Le ton a changé autour de Samuel Montembeault.
Et cette fois, ce ne sont pas seulement les statistiques, les partisans ou les analystes qui alimentent la tempête.
C’est Martin St-Louis lui-même qui a laissé passer un message très clair devant les médias.
Depuis des mois, l’entraîneur des Canadiens de Montréal avait pris l’habitude de protéger son gardien québécois. Chaque mauvais match venait avec la même défense : le système défensif, les revirements, les occasions dangereuses accordées par l’équipe.
St-Louis parlait de groupe.
Jamais de Montembeault directement.
Mais cette fois, la réponse a été beaucoup plus froide.
Interrogé par le journaliste Alexandre Gascon de Radio‑Canada, St-Louis a raconté comment lui-même gérait les moments difficiles dans sa carrière.
« Quand j’avais de la misère, une chose qui me permettait de passer à travers, c’était de travailler. »
Une réponse classique… jusqu’à la question suivante.
Gascon lui demande alors si Montembeault a été capable de faire exactement ça : travailler pour s’en sortir.
La réponse de St-Louis a laissé la salle de presse en suspens.
« Je ne sais pas. C’est plus une question pour lui. »
Une phrase courte.
Mais dans un marché comme Montréal, ce genre de phrase résonne très fort.
Parce qu’en disant cela, l’entraîneur du Canadien envoyait un message troublant : il n’était même plus certain que son gardien faisait tout ce qu’il fallait pour s’en sortir.
Quelques minutes plus tard, Montembeault s’est lui-même présenté devant les journalistes.
Et ses explications ont soulevé encore plus de questions.
Le gardien des Canadiens de Montréal a reconnu qu’il traversait une période très étrange devant le filet, au point d’expliquer que certains gestes techniques de base ne sortaient tout simplement plus naturellement.
Il a raconté qu’en début de saison, il avait l’impression d’être figé devant les tirs, comme si son corps ne réagissait plus normalement. (avancez la vidéo à 2:42 pour l'entrevue):
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« Au début de l’année, mes mains ne sortaient pas », a-t-il admis, décrivant une sensation où il voyait la rondelle arriver… mais où ses réflexes tardaient à suivre.
Montembeault a aussi abordé le problème des tirs de loin, qui sont devenus un thème majeur dans son dossier cette saison.
Il a expliqué qu’il avait déjà vécu des moments beaucoup plus stressants dans sa carrière et qu’il ne croyait pas que la pression actuelle était la cause principale de ses difficultés.
Selon lui, ce sont plutôt des détails techniques et un manque de fluidité qui se sont installés dans son jeu. Mais en tentant de rassurer tout le monde, il a surtout donné l’impression d’un gardien qui cherche encore des réponses.
Quand un portier de la LNH admet publiquement qu’il a parfois l’impression que ses mains ne sortent pas devant les tirs, et qu’il doit presque réapprendre certains automatismes, cela en dit long sur l’état de confiance dans lequel il se trouve actuellement.
Le gardien a admis que le problème était maintenant dans sa tête.
Il a parlé d’un moment où il se sentait complètement figé devant le filet.
Les journalistes étaient mal à l'aise.
Parce qu’entendre un gardien de la Ligue nationale expliquer qu’il n’arrivait pas à sortir ses mains devant les tirs donne presque l’impression d’entendre un jeune gardien qui apprend encore les bases du poste.
Montembeault a aussi tenté de relativiser la situation.
Selon lui, il a déjà vécu des moments beaucoup plus stressants que celui-ci dans sa carrière.
Mais cette affirmation a elle aussi laissé plusieurs personnes perplexes.
Car si ce moment n’est pas le plus stressant qu’il ait connu… pourquoi semble-t-il aussi fragile devant le filet?
Tout cela alimente une impression de plus en plus forte autour du vestiaire montréalais.
Pendant longtemps, St-Louis a protégé Montembeault comme un entraîneur protège son joueur de confiance.
Aujourd’hui, cette protection semble disparaître.
Le ton est plus sec.
Les réponses sont plus directes.
Et les messages sont de moins en moins voilés.
Dans une ville comme Montréal, ces détails ne passent jamais inaperçus.
Parce que lorsqu’un entraîneur commence à prendre ses distances publiquement avec un joueur…
C’est souvent le signe que quelque chose est en train de se briser à l’intérieur même de l’organisation.
Et pour Samuel Montembeault, cette fissure arrive au pire moment possible de la saison.
