Propos déplacés sur Arber Xhekaj: Martin St-Louis refuse de s'excuser

Propos déplacés sur Arber Xhekaj: Martin St-Louis refuse de s'excuser

David Garel
Le 2026-09-03

Le dossier Arber Xhekaj nous pue au nez. Nous sommes maintenant rendus à moins de deux semaines du camp d’entraînement et le défenseur n’a toujours pas signé son nouveau contrat.

Les questions entourant son rôle se multiplient et, surtout, le malaise entre le Shérif et son entraîneur-chef est impossible à ignorer.

Pendant ce temps, à Philadelphie, Rick Tocchet vient de donner une leçon cinglante à Martin St-Louis.

Rick Tocchet vient publiquement de reconnaître qu’il est allé trop loin avec Matvei Michkov.

Un entraîneur-chef de la LNH vient de regarder en arrière et d’admettre qu’il avait commis une erreur.

La deuxième saison de Matvei Michkov dans la LNH n’a pas été facile. L’attaquant a récolté 51 points, soit une baisse importante par rapport à sa première campagne, et Rick Tocchet n’a jamais caché sa frustration devant certaines facettes du jeu de son jeune joueur.

Au cours de la saison, Tocchet avait notamment critiqué publiquement la condition physique de Michkov. Le problème, c’est que les commentaires étaient revenus à plusieurs reprises.

Aujourd’hui, l’entraîneur des Flyers reconnaît qu’il aurait dû faire les choses autrement.

« Je pense qu’il s’agit d’une occasion d’apprendre pour nous deux. La relation a été trop amplifiée et il en a parlé. En février, j’étais frustré. J’aurais probablement dû garder pour moi les remarques sur son état ; je l’avais déjà évoqué quatre fois. Je ne crois pas qu’il fallait le mentionner une cinquième fois. Comme coach, vous apprenez. J’aimerais donc revenir en arrière sur celle-là. »

Un entraîneur qui comprend que critiquer publiquement un jeune joueur peut éventuellement le détruire.

Tocchet a également tenu à préciser que Michkov avait appris énormément au cours de la dernière année et que les entraîneurs avaient fait un excellent travail avec lui.

« Cependant, avec la façon dont nous l’avons encadré pour tenter de lui faire comprendre certaines choses, les entraîneurs ont fait de l’excellent travail avec lui. Vous pouvez lui poser la question ; je ne veux pas parler à sa place, mais il a vraiment beaucoup appris de l’année dernière. Il a apprécié les interactions avec les instructeurs. Cela dit, il a tout de même disputé de très bons matchs pour nous. Ce n’est pas comme s’il avait été mauvais. »

Et Tocchet va encore plus loin.

Son objectif n’est pas de transformer Michkov en robot ou de lui faire perdre son identité.

Il veut l’aider à être meilleur sans enlever ce qui fait de lui un joueur spécial.

« Il a des attentes élevées envers lui-même. Je veux réellement l’aider dès le départ et le placer dans une situation qui le rendra à l’aise sur la patinoire. Je souhaite qu’il soit créatif, qu’il se présente dans mon bureau pour me demander ce que je pense de tel ou tel truc.

Néanmoins, il y a des éléments non négociables. Mais je serais fou de ne pas le laisser s’exprimer, de l’empêcher de déjouer un adversaire à un contre un ou d’effectuer des jeux à l’emporte-pièce. Je pense qu’il a travaillé cet été afin de se préparer à cela. »

Maintenant, regardons Martin St-Louis et Arber Xhekaj.

« Des erreurs niaiseuses »

Le problème entre Martin St-Louis et Arber Xhekaj ne date pas d’hier.

Depuis plusieurs saisons, l’entraîneur-chef du Canadien n’a jamais caché qu’il voulait davantage de constance et de maturité de la part de son défenseur. En octobre 2024, alors que Xhekaj avait été laissé de côté, St-Louis avait été particulièrement direct.

« Je m’attends à une meilleure version de Xhekaj. Il n’est pas alerte, il n’est pas constant… »

« Il doit se dire : “Je dois être meilleur.” C’est très simple. »

St-Louis avait également rappelé que Xhekaj n’était plus une recrue et qu’il devait apprendre de ses erreurs.

Jusque-là, aucun problème.

Un entraîneur a parfaitement le droit d’exiger davantage d’un joueur.

Le problème, c’est la manière dont le discours a continué à évoluer.

Le point culminant est survenu lors de cette défaite complètement folle contre les Rangers, alors que le Canadien avait pourtant pris une avance de 3-0 la saison dernière.

Après la rencontre, Martin St-Louis était furieux.

Et un terme est revenu constamment.

Les « erreurs niaiseuses de Xhekaj ».

« On a pris le contrôle du match. À 3 à 0, les Rangers n’avaient aucune vie. Puis, on a commencé à faire des erreurs niaiseuses. Ça leur a redonné vie. C’est l’histoire du match. »

Lorsqu’on lui a demandé s’il y avait un type d’erreurs qui l’achalait particulièrement, il n’a pas tourné autour du pot.

« Oui, les erreurs niaiseuses. Celles-là m’achalent beaucoup. »

Puis, lorsqu’on lui a demandé de préciser de quelles erreurs il parlait :

« Si tu regardes la game, tu peux les voir. »

Ouch.

Le message était brutal.

Tout le monde avait vu les revirements du Shérif.

St-Louis a détruit ses joueurs devant tout le monde. Des propos déplacés qui donnent la nausée.

Lorsqu’un entraîneur utilise publiquement des expressions comme « erreurs niaiseuses », qu’il refuse ensuite de préciser les séquences et répond simplement que tout le monde peut les voir, il laisse le joueur absorber seul une partie énorme de la tempête.

Et maintenant, Xhekaj n’a toujours pas signé.

Et selon ce qui circule, son rôle au sein de l’organisation ferait partie des questions importantes qui entourent les négociations.

Comment pourrait-il ne pas être préoccupé?

Depuis des années, Martin St-Louis le maltraite.

Pendant ce temps, Rick Tocchet regarde Matvei Michkov et dit : « J’aurais peut-être dû faire les choses autrement. »

Martin St-Louis, lui, n’a jamais fait un véritable mea culpa public concernant la manière dont certaines critiques envers Xhekaj ont été formulées.

Et ce silence commence à devenir lourd.

Il aurait dû dire :

« J’étais frustré. Certaines de mes remarques auraient peut-être dû rester à l’interne. Arber doit continuer de progresser, mais comme entraîneur, je dois également apprendre la meilleure façon de l’aider. »

Au lieu de continuer à parler de maturité, peut-être devrait-il commencer par montrer à son joueur ce que ce mot signifie réellement.

Qu’il s’excuse auprès de Xhekaj.

C’est probablement le plus grand signe de maturité que Martin St-Louis puisse donner à son bouc émissaire.