Manque de respect à RDS: Kirby Dach détruit gratuitement

Manque de respect à RDS: Kirby Dach détruit gratuitement

Par David Garel le 2026-02-04

Il y a une ligne qu’on peut critiquer, analyser, débattre. Et il y a une ligne qu’on ne devrait jamais franchir : celle du manque de respect humain. Or, depuis plusieurs semaines, c’est exactement ce que subit Kirby Dach sur les ondes de RDS.

Ça dépasse le hockey. Ça dépasse la performance. Ça devient personnel.

À l’Antichambre, Vincent Damphousse l’a qualifié de joueur qui joue avec la peur au ventre, incapable de dicter le rythme, allant jusqu’à affirmer froidement :

« Ce n’est pas le deuxième centre du futur, ni un ailier top-6. » Puis Benoît Brunet est resté dans la même veine, toujours prêt à souligner ce que Dach ne fait pas, rarement ce qu’il fait bien.

" Il est trop inconstant pour être un joueur de la LNH".

Mais le sommet du malaise est venu avec Alain Crête, invité à RDS, qui a lancé cette phrase hallucinante :

« La pire chose qu’on pourrait lui faire, c’est enlever les miroirs dans le vestiaire. »

Crête, crampé, qui raconte à Louis Morisssette que Dach est un joueur narcissique, imbu de lui-même, prétentieux.

Louis Morissette, fidèle à son rôle de "hater", a enchaîné en se disant dégoûté de l'attitude prétentieuse de Dach qui s'aime beaucoup trop selon lui et qui ne pense qu'à son petit nombril.

On parle ici d’un gars de 25 ans, qui sort de saisons ravagées par les blessures, qui a pratiquement passé quatre ans à l’infirmerie, et qui tente laborieusement de reconstruire son jeu, sa confiance et son corps. Pas d’un vétéran millionnaire qui flotte sur la glace.

Et pourtant, à RDS, on le traite comme si c’était un fraudeur.

Pendant ce temps-là, sur la glace, Dach progresse. Lentement, oui. Mais visiblement.

À Minnesota, il marque son septième but. Il récolte quatre points à ses trois derniers matchs. Il admet lui-même :

« Je me sens de mieux en mieux. Je me sens un peu plus en confiance depuis que je suis de retour. L’idée, c’est de se charger des détails en premier, puis ensuite on est récompensé. »

Il refuse de parler de lui au singulier, ramène tout au « nous », parle du groupe avant de parler de ses statistiques. Un drôle de narcissique.

Son entraîneur, Martin St-Louis, est cinglant envers les critiques :

« Il nous donne du bon hockey. Oui, il y a des choses qu’on peut mesurer avec les stats, mais il nous apporte aussi du jeu de qualité dans des aspects difficiles à quantifier. »

Même message du capitaine Nick Suzuki :

« On peut voir qu’il progresse depuis son retour. Quand un joueur rate autant de temps, c’est le timing, les touches, la lecture du jeu. Tout ça prend du temps. Mais ce qu’on voit en ce moment, c’est qu’il fait les bonnes choses et qu’il travaille chaque jour. »

Dach gagne des batailles le long des rampes.

Il protège mieux la rondelle.

Il applique l’échec avant.

Il crée de l’espace pour Suzuki et Caufield.

Il marque des buts sales, dans la circulation.

Il prépare des jeux gagnants par son intensité.

Bref, exactement ce qu’on demande de lui.

Mais ça, à RDS, on s’en fout.

On préfère analyser son langage corporel. Sa façon de revenir au banc. Son regard. Son énergie supposément négative. On parle d’ego, de posture de vedette, de joueur qui « s’applaudit lui-même avant de se coucher ». Sérieusement?

Pendant ce temps, le même réseau défend bec et ongles Samuel Montembeault malgré une saison atroce, lui accorde toutes les excuses du monde, parle de contexte, de défensive poreuse, de confiance. Deux poids, deux mesures.

Avec Dach, aucune patience.

Aucune empathie.

Aucun contexte médical.

Aucune nuance.

C’est toujours la même cassette : paresseux, mou, prétentieux.

Et ça devient franchement inhumain.

S'il était Québécois, on le laisserait tranquille.

Kirby Dach n’a jamais été un leader autoproclamé.

Il n’a jamais demandé ce statut.

Il n’a jamais prétendu être arrivé.

Il essaie juste de redevenir un joueur de hockey après avoir vu sa carrière constamment interrompue.

Et pendant qu’il se bat pour revenir, RDS le piétine.

On peut critiquer son rendement.

On peut douter de son plafond.

On peut se demander s’il fait partie du futur.

Mais l’attaquer sur sa personnalité, son ego, son supposé narcissisme, alors qu’il est en reconstruction physique et mentale, c’est indigne.

RDS ne fait pas de l’analyse.

RDS fait de la démolition.

Et le plus ironique dans tout ça?

Alors que certains à Montréal commencent tranquillement à parler de prolongation de contrat, à envisager un contrat à rabais pour un joueur autonome avec compensation, à se demander si Dach ne mérite pas une vraie chance à long terme…

Le diffuseur officiel du Canadien est occupé à lui passer la gratte dans le dos.

Ça ne ressemble plus à du hockey.

Ça ressemble à un règlement de comptes.