Méga transaction d’Alexis Lafrenière: un flop contre un flop

Méga transaction d’Alexis Lafrenière: un flop contre un flop

Par David Garel le 2026-01-24

Il y a des échanges qui ne sont pas faits pour choquer le monde, mais pour soulager deux directions générales embarrassées.

Et c’est exactement ce que serait une transaction Alexis Lafrenière contre Shane Wright : un deal de flops assumés, une tentative désespérée de chaque côté de sauver la face en transformant une erreur de parcours en nouvelle opportunité.

Selon Elliotte Friedman, les Rangers de New York et le Kraken de Seattle discutent sérieusement d’un échange one-for-one entre les deux anciens prodiges canadiens.

Deux noms, deux espoirs brisés, deux poids lourds médiatiques qui n’ont jamais su porter les attentes qu’on leur a fait porter dès 15 ans.

Lafrenière : de héros national à marchandise transférable...

Choix numéro 1 au total en 2020, Alexis Lafrenière devait être le sauveur, le nouveau visage du hockey canadien. Mais voilà : quatre ans plus tard, il est devenu le symbole d’une organisation des Rangers incapable de développer ses espoirs.

Depuis sa performance inspirée lors de la Classique hivernale, Lafrenière a ralenti. Cinq points en huit matchs, mais un différentiel de -7.

Et surtout, une perte de vitesse dans tous les aspects du jeu. Officiellement, son contrat de sept ans à 7,45 millions $ par saison ne le protège pas contre une transaction avant 2027. Officieusement, son nom est activement offert.

Le directeur général Chris Drury l’a même ignoré lors de sa tournée d’explication de la « reconstruction » annoncée dans une lettre ouverte aux partisans. Il a rencontré les vétérans, mais pas Lafrenière. Un message clair.

Le problème? En l’échangeant, Drury avouerait un échec de plus. Après avoir sacrifié Kaapo Kakko (2e au total, 2019), Vitali Kravtsov (9e, 2018) et Lias Andersson (7e, 2017), les Rangers risquent de se vider complètement de leur groupe de jeunes « vedettes » qu’ils n’ont jamais su encadrer.

Mais un échange Lafrenière-Wright éviterait cette humiliation frontale. Il s’agirait alors d’un « hockey trade », comme on dit dans le jargon : un jeune contre un jeune, un redémarrage pour chacun.

Wright : le regard noir devenu poids mort...

Du côté du Kraken, Shane Wright vit aussi un lent naufrage. Celui que tout le monde voyait sortir premier au repêchage 2022, qui a jeté un regard incendiaire à la table du CH lors de sa sélection au 4e rang, n’a jamais su imposer sa volonté dans la LNH.

17 points en 49 matchs. 7 buts. Une chute libre statistique, un pourcentage de tirs passé de 21% à 9%, une inefficacité aux mises au jeu (37%), et surtout une présence de plus en plus invisible.

Ce que le Kraken croyait avoir repêché, un centre two-way de haut niveau, leader naturel, s’est transformé en joueur sans mordant, sans explosion, sans véritable identité.

Et le timing est cruel : Seattle se bat pour une place en séries. Ils ne peuvent plus attendre. Selon David Pagnotta (TFP), le Kraken est prêt à inclure Shane Wright dans un échange pour acquérir un vrai attaquant top 6. Et dans cette perspective, Lafrenière apparaît comme une cible naturelle.

Contrairement à ce que certains pourraient croire, Seattle n’est pas à la recherche d’un centre. Avec Matty Beniers, Chandler Stephenson comme centre top-6, Jared McCann et Jaden Schwartz, des ailiers qui peuvent s'arranger au centre, ils sont très bien garnis dans l’axe.

C’est d’un ailier électrisant dont ils ont besoin. D’un joueur qui peut finir les jeux, attirer l’attention et changer l’élan d’un match par un flash de génie. Lafrenière, malgré toutes ses lacunes, possède encore ce potentiel. Il a les mains. Il a le flair. Il n’a simplement jamais trouvé le bon système.

De son côté, New York sait que Wright ne coûtera pas cher en prolongation si le pari tourne mal. Et il coche plusieurs cases pour une équipe qui a besoin d’un jeune centre fiable pour l’avenir, alors qu'ils vont échanger Vincent Trocheck.

Le parallèle est cruel, mais clair comme de l'eau de roche : aucun des deux joueurs n’a atteint le statut qu’on leur promettait. Aucun ne s’est imposé comme franchise player. Lafrenière pourrait intéresser Montréal, mais ils ne vont jamais sacrifier un attaquant top-6 ou un espoir de premier plan comme Michael Hage ou Alexander Zharovsky.

Wright? Le Canadien ne veut pas de lui. L’organisation est satisfaite d’avoir pris Slafkovský. Elle n’a aucun intérêt à ramasser un centre sans tranchant, dans un marché qui dévore les personnalités effacées.

Au fond, un échange Lafrenière contre Wright a du sens sur papier. Il permet aux deux DG de dire qu’ils ont tenté quelque chose. Il permet à deux joueurs en détresse de changer d’air. Il permet aux partisans de se dire que tout n’est pas encore perdu.

Mais il n’y a aucune garantie. Lafrenière pourrait se perdre à Seattle comme il s’est perdu à New York. Wright pourrait stagner à Manhattan comme il stagne dans l’État de Washington.

Ce serait un échange de désespoir. Un deal de « peut-être ». Une tentative de recyclage de déceptions haut de gamme.

Et ironiquement, ce serait la preuve que Montréal, pour une fois, a eu raison de parier contre le consensus.

Juraj Slafkovsky ou Shane Wright? Ouch...