Patrik Laine vise Martin St-Louis: le coach perd patience

Patrik Laine vise Martin St-Louis: le coach perd patience

Par David Garel le 2026-01-26

À Brossard, ce matin-là, il n’y avait pas de communiqué, pas de déclaration officielle, pas de phrase soigneusement polie pour calmer la tempête.

Il y avait autre chose. Il y avait des tasses de café. Des feintes exécutées sans hésitation. Des jeux faits à pleine vitesse, dans des espaces serrés. Et surtout, il y avait un message, clair, direct, impossible à ignorer.

Patrik Laine n’a rien dit.

Il n’en avait pas besoin.

À l’entraînement du Canadien de Montréal, après deux défaites qui ont fait grincer des dents contre les Sabres et les Bruins, Laine a parlé avec son talent.

Feinte après feinte, il a rappelé une chose fondamentale que tout le monde semble avoir oubliée dans le débat actuel : on peut lui reprocher bien des choses, mais jamais son talent.

Les fameuses « tasses de café » étaient là. Encore et encore. Dans le trafic. Sous pression. À une touche. Ce n’est pas un joueur qui survit à l’entraînement.

C’est un joueur qui impose son rythme quand la rondelle circule. Et ce matin, son talent visait... Martin St-Louis...

Et quand on regarde ça froidement, sans filtre émotionnel, sans narratif préfabriqué, le message est brutal : ce gars-là n’est pas fini.

Le dossier Laine est déjà brûlant, mais là, il vient de passer à un autre niveau. Parce qu’à Brossard, on l’a vu faire des rotations sur le premier trio. Suzuki. Caufield. Texier.

Pas une présence symbolique. Pas un simple “au cas où”. Des séquences répétées. Des échanges naturels. De la chimie qui apparaît sans qu’on la force.

Et là, forcément, ça soulève une question que tout le monde se pose, mais que peu osent formuler clairement :
si Laine peut faire ça à l’entraînement, pourquoi pas en match?

D’un côté, Patrik Laine, calme mais déterminé, qui répond à la controverse avec ses mains, sa vision et son instinct offensif.

De l’autre, Martin St-Louis, visiblement à cran. Mèche courte. Ton sec. Intensité maximale. À l’entraînement, le message était tout aussi clair : le coach n’est pas satisfait. Pas du tout. On l'a entendu crier à plusieurs reprises:

St-Louis a élevé le niveau. Il a exigé plus. Il a coupé des séquences. Il a corrigé, repris, insisté. On a senti un entraîneur qui refuse de laisser la saison lui glisser entre les doigts, qui veut reprendre le contrôle après deux revers difficiles. L’intensité n’était pas théâtrale. Elle était urgente.

Et c’est précisément dans ce contexte-là que la performance de Laine à l’entraînement prend tout son sens.

Parce que oui, on peut questionner son intensité en match. Oui, on peut analyser son jeu sans la rondelle. Oui, on peut débattre de son fit défensif dans la structure actuelle. Mais quand le rythme monte, quand la pression augmente, quand l’exécution doit être instantanée, son talent ressort encore.

Ce n’est pas un hasard si, dès que Laine touche à un trio offensif, la rondelle circule différemment. Les défenseurs hésitent une demi-seconde de plus. Les options se multiplient. C’est l’effet d’un joueur qui pense le jeu à un autre niveau.

Et c’est là que le malaise devient réel pour l’organisation. Surtout quand Martin St-Louis continue de le traiter comme un "extra" pendant les exercices d'avantage numérique:

Parce que si tu continues de l'écarter ou de ne pas lui donner de vrai temps de jeu offensif, ce n’est plus une question de performance, c’est un choix stratégique assumé. Et chaque entraînement comme celui-là rend ce choix plus difficile à défendre publiquement.

Laine n’a pas été parfait. Il n’a pas soudainement changé son ADN. Mais il a envoyé un message limpide : je suis prêt, je suis là, et je peux encore faire la différence. Pas en parlant. En jouant.

Dans un contexte où Martin St-Louis cherche désespérément une étincelle, où le premier trio cherche une stabilité, où l’attaque a besoin de finition, ce genre d’entraînement ne passe pas inaperçu. Ni pour les joueurs. Ni pour le staff. Ni pour les dirigeants.

Ça chauffe dans le dossier Patrik Laine.

Ça chauffe sur la glace.

Ça chauffe derrière le banc.

Et une chose est sûre : après ce qu’on a vu à Brossard, il sera de plus en plus difficile de faire comme si ce message n’avait jamais été envoyé.