Nick Suzuki sauve Samuel Montembeault d’un désastre en Floride

Nick Suzuki sauve Samuel Montembeault d’un désastre en Floride

Par André Soueidan le 2025-12-30

Zéro à zéro pendant quarante minutes.

Un match d’une lourdeur presque soporifique.

Une ambiance de fin d’année, des gradins tièdes, et un Canadien visiblement décidé à jouer le match le plus prudent possible pour protéger son gardien.

Retour attendu de Samuel Montembeault, première titularisation depuis des semaines, et un plan clair : jouer simple, fermer le jeu, éviter les erreurs coûteuses.

Jusqu’au moment où tout s’est fissuré.

Parce qu’à 1-0, ce n’est pas un système qui a craqué. C’est une décision individuelle.

Juraj Slafkovský avait pourtant reçu le message. Jeux simples. Gestion du risque. Pas de dentelle.

Mais à pleine vitesse en zone adverse, la tentation a été trop forte.

Forcer la note. Vouloir créer seul.

La rondelle se fait voler, la frustration embarque, le retour est précipité… et l’accrochage est évident.

Mauvais timing. Très mauvais timing.

Avantage numérique pour les Panthers. Une unité qui était 0-en-3 jusque-là, et qui n’attendait qu’une occasion comme celle-là.

Brad Marchand s’est promené dans la zone du Canadien comme dans un parc un dimanche après-midi, a pris tout le temps du monde, et a décoché un tir de l’enclave. 1-0.

La réaction de Slafkovský sur le banc des punitions disait tout. Il savait. Tout le monde savait.

Puis est venue la véritable cassure.

Le 2-0 n’aurait jamais dû exister.

Un tir presque du coin de la patinoire, une trajectoire anodine, et une rondelle qui trouve le chemin au-dessus de l’épaule de Montembeault.

Une boulette. Une vraie.

Le genre de but qu’un gardien de la LNH ne peut pas se permettre de donner dans un match aussi serré.

À ce moment-là, le naufrage guettait.

Et pourtant.

Refus total d’abandonner. Refus total de s’écraser.

Cole Caufield a allumé l’étincelle avec un but de toute beauté pour ramener le Canadien à un seul filet d’écart. Un but nécessaire. Un but de vie.

Puis, le capitaine a pris le contrôle.

Nick Suzuki a refusé de laisser cette soirée devenir un résumé de bourdes et de regrets.

À 1 minute 22 de la troisième période, sur une passe d’Ivan Demidov, Suzuki a égalisé. Un tir précis. Un gardien battu. Un symbole.

Le match venait de changer d’âme.

Prolongation.

Avantage numérique.

Et un autre geste inutile, cette fois de Marchand, qui pousse un joueur déjà vulnérable à genoux. Une niaiserie. Une erreur impardonnable à ce moment du match.

Punition. Sentence immédiate.

À 3:24 de la prolongation, Suzuki a complété le travail. Deuxième but du match. 13e de la saison. Rideau.

La vérité est simple, même si elle dérange : sans Nick Suzuki, cette soirée se termine en défaite lourde, et Samuel Montembeault quitte la glace avec une étiquette encore plus difficile à porter.

Le Canadien a gagné, oui. Mais il a surtout été sauvé par son capitaine.

Slafkovský devra apprendre à canaliser sa fougue. Montembeault devra retrouver une stabilité qui lui échappe encore trop souvent.

Mais Suzuki, lui, a rappelé exactement pourquoi ce club peut encore croire à quelque chose.

Quand tout menace de s’effondrer, le capitaine est encore là pour ramasser les morceaux.

Et cette fois, il l’a fait en Floride, à la veille du jour de l’An, en sauvant bien plus qu’un match.

Ouff...