Louis Morissette sans pitié: sa revanche donne des frissons dans le dos

Louis Morissette sans pitié: sa revanche donne des frissons dans le dos

Par David Garel le 2025-08-28

Il y a à peine quelques mois, Louis Morissette était encore la cible préférée de toute la toile québécoise.

Chaque apparition à la télévision, chaque mot prononcé sur un joueur du Canadien, était accueilli par des moqueries.

On le traitait de clown, de gars qui ne connaissait rien au hockey, de “beau blond de Véro” parachuté dans son nouveau balado. Et pourtant, aujourd’hui, c’est bien lui qui rit le dernier.

Car celui que plusieurs disaient “fini” vient tout juste de frapper le coup de circuit médiatique de l’année : récupérer Mathias Brunet et Simon “Snake” Boisvert pour lancer le balado sportif le plus écouté au Québec, dans le cadre de son ambitieux nouveau projet : KO Studio, une usine à podcasts déjà en voie de devenir le plus gros producteur audio de la province.

Et tout ça, en pleine guerre des ondes, au nez et à la barbe de BPM Sports, Bell et autres dinosaures des médias traditionnels.

C’est dans une entrevue exclusive à Réjean Tremblay, publiée sur Punching Grace, que Louis Morissette a raconté toute la naissance de cette revanche calculée. Il y confirme ce que plusieurs soupçonnaient : Brunet et Boisvert ont quitté BPM parce qu’ils n’étaient pas payés.

« Leur podcast est un grand succès, ils amènent un très grand nombre de clients fidèles qu’on pourra rentabiliser. C’est une acquisition enviable », dit Morissette à Tremblay, sans détour.

Selon l’article, le futur propriétaire de BPM, Sylvain Chamberland, était furieux de cette perte. Robert Ranger, président de RNC Média, non plus n’a pas digéré le départ des deux têtes d’affiche du populaire balado Processus.

Mais la faute revient à Alexandre Panneton, ex-directeur général de BPM, qui aurait échoué à rémunérer Brunet et Boisvert à leur juste valeur.

Revenons en arrière. Ce n’est pas pour rien que Louis Morissette avait autant de haine à effacer.

Lors d’un épisode de son balado La Poire et le Fromage, il avait osé dire ceci sur Lane Hutson :

"Il a une shot de Bantam A".

« Je trouve que les amateurs et les journalistes… Overhype, en très bon français, Lane Hutson. On le voit plus gros qu’il ne l’est réellement. Ça, je ne change pas d’idée. Je ne pense quand même pas que c’est un défenseur 1-2. »

« S’il prend 15-20 livres, ce petit gars-là, il va être moins rapide et moins fluide. Il va ramer. Il n’a pas fini de ramer, le rameur, là. »

« Lane Hutson est une superstar. Il va prendre 15-20 livres, il sera sur une première paire dans la ligue nationale pour 10-15 ans. Ça, là, je m’excuse, mais NON, en majuscule. »

Puis, en enchaînant sur Nick Suzuki, il s’était encore mis les partisans à dos :

« Après 312 matchs, Nick Suzuki a un point de plus que Maurice Richard. Là, on est en train de nous dire que Suzuki et Maurice vont dans la même phrase. Ça, ça me rend dingue. »

« Je prendrais Seth Jarvis any day. Je ne dis pas que Nick Suzuki est mauvais, mais je ne crois pas qu’il sera notre premier centre quand on aura une équipe gagnante. Il est un deuxième centre. Point. »

« On devrait lui arracher le C et nommer Kaiden Guhle capitaine. »

Des propos qui, s’ils avaient été tenus par un analyste traditionnel, auraient peut-être soulevé un débat d’idées. Mais venant de Louis Morissette, déjà méprisé par la clique médiatique sportive pour son style, sa célébrité et son arrogance perçue, ces propos ont déchaîné une tempête d’insultes.

La vérité? Louis Morissette avait prévu ce backlash. Il a lui-même confié à Réjean Tremblay qu’il savait que les médias traditionnels étaient condamnés à décliner, et qu’il fallait prendre de l’avance dans le monde numérique.

« Je voyais bien que l’univers traditionnel de la télévision était une industrie… disons sous forte pression. Comme je n’avais pas le goût de commencer à brailler et à me lamenter, j’ai réfléchi pour voir comment on pouvait tirer son épingle du jeu dans ce bouleversement. »

Il a donc testé le terrain avec un balado léger animé avec Jean-Philippe Wauthier (Entre la poire et le fromage), puis a fait construire des studios haut de gamme, embauché une équipe solide (dont Jonathan Simon, ex-cadre chez Bell), et monté toute une structure autour de KO Studio.

Le plan de Morissette est clair : dominer l’audio au Québec.

KO Studio, c’est :

10 podcasts sportifs dès l’automne.

10 autres pour Noël, axés sur l’humour.

Une croissance prévue jusqu’à 35 balados sous la bannière KO.

Une approche “intégration verticale” : contenu, production, commercialisation, tout passe par KO.

Toutes les divisions du Groupe KO sont même actionnaires de KO Studio, pour éviter les jalousies internes. Et déjà, Alexandre Drolet (ex-Radio-Canada) est annoncée comme vedette de l’information auprès des jeunes.

« Mes enfants ont 22, 20 et 15 ans. Personne d’entre eux n’a jamais regardé le Téléjournal. »

Mais ce qui donne de la légitimité à ce nouveau réseau audio, c’est le tandem Brunet–Boisvert. En récupérant les deux voix les plus crédibles du journalisme hockey québécois, Morissette transforme son image de clown sportif en producteur visionnaire.

C’est la revanche parfaite : ceux qui l’accusaient de dire n’importe quoi sur Suzuki et Hutson doivent maintenant écouter son studio pour entendre leurs analystes préférés.

Et ce n’est pas tout : Brunet et Snake l’ont rejoint après avoir eux-mêmes été humiliés par BPM, laissés sans salaire malgré leur succès d’audience. Cette vengeance est donc collective.

Depuis l’annonce de leur arrivée chez KO Studio, les critiques de Morissette ont changé de ton. Même ceux qui se moquaient de lui le traitent maintenant de “visionnaire”.

Et pour cause : KO Studio sera bientôt incontournable. Aucun autre producteur de balados n’a mis en place une telle structure. Et pendant que Bell, RNC Média et Québecor se chamaillent pour survivre, Morissette, lui, embauche, construit et capitalise.

Même Réjean Tremblay, pourtant souvent dur avec Morissette, lui lève son chapeau :

« C’est un entrepreneur à succès, dont le Groupe KO balaie très large… KO Studio deviendra vite le plus important producteur de podcasts au Québec. »

On sent que tout est possible. Il est déjà question à l’actualité, aux jeunes, à l’humour. Et surtout, Morissette ne veut pas devenir une simple radio numérique, mais plutôt un fournisseur de contenus pour toutes les radios… y compris celles qui le méprisaient.

Du génie... pur et simple...