Décidément, il y a quelque chose qui ne change jamais avec Martin St-Louis, et cette première conférence de presse des séries vient encore de le rappeler... sans aucune pitié...
On peut parler de système, d’exécution, d’expérience face au Lightning de Tampa Bay, mais au final, ce qui saute au visage, c’est toujours la même chose : deux visages complètement différents selon la langue de la question.
D’un côté, les médias francophones. De l’autre, les médias anglophones. Et entre les deux, une différence de traitement qui devient de plus en plus difficile à ignorer.
Dès les premières questions en français, le ton est donné. Anthony Martineau de TVA Sports tente d’ouvrir sur un sujet pourtant légitime : le jeu de puissance qui ralentit depuis quelques semaines.
La question est pertinente, claire et précise. La réponse? Coupée, sèche, presque méprisante :
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“On va continuer d’en parler. On va être prêts.”
Rien de développé, rien qui ouvre une porte, rien qui nourrit la discussion.
Même scénario quand Martin McGuire de Cogeco cherche à comprendre comment l’équipe peut rétablir l’équilibre face à une formation plus expérimentée. St-Louis tranche court :
“Je ne sais pas si on peut rétablir l’équilibre de l’expérience.” Rideau. Fin de la réponse. Aucune nuance, aucun effort pour pousser la réflexion plus loin.
Puis arrive Richard Labbé de La Presse. Question sur le développement défensif, sur les détails du jeu, sur ce qui a permis certaines améliorations.
La réponse est hachée, décousue, presque impatiente :
“Ça prend de l’intelligence, du courage, du travail… you know…” Comme s’il voulait déjà passer à autre chose.
Et pendant ce temps-là, dès que la langue bascule en anglais, le personnage change.
Les réponses deviennent longues, construites, pédagogiques. Quand un journaliste anglophone lui demande ce qui définit un joueur à son meilleur, St-Louis déroule calmement :
“Il apporte du rythme et de la robustesse. Il est capable de se créer de l’espace pour lui-même et pour les autres joueurs autour de lui. Et il est capable de bien défendre parce qu’il amène cet aspect-là.” Là, il explique. Là, il enseigne. Là, il prend le temps.
Même chose lorsqu’on l’amène sur l’expérience des séries. Il développe une idée complète et généreuse:
“Ça ne peut pas nuire d’avoir vécu ça. Ça t’aide à ne pas arriver là à l’aveugle. Il y a des hauts et des bas dans une série, il y a des hauts et des bas dans un match, il y a beaucoup d’émotions qui viennent avec ça.”
On sent un entraîneur réfléchi, posé, capable de vulgariser.
Sur la progression du groupe, il prend encore plus de place :
“Je pense que notre compétitivité… c’était rare qu’on ne soit pas dans les matchs. Que ce soit une avance ou un score égal, le match était toujours assez serré pour qu’on puisse aller le chercher.” Il donne du contexte, il structure sa pensée, il amène une vision.
Même sur l’expérience des séries vécue par ses joueurs, il va plus loin :
“Ça aide. Ça fait partie de tout ça. Les séries élèvent ton niveau. Quand tu reviens l’année suivante, tu n’es pas nécessairement déjà à ce niveau-là, mais tu t’y rends plus rapidement et tu peux encore monter de là.” C’est clair, c’est construit, c’est utile.
Et pourtant, les sujets ne sont pas différents. Ce sont les mêmes angles, les mêmes enjeux, les mêmes préoccupations. Ce qui change, c’est uniquement la langue… et l’attitude.
C’est là que la question devient inévitable : pourquoi?
Pourquoi cette fermeture presque systématique envers les journalistes québécois? Pourquoi cette impatience, cette air bête, cette tendance à couper court?
Et surtout, pourquoi cette générosité dès que la question vient en anglais…
Ce n’est pas une question de contenu. Les journalistes francophones ne posent pas de mauvaises questions. Au contraire, plusieurs sont plus pointus, plus enracinés dans la réalité quotidienne de l’équipe. Anthony Martineau, Martin McGuire, Richard Labbé couvrent le club au quotidien, connaissent les tendances, voient les ajustements.
Ce n’est pas non plus une question de pression. Les séries arrivent, oui. Mais la pression est la même pour tout le monde dans la salle.
Alors quoi?
Il y a peut-être une fatigue. Une usure. Le fait de répondre en français demande parfois plus d’effort à St-Louis, qui pense d’abord en anglais. Mais ça n’explique pas cette mauvaise attitude et ce manque de classe.
Dans un marché comme celui des Canadiens de Montréal, où le lien avec les médias francophones est profondément ancré, ce genre de dynamique devient toxique.
Surtout quand elle se répète jour après jour.
Ce n’est pas la première fois qu’on voit ce pattern avec Martin St-Louis. Mais le voir revenir exactement au moment où les séries commencent, alors que tout le monde devrait être uni, c'est décevant.
Au final, ce n’est pas juste une question de langue. C’est une question de respect.
Et pour un entraîneur qui parle souvent de standards et de culture, il serait temps qu'il se rappelle... qu'il est né à Laval...
