Phil Danault marque enfin. Et tout ce qui a été dit avant ne disparaît pas.
DANAULT MARQUE POUR NOUS, CHAPITRE II
— Canadiens Montréal (@CanadiensMTL) January 21, 2026
PHIL THE THRILL#GoHabsGo pic.twitter.com/uMxdk7doGh
Le Centre Bell a explosé. Une ovation franche, longue, sincère. Pas une politesse. Pas un réflexe. Une vraie libération collective.
Après 51 matchs sans marquer, Phillip Danault a enfin trouvé le fond du filet. Et pendant quelques secondes, tout s’est arrêté : les critiques, les doutes, les chiffres, les débats. Juste un joueur québécois, visiblement ému, qui venait de casser une disette devenue lourde, presque étouffante.
Mais il faut être honnête : ce but n’efface rien. Il remet simplement les pendules à zéro.
Parce que si Danault en était rendu là, ce n’est pas à cause d’un acharnement gratuit. C’est parce que, depuis son retour à Montréal, il a été au cœur de toutes les contradictions.
Acquis au prix d’un choix de deuxième ronde élevé, il arrivait avec une étiquette claire : stabilité, expérience, fiabilité défensive, mises au jeu clés. Or, ce qu’on a vu pendant des semaines, ce sont des game logs brutaux.
Depuis son arrivée :
0 but avant ce match
5 aides en 13 matchs
Différentiel de -8 à forces égales, le pire chez les attaquants du CH sur cette séquence
15 buts contre à 5-contre-5 lorsqu’il est sur la glace
Temps de jeu en chute libre, jusqu’à 10:59 dans le dernier match, pendant que Joe Veleno jouait plus de 15 minutes
Ce n’est pas une perception. Ce sont des faits.
Les fans des Kings l’avaient dit. Ils parlaient de demi-seconde perdue, de rythme qui ne suit plus, d’un joueur encore intelligent, mais incapable d’exécuter assez vite pour la LNH d’aujourd’hui. À Montréal, on a voulu croire que c’était de l’amertume post-transaction. Jusqu’à ce que les mêmes symptômes apparaissent ici.
Danault a coûté des buts.
Danault a raté des couvertures.
Danault a paniqué avec la rondelle.
Danault a été directement impliqué sur des buts gagnants adverses.
Alors oui, ce but compte. Et énormément.
Parce qu’il arrive après tout ça. Après les réseaux sociaux qui le démolissaient. Après les comparaisons humiliantes avec Joe Veleno.
Après les questions sur son utilité réelle quand Evans, Dach et Laine reviennent. Après les débats sur son contrat de 5,5 M$ l’an prochain.
Et surtout, ce but arrive après une pénalité coûteuse qu’il avait lui-même causée plus tôt dans le match. La séquence parfaite pour parler de revanche. Pas une revanche médiatique. Pas une revanche narrative. Une revanche concrète, sur la glace, quand ça compte.
Le Centre Bell ne s’est pas levé parce que Danault est redevenu le joueur de 2019.
Il s’est levé parce que tout le monde savait à quel point il en avait besoin.
Mais la suite sera impitoyable.
Un but ne change pas une hiérarchie.
Un but n’efface pas un différentiel.
Un but ne garantit pas une place quand l’alignement sera en santé.
Martin St-Louis a déjà envoyé un message clair avec le temps de jeu. Danault n’est plus intouchable. Il n’est plus protégé par son statut. Il est jugé comme les autres. Et c’est exactement comme ça que ça doit être.
Ce but n’est pas une fin.
C’est un début de procès inversé.
À partir de maintenant, chaque présence comptera. Chaque duel. Chaque lecture. Parce que Montréal n’a pas besoin d’un symbole. Elle a besoin de rendement.
Phil Danault a enfin marqué.
Maintenant, il doit prouver que ce n’était pas juste un soulagement…mais le début de quelque chose qui tient debout.
