Depuis l’annonce de l’échange, plusieurs partisans du Canadien au Québec ont exprimé leur déception, voire leur frustration, de voir Kirill Marchenko leur filer entre les doigts. Le voir maintenant débarquer à Toronto, l’ennemi juré du CH, ajoute évidemment une couche supplémentaire à cette histoire.
C’est justement ce qui explique pourquoi le Québec réagit aujourd’hui, alors que certains commencent à regarder la situation sous un angle complètement différent : et si Kent Hughes avait finalement eu raison de ne pas aller jusqu’au bout?
Kirill Marchenko à Toronto aurait pu être une très belle acquisition pour le Canadien. Personne ne peut nier le talent offensif du Russe, son gabarit ou sa capacité à trouver le fond du filet. Pourtant, après les commentaires de JiC et Tony Marinaro à TVA Sports, une autre lecture du dossier commence à faire parler au Québec.
La question est simple : qu’aurait dû donner Kent Hughes pour obtenir Marchenko?
Selon Tony Marinaro, le nom qui ressort lorsqu’on cherche un joueur du même profil que Matthew Knies n’est pas Kirby Dach. C’est Juraj Slafkovsky.
Les deux joueurs ne sont évidemment pas identiques. Leur style, leur parcours et leur potentiel diffèrent sur plusieurs aspects. Ils partagent toutefois certains éléments recherchés par les équipes de la LNH : le gabarit, la puissance, la capacité de jouer avec intensité et le potentiel offensif.
Pour Tony Marinaro, le choix serait clair.
S’il fallait sacrifier Slafkovsky pour obtenir Marchenko, il garderait le jeune Slovaque à Montréal.
Cette position donne une autre dimension aux négociations qui ont entouré le Russe.
Columbus voulait obtenir de l’aide immédiate. Matthew Knies représentait exactement ce type de monnaie d’échange pour les Blue Jackets. Toronto a finalement accepté de sacrifier son jeune attaquant afin de mettre la main sur Marchenko, avant de lui accorder un contrat de six ans à 12,5 millions de dollars par saison.
Montréal n’avait peut-être tout simplement pas l’équivalent sans toucher à un joueur que Hughes voulait conserver.
Slafkovsky entre justement dans cette catégorie.
Le premier choix du repêchage de 2022 a connu une progression importante depuis son arrivée dans la LNH. Son jeu physique, sa protection de rondelle et sa capacité à créer de l’espace demeurent des éléments recherchés par le Canadien.
Son expérience en séries ajoute aussi un élément important au débat.
Lors des séries de 2026 contre le Lightning de Tampa Bay, Slafkovsky s’est présenté avec une présence physique et une intensité qui ont rapidement attiré l’attention. Sans oublier son tour du chapeau durant le premier match contre Tampa... Montréal a finalement connu un long parcours jusqu'au carré d'as et le jeune attaquant a montré qu’il pouvait jouer dans ce genre de hockey.
Marchenko, de son côté, n’a encore aucune expérience en séries éliminatoires dans la LNH.
Son mois d’avril 2026 soulève aussi des questions. Sur les dix dernières rencontres de la saison, il a terminé avec un but et trois passes, pour quatre points et un différentiel de moins-3.
Ces chiffres ne font pas disparaître ses deux excellentes saisons offensives précédentes. Marchenko demeure un joueur capable de produire à un très haut niveau. Son rendement de 31 buts et 74 points en 2024-2025, suivi de 27 buts et 67 points en 2025-2026, explique parfaitement pourquoi plusieurs équipes s’intéressaient à lui.
Le problème pour Montréal était donc moins le joueur que le prix à payer.
Marchenko aurait été un excellent fit avec le Canadien. Son tir, son gabarit et son potentiel offensif auraient ajouté une dimension intéressante au top six.
Mais si le prix réel pour aller le chercher impliquait Slafkovsky, la décision de Hughes devient beaucoup plus compréhensible.
Toronto a fait son choix.
Columbus a obtenu le type de renfort recherché.
Montréal, lui, a conservé Slafkovsky.
Après coup, le débat risque de continuer longtemps au Québec. Marchenko pourrait connaître une énorme carrière à Toronto. Rien ne permet non plus de savoir jusqu’où Slafkovsky peut se rendre.
Une chose est certaine : Kent Hughes n’avait pas nécessairement besoin de gagner la course à Marchenko pour avoir raison de ne pas sacrifier Slafkovsky.
