky et qu’ils savaient où se retrouver sur la glace, tandis que les statistiques de la saison dernière favorisaient cette unité.
En clair, Slafkovsky perd peut-être son siège à la table de Suzuki et Caufield, mais il récupère une place dans un trio qui peut devenir une arme complètement différente.
C’est une séparation qui peut faire mal à l’ego… mais qui pourrait aussi être une sacrée récompense pour un jeune attaquant à qui Montréal confie maintenant une mission beaucoup plus intéressante : construire quelque chose de gros avec Demidov.
Pour Martin St-Louis, cette possibilité change donc complètement la façon de construire son top six.
Et soudainement, Slafkovsky pourrait se retrouver dans une situation particulièrement intéressante.
Le plus important demeure toutefois que Suzuki lui-même semble particulièrement enthousiaste à l’idée de jouer avec Kreider.
Le capitaine ne s’est pas contenté de dire que son nouveau coéquipier était un bon joueur. Il a déjà identifié comment ses qualités peuvent rendre sa propre ligne plus efficace.
Martin St-Louis possède donc une nouvelle carte dans son jeu… et cette carte pourrait avoir des conséquences directes sur la place de Slafkovsky, sans que cela signifie pour autant que le jeune attaquant est écarté du premier trio pour de bon.
Le Canadien peut maintenant déplacer ses pièces selon l’adversaire, les besoins du match et les résultats obtenus.
Suzuki vient peut-être simplement de décrire son nouveau trio.
Ou peut-être qu’il vient de donner à St-Louis une petite partie du plan que le Canadien prépare pour sa prochaine étape.
Amen
