L’arrivée de Brady Tkachuk en Floride n’est pas seulement une mauvaise nouvelle pour le Canadien de Montréal.
C’est aussi une mauvaise nouvelle pour Martin St-Louis.
Et pas à peu près.
Depuis son arrivée derrière le banc du CH, St-Louis a toujours privilégié un hockey basé sur la vitesse, l’exécution et la possession de rondelle.
Il aime les petits joueurs talentueux.
Il aime les défenseurs mobiles.
Il aime les équipes qui créent du jeu.
Le problème, c’est que les séries éliminatoires viennent de lui rappeler une réalité qu’il refuse parfois de regarder en face.
La Caroline a dominé Montréal physiquement.
Les Canadiens ont été incapables de répondre.
Les mises en échec se multipliaient.
Les batailles le long des rampes se perdaient.
Les joueurs du CH se faisaient constamment repousser des zones dangereuses.
Et la réponse n’est jamais venue.
Même Arber Xhekaj a souvent été laissé dans son étui tellement le coach du CH méprisait le seul joueur du CH qui faisait peur à l'adversaire.
Depuis des lunes, on répète que le Canadien avait besoin de devenir plus gros, plus méchant et plus difficile à affronter.
Les derniers mois n’ont fait que confirmer ce constat.
Puis est arrivée la transaction Brady Tkachuk.
Et soudainement, le problème devient encore plus gros.
Regardez simplement ce que la Floride peut maintenant envoyer sur la glace.
Un trio composé de Sam Bennett, Matthew Tkachuk et Brady Tkachuk.
Des monstres en défensive.
Imaginez les nains du CH contre cette machine.

Une équipe déjà insupportable à affronter vient de devenir encore plus désagréable.
Les Panthers ne cherchent pas à gagner des concours de patinage artistique.
Ils cherchent à vous épuiser.
À vous frapper.
À vous provoquer.
À vous faire perdre patience pendant deux semaines.
Et ça fonctionne.
Deux Coupes Stanley consécutives le prouvent.
Pendant ce temps, Montréal continue d’hésiter lorsqu’il est question d’ajouter de la robustesse.
Même sur le marché des signatures et des transactions, plusieurs personnes autour de la ligue ont l’impression que le Canadien demeure beaucoup plus agressif dans sa recherche de talent offensif que dans sa recherche de gros attaquants capables de faire mal physiquement.
Noah Dobson était-il vraiment ce dont le CH avait besoin l'été dernier? Plus soft que Dobson... c'est impossible.
Mike Matheson devait-il être prolongé de 5 années supplémentaires? Plus soft que Matheson? Il y a Dobson.
Kent Hughes fait tout pour obtenir Matthew Knies. Mais il doit aussi regarder des plans B pour d'autres attaquants de puissance.
Il doit absolument trouver un gros défenseur droitier robuste.
La recette de la Floride saute aux yeux.
La recette de la Caroline saute aux yeux.
Même Tampa Bay a toujours compris l’importance du gabarit lorsqu’arrive le printemps.
Le Canadien ne peut plus faire semblant de ne pas voir ce qui se passe dans sa propre division.
À un certain moment, Martin St-Louis devra accepter une réalité.
Le hockey de séries n’est pas joué uniquement avec des habiletés.
Il est joué avec du talent, oui.
Mais aussi avec de la taille.
De la robustesse.
De la méchanceté.
De l’intimidation.
La Floride vient de lancer un message à toute la conférence Est.
Si vous voulez nous battre quatre fois sur sept, préparez-vous à souffrir.
La vraie question maintenant est de savoir si Martin St-Louis est prêt à adapter sa vision du hockey.
Parce que si le Canadien retourne au combat avec sa mentalité de patinage artistique, on va se faire écraser par les Panthers et compagnie.
Oui, Brady Tkachuk est devenu le pire cauchemar de Martin St-Louis.
