Les premiers mots de Gleb Pugachyov sous les couleurs du Canadien font déjà énormément réagir.
Le choix de première ronde du Canadien n’a pas attendu de mettre les pieds sur la glace du Centre Bell pour envoyer un message à toute la Ligue nationale.
Quelques jours après avoir été repêché au 26e rang, le puissant attaquant russe a accordé une longue entrevue à RG Media
Avant même d’évaluer son talent, les dirigeants montréalais ont voulu tester son caractère.
Ils lui ont présenté plusieurs mises en situation. La plus marquante impliquait Tom Wilson, l’un des joueurs les plus intimidants de toute la Ligue nationale.
“Tu es un gros joueur, tu frappes tout le monde et tu n’as peur de personne. Imagine que tu joues déjà pour Montréal. Nous affrontons Washington. Tu appliques une solide mise en échec à un de leurs jeunes joueurs et Tom Wilson vient immédiatement te voir. Es-tu prêt à te battre avec lui?”
La réponse de Pugachyov en dit long sur le personnage.
Il explique avoir répondu qu’il n’hésiterait pas une seconde à se battre et qu’il était convaincu qu’il sortirait gagnant d’un tel affrontement. Il est même allé jusqu’à dire, dans ses propres mots, qu’il le détruirait.
« Oui. Je leur ai dit qu’il ne resterait plus rien de lui. »
À Washington, on trouve ses propos déplacés et arrogants. À Montréal, on trouve le kid confiant et baveux de la bonne façon.
Il veut même se battre contre Josh Anderson... son propre coéquipier.
"Ils m’ont proposé une autre situation : “Tu arrives au camp des recrues du Canadien. Josh Anderson est là. Tu le frappes, il réplique et une altercation éclate entre vous. Que se passe-t-il ensuite?”
J’ai répondu : “Il y aura un combat.” »
À 18 ans, alors qu’il n’a pas encore joué un seul match dans la LNH, afficher une telle confiance demande beaucoup d’audace. Certains trouveront cela rafraîchissant. D’autres y verront un manque de respect.
Le Canadien voulait probablement mesurer son courage à huis clos. Voir cette histoire devenir publique quelques jours après le repêchage n’était peut-être pas l’objectif initial de l’organisation.
Mais le Russe s'en contre-fout. Il veut juste annoncer à la LNH entière qu'il va donner des corrections à tout le monde.
Reste que Pugachyov ne veut pas être reconnu uniquement pour sa carrure. Il affirme que son identité repose sur sa capacité à contribuer partout sur la glace. Il veut être utile dans les trois zones, tuer des pénalités, jouer de façon responsable défensivement et utiliser son physique au bon moment.
Il insiste également sur le fait que son plus gros chantier demeure son patinage, convaincu qu’un grand joueur doit constamment améliorer sa mobilité.
L’entrevue révèle aussi un jeune homme beaucoup plus mature qu’on pourrait le croire.
Il raconte avoir senti avant le repêchage que Montréal souhaitait réellement le sélectionner. Il décrit d’ailleurs sa rencontre avec les dirigeants comme la plus originale et la plus marquante de tout son processus de sélection.
Après le repêchage, sa priorité est devenue simple : obtenir rapidement son visa canadien afin de rejoindre le camp de développement, découvrir les installations du Canadien et commencer à s’intégrer au sein de l’organisation.
Sa préparation n’a toutefois pas été idéale.
Un problème à une jambe l’a forcé à interrompre ses entraînements pendant plusieurs semaines avant le repêchage. Il a dû reprendre progressivement la glace afin d’arriver en meilleure condition possible au camp.
Son parcours impressionne également.
Né au Kazakhstan avant de poursuivre son développement en Russie, il a gravi les échelons à une vitesse remarquable, passant du hockey junior jusqu’à la KHL en très peu de temps. Il explique d’ailleurs qu’il préfère vivre dans le présent plutôt que de regarder constamment vers l’avenir, convaincu que les grandes carrières se bâtissent une journée à la fois.
Depuis l’âge de 15 ans, il vit seul pendant une bonne partie de l’année. Il cuisine, s’occupe de lui-même et estime que cette autonomie lui a permis de gagner rapidement en maturité.
Mentalement, il se décrit comme quelqu’un d’extrêmement exigeant envers lui-même.
Les défaites le dérangent profondément. Lorsqu’un match tourne mal, il affirme revoir la rencontre, analyser chacune de ses erreurs et tenter de comprendre précisément ce qui n’a pas fonctionné avant de retourner immédiatement au travail.
Ses modèles de carrière parlent aussi beaucoup de lui.
Il admire l’intensité d’Alexander Radulov, la puissance de Valeri Nichushkin, le professionnalisme d’Auston Matthews, l’intelligence d’Aleksander Barkov, le rythme imposé par Nathan MacKinnon ainsi que le talent de Kirill Kaprizov. Chez les jeunes vedettes, Ivan Demidov et Macklin Celebrini retiennent particulièrement son attention.
ette entrevue démontre surtout une chose.
Le Canadien n’a pas seulement repêché un gros ailier physique.
Il a repêché un joueur qui déborde de confiance, qui assume pleinement son style, qui refuse d’avoir peur de qui que ce soit et qui semble convaincu qu’il est destiné à jouer un rôle important dans la LNH.
Cette confiance deviendra-t-elle sa plus grande force… ou son premier véritable test lorsqu’il affrontera les meilleurs joueurs du monde?
La réponse viendra sur la glace.
Mais une chose est certaine : Gleb Pugachyov n’a pas attendu son premier match pour faire parler de lui.
