Zachary Bolduc et le Canadien de Montréal sont à deux doigts de s’entendre.
Après des semaines de silence, d’interrogations et de spéculations autour de la prolongation de contrat du Québécois, les contours d’une entente commencent enfin à se préciser.
Et contrairement à ce que plusieurs pouvaient croire, le véritable point de tension ne serait pas nécessairement le montant d’argent. Le dossier se jouerait plutôt sur un détail beaucoup plus important : la durée du contrat.
Trois ans ou quatre ans.
Voilà où se trouverait présentement la véritable négociation entre Kent Hughes et le clan de Zachary Bolduc.
Selon les informations rapportées par Nicolas Cloutier, de TVA Sports, les deux parties doivent maintenant trouver leur fameuse « piste d’atterrissage ».
Et lorsqu’on regarde les différentes possibilités, on comprend rapidement pourquoi les discussions ne sont pas encore terminées. Chaque année supplémentaire modifie complètement la valeur du contrat, le niveau de contrôle du Canadien et l’avenir financier de Bolduc.
Pendant ce temps, une autre analyse, celle du journaliste Éric Engels de Sportsnet, vient ajouter une pièce extrêmement intéressante au casse-tête.
Selon Engels, une entente de trois ans à environ quatre millions de dollars par saison serait l’une des deux formules proposées par le CH.
Selon Engels, il serait même surprenant que le dossier ne soit pas réglé avant l’arrivée des joueurs du Canadien pour leurs examens physiques, prévus le 16 septembre.
« Je ne suis pas certain que cela arrivera aujourd’hui, mais je serais surpris que ce ne soit pas réglé avant que les joueurs du Canadien se présentent pour leurs examens physiques, le 16 septembre. »
Car Zachary Bolduc aurait déjà clairement indiqué au cours de l’été qu’il aimerait s’établir à Montréal à long terme. Il ne chercherait pas nécessairement à faire exploser la banque immédiatement. Mais comme il l’a lui-même expliqué, tout dépend de l’argent.
Dans la LNH moderne, la durée et le salaire sont pratiquement impossibles à séparer. Un joueur qui accepte de signer pour longtemps abandonne des années potentielles sur le marché des joueurs autonomes. Il accepte de donner davantage de contrôle à son équipe. En échange, il veut généralement être payé.
Kent Hughes doit donc décider jusqu’où il est prêt à aller.
Et Bolduc doit décider quelle liberté il est prêt à abandonner.
Selon les scénarios qui circulent, la situation pourrait être relativement simple. Pour trois ans, Bolduc pourrait obtenir environ quatre millions de dollars par saison. Pour quatre ans, le Canadien préférerait descendre autour de 3,5 millions de dollars annuellement.
Un contrat de trois ans permettrait au Canadien de conserver davantage de flexibilité. Bolduc demeurerait sous contrôle de l’organisation et Hughes pourrait revenir à la table des négociations en 2029.
Pour le joueur, le scénario serait également intéressant. Il toucherait immédiatement un salaire respectable et pourrait négocier une nouvelle entente alors qu’il approcherait de ses meilleures années offensives, pendant que le plafond explose.
Un contrat de quatre ans serait encore mieux pour lui, puisqu’il deviendrait joueur autonome sans compensation en 2030 et pourrait faire sauter la banque en tant qu’agent libre.
« Si ce n’est pas trois ans, cela pourrait être deux ans ou quatre ans, mais je ne miserais pas sur un an ou huit ans. Je pense qu’une entente à court ou moyen terme profiterait aux deux parties », affirme Engels.
Kaiden Guhle avait accepté une prolongation de six ans à 5,55 millions de dollars par saison. À l’époque, les négociations avaient également tourné autour de la durée du contrat et du contrôle que Montréal voulait conserver sur son joueur.
Le Canadien n’aurait pas voulu payer environ huit millions de dollars par année pour un contrat de huit saisons. De son côté, le clan Guhle devait également penser à l’avenir et à la possibilité pour le défenseur de toucher un salaire encore plus important lors de son prochain contrat.
Les deux parties avaient finalement trouvé leur compromis.
Six ans.
5,55 millions de dollars par année.
Dans le cas de Bolduc, le scénario est différent. L’attaquant n’a probablement aucun intérêt à se « menotter » pendant six ou huit ans alors que le plafond salarial de la LNH continue d’exploser. Plus il attend, plus le marché pourrait devenir avantageux pour lui.
Et Kent Hughes n’a probablement aucun intérêt à offrir cinq millions de dollars ou plus pendant six saisons à un joueur dont le plafond reste encore à déterminer.
Nicolas Cloutier estime d’ailleurs que Bolduc pourrait théoriquement atteindre une valeur de cinq à 5,5 millions de dollars par année dans le cadre d’un contrat de six ans. (Le même contrat que Mavrik Bourque.)
Et lorsque l’on regarde les contrats signés ailleurs dans la LNH, on comprend rapidement pourquoi les agents deviennent de plus en plus agressifs.
Le plafond salarial augmente.
Les contrats explosent.
Et les équipes doivent maintenant payer très cher lorsqu’elles veulent acheter des années de contrôle.
Le cas de Ville Koivunen illustre parfaitement cette nouvelle réalité. Les Penguins lui auraient accordé quatre millions de dollars par année cet été dans le cadre d’une entente de huit ans, malgré le fait qu’il n’ait pas encore véritablement fait ses preuves dans la Ligue nationale.
C’est le nouveau monde de la LNH.
La question à quatre millions de dollars?
Le Canadien est-il en train d’être trop cheap avec Zachary Bolduc?
C’est difficile de ne pas y penser lorsqu’on entend parler d’un possible écart entre trois ans à quatre millions de dollars et quatre ans à seulement 3,5 millions de dollars.
Si Montréal croit réellement en lui, est-ce qu’un demi-million de dollars par année devrait empêcher les deux parties de s’entendre?
Pousse, mais pousse égal, Zach.
Pour un joueur utilisé en moyenne 11 minutes et 23 secondes par rencontre…
Disons simplement que son compte en banque risque d’être beaucoup plus en forme que son temps de glace.
