Capitaine. Ce mot-là pèse lourd en temps normal.
Aux Jeux olympiques, avec un pays entier sur le dos, ça devient un fardeau.
Et pour Auston Matthews, ce fardeau commence sérieusement à craquer.
À Milan, l’équipe américaine gagne. Sur papier, tout va bien. Deux victoires. Une attaque qui produit.
Des stars à profusion.
Mais derrière la façade, quelque chose grince. Et le malaise porte un nom.
Auston Matthews.
La décision de lui confier le « C » n’a jamais fait l’unanimité.
Avant même la première mise au jeu du tournoi, une large portion des observateurs s’attendait à voir un Brady Tkachuk, voire un Matthew Tkachuk, incarner cette équipe.
De l’intensité. Du mordant. Du leadership vocal. À la place, USA Hockey a choisi le statut.
Celui du meilleur buteur de sa génération.
Celui du visage de la ligue.
Celui de la star des Maple Leafs.
Et c’est exactement là que le problème commence.
Parce que Matthews traîne déjà un poids immense à Toronto.
Un marché qui dissèque tout. Un capitaine qui n’a jamais mené son club là où on l’attend.
Une saison actuelle en dents de scie. Des critiques constantes. Des attentes irréalistes.
Ajouter à ça le capitanat olympique, dans un contexte ultra-politique, relevait presque de l’acharnement.
À Milan, chaque geste est amplifié. Chaque erreur devient virale. Chaque hésitation se transforme en procès public.
La séquence contre le Danemark résume tout.
Les États-Unis viennent de reprendre une avance de deux buts. 5-3.
Le match est pratiquement sous contrôle. Et là, Matthews prend une punition inutile.
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— auston matthews gf (@TMHTLWHY) February 15, 2026
Une pénalité qui coupe le rythme, qui redonne espoir à l’adversaire, qui envoie un message contradictoire.
C’est ton capitaine.
Et c’est précisément à ce moment-là que la digue a cédé.
Les réseaux sociaux se sont déchaînés.
Des fans américains, excédés, remettent ouvertement en question son rôle.
Certains réclament qu’on lui enlève le « C ».
D’autres vont jusqu’à suggérer qu’il soit rétrogradé dans la hiérarchie du vestiaire.
Et au milieu de cette tempête, un bruit sourd se fait entendre depuis Toronto.
Parce que oui, des partisans des Maple Leafs n’ont pas manqué l’occasion de se moquer.
Ironique. Cruel. Prévisible. Matthews est américain.
Il porte le chandail de l’ennemi naturel. Et à la moindre faille, on appuie là où ça fait mal.
Mais au-delà du sarcasme et des règlements de comptes, le fond du problème est ailleurs.
L’équipe américaine continue de traiter Matthews comme le pivot central de son identité.
Comme si rien n’avait changé. Comme si sa domination individuelle était encore incontestable. Comme si son aura suffisait à justifier ce rôle.
Or, ce n’est plus vrai.
Aujourd’hui, cette équipe a d’autres moteurs.
Les frères Tkachuk imposent le tempo physique.
Jack Eichel dicte le jeu à cinq contre cinq.
Quinn Hughes transforme chaque transition.
Même Tage Thompson apporte une dimension que Matthews n’apporte plus systématiquement.
Et les joueurs le savent.
Les partisans aussi.
C’est là que le malaise devient collectif.
Parce qu’un capitaine qui n’est plus clairement le joueur le plus influent devient une distraction.
Chaque présence est analysée. Chaque pénalité est amplifiée. Chaque décision devient un débat.
Et dans un tournoi court comme les Olympiques, ce genre de bruit parasite peut coûter très cher.
Ce n’est pas une question de talent.
Ce n’est pas une question d’effort.
Ce n’est pas une question de caractère.
C’est une question de timing et de rôle.
Matthews n’est pas fait pour être constamment sous le microscope émotionnel.
Son jeu repose sur la fluidité, la confiance, la répétition.
Pas sur la charge symbolique permanente. Toronto lui impose déjà ce contexte à l’année. Milan en rajoute une couche brutale.
Et USA Hockey a sous-estimé l’impact.
Le malaise ne vient pas seulement de la punition. Il vient du contraste entre ce que Matthews représente officiellement… et ce qu’il incarne réellement sur la glace en ce moment.
L’équipe américaine va continuer de gagner des matchs.
Le talent est trop grand pour faire autrement.
Mais si cette controverse s’envenime, si le vestiaire commence à douter de son symbole, la distraction pourrait devenir un poison lent.
Auston Matthews n’est pas le problème.
Mais le choix d’en faire le centre absolu de cette équipe, aujourd’hui, l’est peut-être.
Et c’est exactement pour ça que ça déraille.
Ouch...
