Kirby Dach devait arriver à Montréal comme une solution. Quelques années plus tard, le Canadien se retrouve plutôt avec un joueur dont le nom commence à être associé à une comparaison particulièrement difficile à porter.
Jonathan Drouin.
La comparaison ne vient pas de nulle part. Yannick Bouchard l’a soulevée au 5 à 7, alors que Marc-Olivier Cook estime lui aussi que Dach donne de plus en plus l’impression de suivre une trajectoire similaire à celle de Drouin.
Deux joueurs talentueux. Deux choix de troisième rang. Deux attaquants dont le potentiel avait suscité énormément d’attentes. Deux joueurs arrivés à Montréal avec l’espoir de devenir des éléments importants de l’organisation.
Le problème, c’est que le potentiel ne suffit plus.
Lorsque Marc Bergevin avait acquis Drouin du Lightning de Tampa Bay en 2017, l’enthousiasme était immense. Le Québécois avait connu de belles saisons à Halifax et avait déjà démontré son talent dans la LNH. Montréal croyait mettre la main sur un joueur capable de devenir une vedette.
L’histoire n’a finalement pas pris cette direction.
Drouin a connu de bons moments avec le Canadien, notamment une saison de 53 points en 2018-2019, mais les blessures, les changements de position et une production irrégulière ont empêché son passage à Montréal de répondre aux attentes placées sur lui.
Quelques années plus tard, Dach se retrouve dans une situation qui rappelle étrangement cette histoire.
Kent Hughes l’avait acquis des Blackhawks de Chicago en 2022 avec l’espoir de mettre la main sur un jeune centre capable de devenir une pièce importante de la reconstruction. Dach avait alors tout le potentiel pour occuper un rôle de premier plan.
Les blessures ont toutefois ralenti son développement.
Depuis son arrivée à Montréal, il n’a disputé que 158 matchs, avec une production de 81 points. Son talent est évident, mais sa capacité à imposer son rythme et à maintenir une présence constante demeure au centre des critiques.
Son camp actuel n’aide absolument pas sa cause.
Dany Dubé a été particulièrement direct en parlant de son manque de « feu » dans son jeu. Selon lui, Dach a tué plusieurs séquences en prenant de mauvaises décisions, en précipitant certains jeux ou en conservant la rondelle trop longtemps.
Cette critique rejoint celle de Yannick Bouchard.
Dach devait arriver au camp avec une mission claire : démontrer qu’il voulait réellement s’imposer. Florian Xhekaj, lui, joue comme un joueur qui veut arracher une place. Alexandre Texier tente également de rester dans la course.
La différence d’énergie devient difficile à ignorer.
Dach possède pourtant une dernière année de contrat à 3,6 millions de dollars. Il deviendra joueur autonome sans compensation à l’été 2027. L’occasion est donc parfaite pour lui de reprendre le contrôle de son avenir.
Pour le moment, c’est plutôt l’inverse qui se produit.
Martin St-Louis a même laissé entendre qu’un excellent camp n’était pas suffisant pour garantir une place à Montréal. Avec la profondeur actuelle, certains joueurs établis peuvent perdre leur poste pendant que les jeunes poussent derrière.
C’est précisément ce qui rend la situation de Dach aussi délicate.
Florian Xhekaj donne l’impression de vouloir chaque rondelle. Dach doit maintenant démontrer qu’il mérite encore sa place devant lui.
La comparaison avec Drouin ne signifie évidemment pas que leurs carrières seront identiques. Drouin a tout de même connu une longue carrière dans la LNH et plusieurs bonnes saisons après son départ de Montréal.
Pour Dach, le problème est plutôt celui des attentes.
Il devait devenir une solution importante au centre. Il se retrouve maintenant à lutter pour un poste régulier.
La patience de l’organisation pourrait finir par atteindre sa limite.
Montréal a déjà offert plusieurs occasions à Dach de relancer son parcours. Une autre mauvaise séquence pourrait rendre la prochaine décision beaucoup plus simple.
Le talent est toujours présent.
Maintenant, il faut le montrer.
Sinon, le parallèle avec Jonathan Drouin risque de devenir beaucoup plus difficile à éviter.
Ouch...
