Le timing ne pourrait pas être pire pour Élizabeth Rancourt. Au moment même où elle tente encore de s’imposer comme visage principal du hockey à TVA Sports, où elle encaisse les critiques, les controverses et les moments de malaise en direct, une autre réalité est en train de s’installer tranquillement dans le paysage médiatique québécois : celle d’une nouvelle figure qui, elle, fait presque l’unanimité. Et cette figure, c’est Andrée-Anne Barbeau.
D’un côté, Rancourt traîne une autre année lourde, toujours marquée par une transition difficile après le départ de Louis Jean en 2023, une baisse d’adhésion du public, des sorties controversées et, plus récemment, des séquences humiliantes de placement de produits qui ont fait le tour des réseaux sociaux.
📺 Combien est-ce que ça peut rapporter, un tel placement de produit?
— DansLesCoulisses (@DLCoulisses) March 1, 2026
😅🤣 pic.twitter.com/esczv3LPEx
De l’autre, Barbeau arrive au sommet au moment parfait, portée par un parcours solide, une crédibilité bâtie sur près de deux décennies de travail, et surtout, une réception quasi unanime de la part du public et de l’industrie.
Une première femme à l’animation des matchs des Canadiens à RDS: Andrée-Anne Barbeau succédera à Alain Crête – Noovo Info https://t.co/T22nqFL7RO
— Denis Vézina (@DenisDvezine) April 15, 2026
Ce qui rend la situation encore plus difficile pour Rancourt, c’est que Barbeau ne sort pas de nulle part. Elle a gravi chaque échelon.
Du Saguenay, où elle a accepté ses premiers mandats sans prétendre tout connaître, jusqu’aux grands réseaux, en passant par la radio, la couverture terrain, les ligues juniors, la NFL, les Sénateurs d’Ottawa, la Victoire de Montréal, et les présences régulières à L’Antichambre.
Elle a tout fait. Elle a tout pris. Et aujourd’hui, elle récolte en succédant à Alain Crête.. Sa nomination à la tête du Hockey des Canadiens à RDS n’a surpris personne.
Au contraire, elle a été accueillie avec enthousiasme, autant par ses collègues que par les amateurs. Le soir même de l’annonce, les messages ont afflué, les réactions ont été positives, naturelles, presque évidentes.
Et c’est là que la comparaison devient un véritable cauchemar pour Rancourt.
Parce que pendant que Barbeau devient la première femme à occuper ce rôle à temps plein à RDS, avec une aura de pionnière et un capital de sympathie immense, Rancourt, elle, se retrouve associée à une image complètement différente.
Celle d’une animatrice sous pression, coincée dans un modèle télé en crise, forcée de composer avec des choix éditoriaux discutables, et incapable de recréer le lien que le public avait avec Louis Jean.
Pizza Salvatoré c’est la chaîne qui a obligé Elizabeth Rancourt à faire du placement de leurs pizzas pas mangeables 🙄 A moins de ne rien connaître en pizzas…tu n’achètes pas chez Salvatoré.https://t.co/RYs5HN6oUz pic.twitter.com/uongKBhLA7
— Caroline Moreau (boycott USA 🇺🇸) (@Carolin75940848) March 7, 2025
Ce n’est pas seulement une question de talent ou de compétence. C’est une question de perception. Et en télévision, la perception est tout.
Le public québécois avait adopté Louis Jean. Il incarnait une stabilité, une proximité, une crédibilité qui ne s’improvise pas.
Le remplacer n’allait jamais être simple. Mais la manière dont la transition s’est faite, combinée aux turbulences internes de TVA Sports et aux controverses entourant Rancourt, a rendu la tâche presque impossible.
Prières pour Elizabeth Rancourt: l'animatrice dans tous ses états 👇🙏😢 https://t.co/SpP7uXVCeB
— hockey30.com (@HOCKEY30_com) April 20, 2025
Et aujourd’hui, avec Barbeau qui prend le contrôle du produit le plus fort au Québec dans des conditions idéales, l’écart se creuse encore plus.
Parce que Barbeau arrive dans un contexte porteur. Un Canadien en progression, une base de fans engagée, une plateforme solide, une équipe stable.
Elle n’a pas à se battre contre son environnement. Elle peut simplement être elle-même. Et ça paraît. Son parcours, marqué par le travail acharné, par une montée progressive, par une polyvalence impressionnante, lui donne une légitimité que personne ne remet en question.
Même les pionnières comme Chantal Machabée reconnaissent l’importance du moment et la portée symbolique de son arrivée.
Pendant ce temps, Rancourt continue de naviguer dans la tempête. Elle n’est plus seule. Elle n’est plus intouchable. Et surtout, elle n’est plus la figure centrale incontestée qu’on voulait installer. Dans l’opinion publique, dans les discussions, dans l’attention médiatique, elle est maintenant la 2e femme du Québec sportif.
Et c’est ça, le vrai cauchemar.
Ce n’est pas seulement la critique. Ce n’est pas seulement les moments de malaise en ondes. C’est de voir, en parallèle, quelqu’un d’autre prendre exactement la place que tu essaies d’occuper… mais avec l’adhésion complète du public.
Ce qui complique encore davantage la situation pour Élizabeth Rancourt, ce n’est pas seulement la pression liée à son rôle, c’est l’accumulation des controverses.
Les réactions négatives sur ses propos visant Carey Price ou Marc Denis ont fait en sorte qu'elle s’est retrouvée au cœur de tempêtes médiatiques qui ont laissé des traces.
Sur Marc Denis, elle ne s’est pas contentée d’une critique normale. Elle a carrément remis en question sa façon de s’exprimer, son style, son approche professionnelle.
Voila 😅 Elle dit quand même qu’il fait une bonne job, mais son raisonnement est pas super pic.twitter.com/5S5T57HHfn
— Alex (@ivandemigoal) June 29, 2023
« Modère ton vocabulaire. T’es pas obligé d’être parfait. J’aime mieux quelqu’un qui a moins de vocabulaire, mais qui va m’amener dans l’émotion. »
« T’es pas obligé d’être parfait. On veut sentir que t’es un ancien joueur. »
Ça a frappé fort, parce que Marc Denis est justement reconnu pour son professionnalisme, sa rigueur, son français impeccable. Beaucoup de gens ont vu ça comme une attaque gratuite contre quelqu’un qui fait bien son travail.
Mais c’est surtout ses propos sur Carey Price qui ont déclenché le plus gros backlash.
« À chaque fois, je pète tellement la balloune des gens quand ils me disent qu’ils trippent sur Price. C’est un très bon gardien, mais d’après moi, cet athlète-là n’aime pas le hockey. C’est aussi simple que ça. Il veut juste partir dans l’Ouest, pêcher et chasser. That’s it. »
@solemn.podcast L’athlète le plus overrated 👀 l’aimez-vous ? #hockey #sport #quebec #mtl #canadiens ♬ son original - Solemn
Et elle a enchaîné avec quelque chose d’encore plus dur :
« D’après moi, ça fait des années que le hockey, il n’y a plus de fun, puisqu’il est là juste parce qu’il y a le talent et l’argent qui vient avec. C’est tout. »
Là, ça a explosé.
Parce que Carey Price, au Québec, ce n’est pas juste un joueur. C’est une figure respectée, admirée, surtout avec tout ce qu’il a traversé, les blessures, la pression, la fin de carrière difficile. Dire qu’il joue “juste pour l’argent”, ça a été perçu comme complètement déconnecté et même irrespectueux.
C’est exactement ce genre de déclarations qui a fait basculer une partie du public. Pas une critique hockey. Pas une analyse. Une prise de position tranchante, personnelle, qui frappe fort… mais qui laisse des traces.
Et depuis ce moment-là, chaque fois qu’elle parle, il y a une partie du public qui écoute avec ce souvenir-là en tête.
À cela se sont ajoutées des vagues de commentaires haineux sur les réseaux sociaux, souvent misogynes, qu’elle a elle-même dénoncées publiquement, mais qui ont contribué à installer un climat tendu autour de sa présence.
Ce n’est plus juste une animatrice qu’on regarde, c’est une figure polarisante, coincée dans un cycle où chaque faux pas prend des proportions démesurées.
Dans ce genre de contexte, il ne suffit plus de tenir le micro.
Il faut gagner le cœur des gens.
Et en ce moment, au Québec, ce cœur est à RDS... et ne sera jamais à TVA Sports...
