Patrik Laine et le malaise du silence est devenu invivable dans le vestiaire du CH.
Quand Martin St-Louis refuse de répondre, c’est déjà une réponse
Il y a des points de presse qui passent inaperçus.
Et il y a ceux qui, au contraire, amplifient un malaise que tout le monde sent depuis des jours.
Celui de Martin St-Louis, lorsqu’on l’interroge sur Patrik Laine, appartient clairement à la deuxième catégorie.
La question est pourtant simple.
Patrik Laine vient d’enchaîner trois entraînements complets sans aucune restriction. Il patine, il tire, il encaisse, il participe normalement. Dans le langage de la LNH, ça signifie habituellement une chose : un joueur est prêt.
Alors on demande, calmement :
Est-il proche d’un retour au jeu?
Et la réponse tombe. De manière tellement sèche.
« Je sais pas encore. »
Voici l'extrait vidéo:
Pas on évalue.
Pas il progresse.
Pas on surveille sa réponse.
Non. Je sais pas encore.
Quand l’évitement remplace l’explication
Ce qui frappe ensuite, ce n’est pas seulement le contenu de la réponse.
C’est ce qui suit.
Dès que la discussion s’oriente vers l’intégration de Laine dans l’alignement, dès qu’on touche au cœur du problème, son rôle, sa place, son fit dans un top-6 déjà structuré, Martin St-Louis coupe court.
« Je vais traverser le pont quand on va arriver. »
Voic le moment précis où Martin St-Louis nous prend pour des imbéciles:
Le même écran de fumée.
La même stratégie de fermeture.
Et là, il faut être honnête : ce n’est plus de la gestion normale de blessure.
C’est de la gestion de crise.
Un coach qui sait… mais qui ne peut pas parler
Martin St-Louis n’est pas un naïf.
Il sait exactement ce qui se passe.
Il sait exactement pourquoi Patrik Laine ne joue pas encore.
Et il sait aussi pourquoi il ne peut pas le dire publiquement.
Parce que dire la vérité, ce serait admettre que le problème n’est plus médical.
Ce serait reconnaître que Laine est prêt physiquement, mais coincé sportivement.
Ce serait exposer un joueur vulnérable à une humiliation publique.
Et ce serait confirmer que, oui, le Canadien a avancé sans lui.
Alors on choisit le silence.
On choisit les phrases creuses.
On choisit de « ne pas savoir ».
Mais à Montréal, ce genre de réponse ne passe jamais inaperçu.
Le non-dit devient plus lourd que la vérité
Quand un entraîneur refuse systématiquement d’expliquer, ce n’est pas parce qu’il n’a rien à dire. C’est parce que ce qu’il aurait à dire ferait trop de dégâts.
Et ça, personne n’ose le dire à voix haute.
Ni le coach.
Ni la direction.
Ni l’organisation.
Soyons francs : la réaction de Martin St-Louis ressemble exactement à celle d’un homme qui protège un secret.
Pas un secret honteux.
Un secret humain.
Celui d’un joueur qui a traversé des moments difficiles mentalement.
Celui d’un joueur qu’on ne veut pas exposer à un rejet public.
Celui d’un joueur dont on tente de gérer la sortie, ou la transition, sans le briser.
Mais à force de vouloir protéger, on crée l’effet inverse : on nourrit la perception qu’on cache quelque chose.
Et cette perception est maintenant largement partagée. Dans les médias. Chez les partisans. Dans le milieu.
La vérité que tout le monde comprend
Aujourd’hui, le message réel est clair, même sans être prononcé :
Patrik Laine pourrait probablement jouer.
Mais le Canadien ne sait pas comment le faire jouer sans créer un problème.
Alors on attend.
On temporise.
On « ne sait pas encore ».
Ce n’est pas élégant.
Ce n’est pas confortable.
Mais c’est la réalité.
Et tant que l’organisation refusera de nommer ce malaise, chaque point de presse, chaque non-réponse, chaque « on va traverser le pont » ne fera qu’aggraver la fracture entre le discours officiel et ce que tout le monde voit.
À Montréal, on accepte la complexité.
On accepte les décisions difficiles.
Mais on n’accepte jamais le mensonge.
Et dans le dossier Patrik Laine, le silence parle désormais beaucoup trop fort.
