Le Canadien a gagné. Mais tout le monde a vu le problème.
Une victoire de 4-3 en tirs de barrage contre les Panthers de la Floride, oui. Deux points au classement, oui. Mais sur la glace, dans les gestes, dans les décisions… il y avait autre chose.
Une distraction.
Et elle a un nom : le 50e but de Cole Caufield.
Parce que depuis trois matchs, tout tourne autour de ça. Chaque présence. Chaque avantage numérique. Chaque montée de rondelle. Et mardi soir, ça a sauté aux yeux comme jamais.
Lane Hutson fonce au filet… puis force une passe vers Caufield qui ne s’y attend même pas.
Juraj Slafkovský fait la même chose un peu plus tôt, alors qu’une option plus simple s’offrait à lui.
Résultat : des jeux qui meurent. Des occasions gâchées. Un flow complètement brisé.
Le Canadien ne jouait plus naturellement. Il jouait pour un chiffre.
Et ça, même dans le vestiaire, ça commence à taper sur les nerfs.
“On met trop d’emphase là-dessus”, a reconnu Phillip Danault.
“Les gars essaient trop de lui donner la rondelle… il faut simplifier.”
« C’est pas évident pour Cole, la foule s’enflamme à toutes les fois. Il faut le laisser faire ses affaires… Les joueurs sur l’avantage numérique essaient aussi trop de lui donner la rondelle. »
C’est exactement ça.
À force de vouloir offrir le moment parfait à Caufield, tout devient forcé. Les lectures changent. Les décisions deviennent prévisibles. Et l’équipe perd ce qui faisait sa force dans les dernières semaines.
Et lui donner la première étoile hier... était totalement ridicule...
Les étoiles sont choisies avant les tirs de barrage. Tu la donnes au but gagnant. C’était comme ca avec le Rocket quand on me demandait de les choisir. Fallait faire les choix avant. Parce que ça va trop vite quand ça se termine pour communiquer l’info.
— Anthony Marcotte (@anthonymarcotte) April 8, 2026
Même Martin St-Louis l’a vu immédiatement.
“C’est normal… mais c’est difficile d’éviter ça.”
“Passer de 49 à 50, ce n’est pas comme passer de 41 à 42.”
Il le sait. Il l’a vécu. Et il envoie un message clair : le piège est mental.
Parce que oui, Caufield n’a pas été mauvais. Une passe brillante sur le but d’Ivan Demidov.
Fittingly, it is Demidov with a one-timer to finally get the #Habs going on the power play.
— Matt Drake (@DrakeMT) April 8, 2026
1-1. https://t.co/5DlsggcrNW pic.twitter.com/IIE1oDbJCU
Sans oublier sa présence en tirs de barrage où il marque encore. Mais seulement deux tirs au total.
Deux.
Pour un marqueur de ce niveau-là, dans un match aussi important, ça pue au nez.
Il n’est plus dans son instinct. Il est dans l’environnement.
Et pendant ce temps-là, le Canadien passe proche de se faire surprendre par une équipe des Panthers largement diminuée. Une formation remplie de joueurs de profondeur, qui a joué agressivement, sans pression… et qui a failli repartir avec le match.
“Ce n’était pas évident… c’était un piège”, a admis Danault.
Et ils sont tombés dedans.
Ils ont eu besoin des tirs de barrage. Ils ont eu besoin d’un peu de chance. Ils ont eu besoin de s’accrocher.
Oui, Kirby Dach et Alexandre Texier étaient de retour. Oui, ça ajoute des options. Mais ça ne change pas le fond du problème, surtout quand Dach connaît un match aussi atroce.
Le Canadien n’était pas lui-même.
Et au cœur de tout ça, il y a aussi un joueur qui commence à en avoir assez.
Parce que dimanche, Cole Caufield a lancé un “shut up” à la foule, tannée de l’entendre crier “shoot” à chaque contact avec la rondelle.
Ça prouve qu'il est tanné.
C’est un joueur qui sent que ça dépasse le hockey. Que ça devient un spectacle. Une attente constante. Une pression qui s’installe, même quand l’équipe a autre chose à gérer.
Et Martin St-Louis, encore une fois, garde le cap.
“On a trouvé une façon de gagner… mais on est meilleurs que ça.”
C’est probablement la phrase la plus importante.
Parce que oui, le Canadien continue de gagner. Oui, ils restent dans le sommet du classement avec Tampa Bay et Buffalo.
Mais s’ils veulent aller loin… ils vont devoir sortir de cette distraction-là.
Le 50e but va venir.
Mais en ce moment, il est en train de coûter quelque chose.
