Manque d'humanité: nos pensées sont avec Alexander Zharovsky et sa famille

Manque d'humanité: nos pensées sont avec Alexander Zharovsky et sa famille

David Garel
Le 2026-06-10

Imaginez être Alexander Zharovsky en ce moment.

Le jeune espoir russe est déjà à Montréal. Il patine avec Ivan Demidov. Il découvre tranquillement sa future organisation. Il se prépare à participer à son premier camp de perfectionnement avec les Canadiens de Montréal après avoir raté celui de l’an dernier en raison de problèmes de visa.

Sur papier, tout semble parfait.

Dans la réalité, ça doit être extrêmement difficile sportivement... mais surtout humainement...

Au même moment où Zharovsky tente de s’intégrer à l’organisation, tout le monde dans le monde du hockey parle d’une seule chose : les Canadiens de Montréal essaient d’acquérir un gros joueur.

Et chaque fois qu’un gros nom apparaît, son nom apparaît aussi.

Nico Hischier?

Dylan Larkin?

Alexander Zharovsky.

Matthew Knies?

Alexander Zharovsky.

Depuis des semaines, son nom revient constamment dans les rumeurs de transaction les plus importantes impliquant le Canadien.

Depuis que tout le monde connait la transaction avortée entre les Maple Leafs et le CH (Zharovsky, Bryce Pickford et deux choix de 1re ronde pour Matthew Knies), il est clair que ce package continue d'être offert partout dans la LNH.

Kent Hughes veut absolument sacrifier Zharovsky avant Michael Hage. Ouch.

Impossible pour le Russe de fermer son téléphone et passer à autre chose.

Il entend tout.

Sa famille entend tout.

Son entourage entend tout.

Imaginez la situation.

Vous arrivez à Montréal avec l’idée de vous rapprocher de l’organisation. Vous vous entraînez avec Ivan Demidov, votre ami d'enfance. Vous préparez votre avenir avec les Canadiens.

Puis vous ouvrez les réseaux sociaux.

Et vous découvrez que des analystes, des journalistes et des partisans discutent quotidiennement de votre départ potentiel.

C'est inhumain.

On comprend que c'est la business, mais les dirigeants du CH manquent bel et bien d'humanité dans ce dossier.

Selon ce qu'on nous dit, ni Kent Hughes, ni Jeff Gorton, n'ont appelé le kid pour le rassurer sur son avenir.

Cela veut dire que les dirigeants négocient en ce moment même une transaction incluant Zharovsky.

Ont-ils vraiment le choix de ne pas lui parler? Kent Hughes nous répondra qu'il vaut mieux garder le silence que de mentir ou de faire de faux espoirs.

Mais en ce moment, cela doit être horrible à vivre, non seulement pour Zharovsky, mais aussi pour sa famille qui était si fière que le Canadien de Montréal l'ait repêché.

Le plus ironique dans tout ça, c’est que Zharovsky s’apprête à quitter temporairement Montréal entre le 20 et le 24 juin pour participer au camp Gold Star en Floride avec plusieurs autres espoirs russes.

Ce camop est organisé par son agent, Dan Milstein, qui serait en furie que le nom de Zharovsky ait coulé dans la transaction Montréal-Toronto.

À une minute près, si l'ex-DG Brad Treliving avait soumis le courriel de la transaction à 15h au lieu de 15h01, le Russe serait un membre des Maple Leafs de Toronto.

Milstein est en colère car il croit que c'est le CH qui a coulé l'information pour se venger des Leafs.

Il sera intéressant de voir si l'agent va répondre aux questions pendant son camp en Floride.

Zharovsky reviendra immédiatement au Québec pour le camp de perfectionnement du Canadien qui se tiendra après le repêchage.

S'il est encore un membre des Canadiens.

Entre aujourd’hui et son retour en Russie à la mi-juillet, énormément de choses peuvent se produire.

Le repêchage approche.

Le marché des transactions s’active.

Les négociations pour un attaquant top-6 s’intensifient.

Et personne ne peut garantir qu’Alexander Zharovsky sera encore un espoir des Canadiens lorsque tout cela sera terminé.

C’est probablement la partie la plus cruelle du hockey moderne.

Les dirigeants parlent d’actifs.

Les partisans parlent de valeur marchande.

Les analystes parlent de scénarios.

Mais derrière tout ça, il y a un jeune homme de 19 ans qui tente simplement de lancer sa carrière professionnelle.

Et une famille qui doit avoir mal au coeur en voyant leur fils, leur frère, se faire traiter comme de la vulgaire marchandise.

Un jeune homme qui a choisi de passer près de quarante jours à Montréal cet été afin de s’intégrer à l’organisation.

Un jeune homme qui se prépare à rencontrer les entraîneurs, les dirigeants et les partisans.

Et qui sait parfaitement qu’il pourrait être échangé à n’importe quel moment.

C’est peut-être ça qui rend l’histoire aussi triste,

Au moment où Alexander Zharovsky enfile les couleurs des Canadiens à Brossard, personne ne peut affirmer avec certitude qu’il les portera encore lorsque son avion décollera pour retourner en Russie.

La LNH est cruelle.

Kent Hughes et Jeff Gorton, eux, ont perdu leur humanité... au nom de la business...