Moment difficile pour Jonathan Drouin et sa famille: il revient chez lui

Moment difficile pour Jonathan Drouin et sa famille: il revient chez lui

Par David Garel le 2026-02-13

La pause olympique est arrivée comme une bouée pour Jonathan Drouin.

Pendant que la planète hockey a les yeux rivés vers Milan, pendant que Bo Horvat porte les couleurs de son pays et vit ce rêve que tous les joueurs poursuivent, Jonathan Drouin, lui, a pris la route inverse. Pas de projecteurs. Pas d’aréna. Pas de caméras.

Il est retourné chez lui.

Dans la région de Sainte-Agathe. À Huberdeau. Près des siens. Là où le bruit du monde devient plus faible. Là où on peut marcher dehors sans entendre son nom chuchoté derrière soi. Là où on peut redevenir un fils, un conjoint, un père, avant d’être un joueur de hockey.

On le sait maintenant : quand Jonathan Drouin ne va pas bien, il retourne auprès de sa famille. Ce n’est pas nouveau. C’est son refuge. Son ancrage. Sa façon de se rappeler qu’il existe une vie au-delà des statistiques, des trios et des critiques.

Mais cette fois, le contexte est lourd.

Parce qu’il n’a pas marqué depuis trois mois.

Parce qu’il n’a récolté qu’une seule petite aide à ses 12 derniers matchs.

Parce qu’il plafonne à trois buts cette saison.

Parce qu’il est rendu à 20 points après près de 50 rencontres.

Parce qu’il a commencé l’année sur le premier trio… et qu’il se retrouve maintenant à bricoler son hockey ailleurs, déplacé au centre alors que tout le monde sait qu’il n’est pas un centre naturel, entouré de joueurs eux-mêmes en difficulté.

Parce qu’il a perdu sa place sur la première vague de l’avantage numérique.

Parce que les médias de Long Island commencent à parler de favoritisme de la part de Patrick Roy et que Drouin devrait être envoyé dans les gradins.

Parce que les partisans parlent déjà de rachat de contrat.

Parce que certains répètent, cruellement, qu’il ne performe que lorsqu’il est sous-payé, comme au Colorado, et qu’il s’effondre dès qu’il signe pour plus d’un an. (4 M$ par année pour deux ans).

Parce que les réseaux sociaux recommencent à ressembler à Montréal.

Et ça, c’est ce qui inquiète vraiment.

Jonathan Drouin avait pourtant amorcé la saison avec de vraies promesses. Il jouait avec Horvat. Patrick Roy lui avait donné le premier trio, la première unité de powerplay, toute la confiance du monde. On parlait de renaissance. De projet humain. De revanche douce.

Aujourd’hui, on parle de chute libre.

Patrick Roy essaie tout. Il l’a déplacé. Il l’a mis au centre. Il l’a gardé longtemps sur les unités spéciales. Il lui parle. Il le protège publiquement. Mais même Roy, là, commence à manquer de leviers.

Et Drouin, lui, semble vidé.

Ce n’est pas seulement une mauvaise séquence. C’est un malaise profond. On le voit dans son langage corporel. Dans ses entrées de zone sans conviction. Dans ses replis défensifs tardifs. Dans cette façon de regarder le jeu passer devant lui.

C’est exactement comme à Montréal.

La même spirale.

Au début, on parle de malchance. Ensuite, on parle de confiance. Puis on parle de système. Et finalement, on commence à parler de l’homme.

Et c’est là que ça devient dangereux.

Parce que Jonathan Drouin n’est pas un joueur ordinaire. C’est un gars qui a déjà quitté une équipe en pleine saison pour sauver sa tête et sa santé mentale.

C’est un gars qui a déjà parlé ouvertement d’anxiété, de pression, d’isolement. C’est un gars pour qui le hockey peut devenir très sombre quand tout s’écroule.

Alors oui, la pause olympique lui fait du bien.

Oui, revenir à Sainte-Agathe, manger avec sa famille, prendre ses enfants dans ses bras, dormir dans son lit, respirer l’air froid des Laurentides, ça aide.

Au-delà du hockey, il y a la famille. Jonathan Drouin est aujourd’hui père de deux jeunes enfants. Ce n’est plus le même homme qu’à Montréal, ce n’est plus le même contexte, ce n’est plus la même solitude.

Mais voir leur père se faire écorcher publiquement, lire les commentaires, entendre les rumeurs de rachat, sentir l’atmosphère se durcir autour de lui… pour une conjointe, pour des enfants, c’est brutal.

Cette tempête médiatique, ce n’est pas juste Jonathan qui la traversem c’est toute sa famille. Et ça, c’est probablement la partie la plus cruelle de l’histoire.

Mais pendant qu’il se ressource, le bruit continue ailleurs.

On parle de son contrat.

On parle de son rendement.

On parle de rachat.

On questionne les décisions de Patrick Roy.

On écrit que Mathieu Darche s’est fait avoir.

Et tout ça, même à distance, ça traverse les murs.

C’est ça, la réalité.

La pause olympique n’efface pas trois mois sans but.

Elle donne juste un moment pour reprendre son souffle avant de replonger.

Jonathan Drouin va revenir à Long Island avec le même chandail, la même pression, les mêmes attentes. Il va remettre ses patins, regarder le tableau, entendre son nom dans l’alignement… et tout recommencera.

La seule chose qu’on peut espérer, sincèrement, c’est que cette pause lui ait permis de se recentrer. Pas pour marquer demain. Pas pour sauver une saison.

Pour rester debout.

Parce qu’au-delà du hockey, au-delà des Islanders, au-delà des trios et des contrats, il y a un homme qui traverse une période extrêmement difficile.

Et ça, peu importe la couleur du chandail, ça mérite mieux que des huées.

Ça mérite de la compassion.

Nos pensées accompagnent Jonathan Drouin et sa famille.

Pas le joueur.

L’humain.