Malaise devant les caméras: Zachary Bolduc regarde par terre

Malaise devant les caméras: Zachary Bolduc regarde par terre

Par David Garel le 2026-03-10

La scène était difficile à regarder.

Devant les caméras, Zachary Bolduc tentait de convaincre les journalistes que tout allait bien. Mais le contraste entre les mots et le langage corporel était frappant.

Le regard souvent vers le sol, les phrases qui sortaient avec hésitation, un ton incertain… tout donnait l’impression d’un joueur qui essaie de se convaincre lui-même que la tempête va passer.

Et pourtant, Bolduc répète le même message.

« Oui, c’est fâchant, mais je joue de la bonne façon. Je crée des choses offensivement, malgré le fait que je ne marque pas. J’aide l’équipe à avoir du succès. »

Il ne cachait pas la frustration personnelle. Mais il insistait sur un point : selon lui, son jeu reste solide.

« C’est sûr que c’est fâchant du côté personnel, mais mon jeu n’est pas mauvais. Je me sens bien sur la glace. Mon niveau de confiance est bon. »

Puis il a ajouté une phrase qui sonnait presque comme une tentative de se rassurer.

« C’est sûr que j’ai hâte de marquer, mais je ne suis pas inquiet que ça s’en vienne. »

Sur papier, ce sont des réponses classiques d’un joueur qui traverse une disette offensive.

Mais dans la salle, l’impression était différente.

Parce que quand un joueur affirme que sa confiance est bonne… mais que tout dans son attitude semble dire le contraire, le message devient difficile à croire. Les réponses étaient répétitives, hésitantes, et surtout accompagnées d’un langage corporel qui trahissait une certaine nervosité.

La situation devient d’autant plus difficile à ignorer quand on regarde ce que traverse présentement le Québécois avec les Canadiens de Montréal. Le jeune attaquant de 23 ans vit une véritable traversée du désert offensive, et la séquence commence à peser lourd.

Son dernier but remonte au 23 décembre, lors d’une victoire contre les Bruins de Boston. Depuis cette date, 24 matchs se sont écoulés sans qu’il trouve le fond du filet, laissant son total bloqué à dix buts cette saison.

Une disette qui contraste fortement avec la campagne précédente, où il avait inscrit 19 buts, dont 14 dans la seconde moitié de la saison à partir du 6 février 2025, une poussée offensive qui avait convaincu plusieurs qu’il deviendrait un marqueur important pour l’organisation.

Devant les caméras, Bolduc tente de garder le cap. « Je ne sais pas si ça devient mental. Oui c’est fâchant, mais je joue de la bonne façon, je crée des choses offensivement, malgré le fait que je ne compte pas, j’aide l’équipe à avoir du succès », a-t-il expliqué.

L’attaquant insiste sur le fait que son jeu ne s’est pas effondré, même si les buts ne viennent plus. Il affirme continuer à générer des occasions et contribuer à l’effort collectif.

Pourtant, la feuille de pointage raconte une autre histoire : après son but du 23 décembre, Bolduc a connu une séquence de neuf matchs consécutifs sans point, avant de n’amasser qu’une seule passe lors des 13 rencontres suivantes.

Il y a bien eu un léger redressement récemment. Lors de ses 11 derniers matchs, Bolduc a récolté sept mentions d’aide, dont quatre lors de ses cinq plus récents matchs. Mais même cette production reste modeste pour un ailier censé apporter une dimension offensive à l’alignement.

Signe que la confiance n’est peut-être pas entièrement revenue, l’entraîneur-chef Martin St-Louis l’a même laissé de côté après la pause olympique, contre les Islanders de New York, une première absence cette saison pour Bolduc.

Depuis, il évolue principalement au sein du troisième trio à gauche de Jake Evans et Kirby Dach, une combinaison qui, selon lui, fonctionne bien malgré tout.

« On est sur la même longueur d’onde, on sait où la rondelle s’en va et où on est l’un et l’autre sur la glace. On a une certaine chimie », explique-t-il au sujet de Dach.

Il souligne aussi que l’échec avant est devenu un élément important de son jeu.

« Mon échec avant, c’est un élément important de mon jeu et c’est le fun d’être récompensé. On a eu de belles chances dans les derniers matchs et beaucoup de ces chances-là viennent de l’échec avant. »

Mais malgré ces tentatives d’explication, certains indicateurs demeurent inquiétants. Dans ses quatre derniers matchs, Bolduc n’a décoché que trois tirs au total, un chiffre extrêmement faible pour un attaquant qui doit générer de l’offensive.

C’est précisément ce type de statistique qui alimente le sentiment qu’il traverse actuellement ce que plusieurs appellent le « sophomore jinx », cette fameuse guigne de la deuxième saison qui frappe parfois les jeunes joueurs après une première année prometteuse.

Bolduc aura d’ailleurs une autre occasion de briser cette séquence lorsque les Maple Leafs de Toronto débarqueront au Centre Bell. Mais plus les matchs passent, plus la pression augmente.

Parce que pendant que l’attaquant tente de convaincre que son jeu reste solide malgré l’absence de buts, la comparaison avec Logan Mailloux continue de planer au-dessus de cette transaction. Et dans une ville comme Montréal, ce genre de comparaison finit toujours par revenir hanter un joueur lorsque la production offensive tarde à revenir.

Parce que pendant que Bolduc tente de rassurer tout le monde devant les caméras à Montréal, Logan Mailloux vit une réalité complètement différente avec les Blues de Saint-Louis.

Lui, on l’a traité de tous les noms.

On l’a qualifié de projet raté. De flop. Certains l’ont même traité de « cocky » lorsqu'il a donné sa première entrevue à St-Louis l'été passé

Mais une chose n’a jamais vraiment quitté Mailloux : sa confiance.

Et aujourd’hui, cette confiance commence à porter fruit.

Pendant que Bolduc tente de convaincre qu’il joue bien malgré l’absence de production, Mailloux, lui, joue plus de 20 minutes par match, s’impose physiquement et gagne la confiance de ses entraîneurs.

Deux trajectoires.

Deux attitudes.

Et de plus en plus, une transaction qui commence à faire réfléchir.

Pendant des mois, on a traité Mailloux de prétentieux et d'arrogant. Plusieurs avaient trouvé son attitude irritante lorsqu’il s’était comparé à des défenseurs établis et qu’il avait balayé les comparaisons avec Evan Bouchard en disant qu’il ne voyait pas vraiment de similarités entre eux. il se croyait meilleur défensivement.

À l’époque, plusieurs avaient levé les yeux au ciel : un jeune qui parlait comme une vedette avant même d’avoir fait sa place dans la LNH. Mais aujourd’hui, avec le recul, cette arrogance ressemble surtout à de la confiance.

Parce que pendant que Zachary Bolduc tente de convaincre qu’il se sent bien malgré ses difficultés, Mailloux, lui, joue avec assurance, demande de la glace, accepte les responsabilités et s’impose physiquement dans l’alignement des Blues de Saint-Louis.

Et dans une ligue où la confiance fait souvent toute la différence, ce qui était vu comme de l’arrogance commence à ressembler à la mentalité d’un joueur qui savait exactement ce qu’il voulait devenir.